Retour accueil

Vous êtes actuellement : METIER  / Pédagogie 


Commission Pochard 2007, les propositions du SNUipp

vendredi 7 décembre 2007

Cette commission est chargée de consulter les acteurs de l’Education pour moderniser et revaloriser la fonction enseignante.
Votre école a peut-être été destinataire d’un sondage par mail sur votre vision du métier... ce sondage est un des outils de la commission.

Pour le SNUipp, redéfinir la condition enseignante ne peut se concevoir sans chercher à améliorer les résultats de l’école et sans lui donner un nouvel élan, tout particulièrement en direction des élèves qui rencontrent le plus de difficultés. C’est dans ce sens qu’il formulera de multiples propositions. Il est également nécessaire aux yeux de la société, des familles et des élèves de revaloriser le métier d’enseignant en maternelle et en élémentaire. Celui-ci, comme l’indique un sondage CSA, est de plus en plus dévalorisé dans l’opinion publique : 44 % des français estiment qu’il est plutôt valorisé et 45 % dévalorisé. Une revalorisation du métier et des conditions de rémunération s’impose donc.

Une nécessité : donner un nouvel élan à l’école

Pour quelles raisons notre école, qui fait preuve de réelles capacités d’inventivité et d’efficacité pédagogiques, ne parvient-elle pas à améliorer véritablement ses résultats, tout particulièrement dans les secteurs les plus difficiles et en direction des élèves les plus en difficulté ? Manifestement le problème ne réside pas dans la capacité des enseignants à développer des compétences professionnelles, mais prioritairement dans le fonctionnement global du système éducatif.

Les obstacles au changement

Chaque ministre, soucieux de laisser la trace de son action, souhaite engager une action rapide et visible. Alors que le temps de l’éducation est un temps long, les enseignants sont soumis à de multiples injonctions, parfois successives et contradictoires. Si l’on prend l’exemple de la mise en place des CP à 10 élèves par classe : l’idée d’expérimentation a été tellement galvaudée qu’elle est à la limite de perdre toute crédibilité.

D’une manière générale, les problèmes que rencontre l’école sont insuffisamment anticipés. Soumises à une annualité des décisions budgétaires et à des changements d’orientation successifs, les difficultés persistent. Ainsi, la mécanique des listes complémentaires n’est toujours pas enrayée ; nous pourrions également citer la scolarisation des enfants de 2-3 ans, l’ASH ou la formation continue des enseignants, dont les volumes évoluent essentiellement en fonction des moyens disponibles. Le dispositif d’évaluation connaît des transformations importantes sans que les personnels qui l’utilisent n’y soient associés et sans qu’un dispositif de formation ne l’accompagne. Ainsi les évaluations CE2 et 6e ont été remplacées brutalement, après une simple circulaire, par un nouveau dispositif en CE1 et en CM2 sans bien évidemment que l’expérience des enseignants de CE2 et de 6ème soit prise en compte. L’idée d’une programmation des moyens au service d’objectifs établis sur plusieurs années ne s’est toujours pas imposée ! De plus, les budgets successifs n’intègrent ni les évolutions des effectifs, ni les nouveaux dispositifs mis en place.

Des leviers pour transformer l’école

Nous demandons que les mesures que nous proposons s’appliquent en priorité dans les écoles qui cumulent le plus de difficultés. En premier lieu, il faut sortir de l’exercice trop solitaire de notre métier. Pour tous les métiers de création se pose aujourd’hui la question du travail et de l’élaboration collective. L’immense majorité de la profession aspire au développement du travail en équipe. Il faut augmenter le temps consacré à la réflexion collective avec le dégagement de trois heures hebdomadaires institutionnalisées. Dans le même temps, afin de diversifier les pratiques enseignantes, de pouvoir alterner travail en groupe, classe et travail en petits groupes, de mieux prendre en charge les élèves en difficulté, il est indispensable d’attribuer aux écoles « plus de maîtres que de classes ».

Il faut aussi mettre en œuvre un accompagnement des équipes et des écoles qui doivent pouvoir prendre du recul, analyser leur travail avec des formateurs qui viennent de l’extérieur.

La mise en place de la 27 ème heure avait constitué une première avancée dans le sens de cette reconnaissance. Le temps de service des enseignants des écoles (en 2007/2008) est composé de 26 heures d’enseignement par semaine et d’une heure (globalisée en 36 heures sur l’année) consacrée aux conseils des maîtres, aux animations pédagogiques et aux conseils d’école.

Tous les enseignants disent que la question du temps de travail est devenue incontournable. Nous proposons d’augmenter, en passant à 3 heures, la part du temps consacré à la réflexion collective, au temps de travail en équipe.

Un choix professionnel

Une enquête du SNUipp, réalisée en 2007, révèle une forte attirance ou une vocation pour 67% des jeunes enseignants. La satisfaction du métier ne faiblit pas (90% selon une enquête de la DEP) et c’est le contact avec les enfants qui en constitue la première source. Pour autant, le sentiment d’un malaise enseignant perdure : 54 % des enseignants se sentent concernés.

C’est la non prise en compte des difficultés concrètes du métier, la dégradation de l’image des enseignants dans la société et le sentiment d’impuissance pour parvenir à la réussite de tous qui sont les principales causes de ce malaise.

A l’évidence les enseignants du premier degré sont passionnés par leur métier, mais ils sont aussi stressés et inquiets.

Des évolutions considérables

Depuis 1990 de profondes transformations ont marqué l’école. Les attentes de la société sont marquées à la fois par des progrès en terme de réussite scolaire, avec la forte hausse du pourcentage d’une classe d’âge qui accède au niveau du baccalauréat et par une stagnation ces dernières années. L’importance du diplôme dans l’obtention d’un emploi, l’augmentation du niveau des exigences de la société, se traduisent par des attentes très fortes des familles vis-à-vis du système éducatif. Les relations familles-école sont devenues à la fois plus fortes, plus nécessaires et plus exigeantes.

Le fonctionnement de l’école s’est également considérablement transformé. La mise en place des cycles, des projets d’école, des liaisons mat/CP et CM2/6ème, les relations avec les parents d’élèves, mais aussi la scolarisation des élèves en situation de handicap, celle des primo arrivants, le développement des TICE, de l’enseignement des langues vivantes ou encore l’organisation des évaluations nationales sont intervenus dans un contexte de stabilité des moyens (hausse légère du rapport entre le nombre de postes et le nombre d’élèves jusqu’en 2002, puis baisse). Le développement de la pédagogie différenciée ou la mise en place des PPRE et des PAI induit une organisation et un fonctionnement de l’école plus complexe pour chaque enseignant du premier degré : cela se traduit par une augmentation générale de la charge de travail. Au-delà d’un bilan qui pourrait être effectué pour chaque point, le principal enseignement qui se dégage de ces multiples évolutions, c’est la demande de temps pour préparer, se rencontrer, mettre au point, assurer et évaluer le suivi de dispositifs efficaces pour les élèves.

La reconnaissance de cet empilement des tâches ne s’est effectuée ni par une réduction du temps de travail, ni par la mise en place de bonifications ou d’indemnité. La charge de travail s’est considérablement alourdie, l’horaire de 27 heures semaine auquel s’ajoutent préparations, corrections et réunions est le plus élevé des enseignants. Le SNUipp revendique son abaissement à 24h dans une première étape ainsi que la création d’une bonification ou d’une prime de suivi des élèves pour les enseignants des écoles comme c’est le cas dans le second degré.

En savoir plus sur la commission Pochard

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

SNUipp 32 - Chemin de Réthourie 32000 Auch (plan d’accès) - tél : 05 62 05 42 51 - fax : 05 62 05 65 78 - courriel : snu32@snuipp.fr