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Revalorisation : la vérité des prix

jeudi 29 avril 2010

Revalorisation en trompe l’œil pour les enseignants. La déception se mêle à la colère à la lecture des mesures.
Le SNUipp dénonce des mesures profondément inégalitaires qui laissent trois enseignants sur quatre sans revalorisation.

On a failli avoir « la revalo, façon en attendant Godot ».
Annoncée pour Janvier, puis repoussée en février, puis après les élections régionales, c’est finalement cette semaine que le ministère a rendu public ses mesures.
En les décortiquant, on découvre finalement une « revalo façon puzzle », éparpillée, presque émiettée…
- Il faut dire que les augmentations ne concernent qu’un enseignant sur quatre : des lauréats du concours de cette année aux enseignants encore au 5ème échelon au 1er septembre 2010.

Voilà bien des mesures profondément inégalitaires qui laissent trois enseignants sur quatre sans revalorisation.
Pour rappel, ce plan de 196 millions d’euros est à mettre en parallèle avec le coût de la défiscalisation des heures supplémentaires (340 millions d’euros). Il est financé par la suppression des 16 000 postes d’enseignants de cette année ( 496 millions d’euros).

De son côté, le SNUipp considère que le dossier des rémunérations n’est pas clos et renouvelle son exigence de mesures qui concernent l’ensemble de la profession.

Présentation des mesures salariales :

La revalorisation due à la masterisation :
- Les deux premiers échelons de la grille indiciaire sont supprimés.
Les nouveaux masterisés entreront dorénavant directement à l’échelon 3, ce qui représente une augmentation pour ces derniers de 157 euros mensuels.
Mais il faut rappeler qu’ils auront à faire une année d’étude supplémentaire, non rémunérée elle.

- Pour les enseignants déjà en poste, la revalorisation se fait par un changement d’indice des échelons 3, 4 et 5.
Les enseignants à l’échelon 3 et 4 toucheront environ 57,68 euros mensuels nets de plus ( passage de l’indice 395 à l’indice 410 et 416 à 431). Ceux à l’échelon 5 toucheront 53,82 euros mensuels nets supplémentaires (passage de l’indice 439 à 453).

- Le ministre a repoussé à 2011 une éventuelle revalorisation des échelons 6 et 7 en fonction des « économies réalisées avec les suppressions de postes ».
Tout en reconnaissant le problème de l’accès insuffisant des professeurs à la hors classe, il a écarté pour 2010 toute mesure concernant le milieu ou la fin de carrière.

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Le SNUipp considère que le dossier des rémunérations n’est pas clos et renouvelle son exigence de mesures qui concernent l’ensemble de la profession.

Quand revalorisation rime avec communication !

Les mesures gouvernementales prises depuis quelques années concernant les salaires s’inscrivent dans une triple logique :
- baisse générale des salaires de tous par le décrochage de la valeur du point d’indice par rapport aux prix,
- individualisation des rémunérations par des mesures ciblées,
- politique indemnitaire soumise à la règle du « travailler plus ».

L’autre volet de cette politique consiste à financer ces mesures par les économies réalisées sur le dos de l’emploi public.
Le recrutement au niveau master ne serait-il donc qu’une opération comptable dont l’objectif serait de faire des économies ?
La suppression de l’année de PE2 actuelle avec le recul d’un an pour l’accès au recrutement permet au gouvernement de faire croire à une revalorisation tout en économisant et en supprimant des milliers de postes..
La juxtaposition des deux grilles fait apparaître un différentiel sur la carrière de + 17 550 € (soit en moyenne un peu plus de 36 € nets/mois sur une carrière de 40 ans). Le gain indiciaire est concentré sur les 7 premières années de la carrière.
Il est important de se rappeler que dorénavant le recrutement en tant que stagiaire est repoussé d’une année.
Le coût d’une année actuelle de PE2 par stagiaire est de 17 040 €.
- C’est donc une opération blanche pour le gouvernement et surtout une formidable arnaque au niveau de la communication.

Sans compter la répercussion sur la carrière et donc les pensions : l’âge moyen de sortie de l’IUFM aujourd’hui est 27 ans.
L’impact du recrutement au niveau master peut être estimé à 1 an de plus soit 28 ans :
28 + 40 (en restant dans l’existant) = 68 ans pour un départ à la retraite.

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