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CDEN du 11 avril 2008

lundi 21 avril 2008

Déclaration préliminaire du SNUipp/FSU

A l’heure actuelle, le gouvernement tente d’imposer des changements capitaux à l’Ecole Publique remettant en cause nombre de ses missions.
A l’objectif affiché, partagé par tous les acteurs de l’Ecole, de réduire l’échec scolaire, il répond -outre les réductions de postes- par un abaissement horaire de l’enseignement de deux heures par semaine pour tous les élèves, par un « recentrage » des programmes, par la mise en place de stages de remise à niveau pendant les vacances pour les élèves en difficultés.
En bref, un retour en arrière énorme qui méconnaît les résultats de la recherche et les avancées en matière pédagogique de ces dernières années.

Or, que révèlent les évaluations internationales comme PISA qui montrent un tassement de la position française ? Quelles sont les faiblesses des élèves français ?
Que ce soit à la fin de l’école primaire ou à la fin du secondaire, il y a d’abord le manque de confiance en eux, ensuite la non prise de risques. Dès qu’il s’agit de faire des exercices scolaires, techniques, les élèves français sont bons, et dès qu’il s’agit de réinvestir ces techniques dans quelque chose qui ne correspond pas précisément à l’application des techniques, ils ne sont pas bons.

Et quelles réponses les projets de programmes donnent-ils ?
Essentiellement le développement des techniques, et pas du tout celui de la créativité et de l’imagination. Dix lignes pour la rédaction et quatre- vingt dix pour la grammaire ! Il ne faut pas confondre le moyen et le but, l’outil et le résultat : si l’élève doit bien connaître et bien maîtriser la grammaire, comme l’orthographe, c’est pour pouvoir ensuite écrire, produire des textes, avoir une expression orale correcte.
A quoi cela peut-il servir de connaître par cœur la conjugaison du passé antérieur si l’on n’est pas capable de l’utiliser, ni simplement de rédiger dix lignes correctes ? A quoi cela peut-il servir de pouvoir effectuer parfaitement une division si on est incapable de savoir quand l’employer ? Même chose pour la règle de 3.
Etant donné les connaissances qui sont demandées, il y a fort à craindre que les élèves faibles et non soutenus par leur famille ne puissent pas suivre et soient rapidement noyés.

Ne parlons pas du soi-disant recentrage sur ce qui serait fondamental et qui cache un alourdissement du contenu : des éléments qui étaient du programme du collège viennent d’être introduits à l’école élémentaire, et le cycle 2 récupère en français et en maths des éléments auparavant présents au cycle 3. Certains sont très abstraits et demanderont beaucoup de travail pour les élèves.

Ne parlons pas de leur faisabilité.
Les horaires ont diminué (2h.), on a ajouté 1 heure d’EPS et les contenus ont augmenté. Il ne reste que 5 heures dans le cycle 2 pour faire l’Instruction civique et morale, les arts visuels, la musique, l’histoire des arts , une première initiation à une langue étrangère, aux sciences , à l’histoire-géographie, sans oublier les technologies de l’information et de la communication.
Ce sont manifestement des programmes qui vont à l’encontre des buts qu’ils se fixent.

Parallèlement, des stages de remise à niveau seront organisés pendant les vacances pour les élèves en difficultés. Ce dispositif est mis en place dès la semaine prochaine.
La réussite de tous les élèves est une préoccupation constante des enseignants.
Pour autant, l’aide aux élèves en difficulté doit se faire sur le temps scolaire, grâce à des dispositifs variés et l’intervention de personnels spécialisés. Cela renvoie au travail des enseignants et des équipes. Renvoyer le traitement de la difficulté scolaire hors du temps de l’école pointera l’élève en échec, le stigmatisera davantage, sans donner plus de sens à ses apprentissages, ni développer son autonomie.

La réussite scolaire passe aussi par le respect des rythmes de vie chez l’enfant. L’alternance de 7 semaines de classes et de 2 semaines de congé est depuis longtemps préconisée par les chercheurs. Un élève en difficulté a autant besoin de vacances que les autres enfants. Il doit pouvoir bénéficier de moments privilégiés avec sa famille et d’ouvertures sur les activités culturelles et de loisir.
Le faire travailler plus ne signifie pas qu’il apprendra mieux.

Par contre, répondre aux difficultés des élèves passe par : - la réduction des effectifs par classe afin de mieux répondre aux besoins de chaque élève, - l’organisation de séquences de travail en petits groupes et l’intervention de maîtres supplémentaires, - des maîtres spécialisés intervenant dans les réseaux d’aide, des maîtres recrutés et formés et en nombre suffisant, - le développement du travail en équipe pour les enseignants, le renforcement de la formation initiale et continue. - le remplacement des maîtres absents afin d’assurer la continuité des enseignements.

Avant d’entamer ce CDEN qui traitera de la carte scolaire 1er degré, avec pour le Gers -rappelons-le– une dotation de 1 poste pour quelques 200 élèves supplémentaires à la rentrée, il est bon de préciser que le dispositif de stages de remise à niveau pendant les vacances coûtera 23 millions d’euros ! Ces 23 millions d’euros permettraient de créer près de 700 postes.

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