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L’argent de l’école

Analyse et revendications du Congrès national du SNUipp

vendredi 20 août 2004

Depuis les lois Ferry de 1882, l’équipement et la construction des écoles primaires relèvent des communes. Dans toutes les communes, l’ouverture d’une école publique doit être un droit.

Mais d’une municipalité à l’autre, les crédits alloués par élève varient de 1 à 10 (de 10 à 100 euros par an et par élève en moyenne) et ne se limitent pas à la seule richesse de la commune ou à son urbanisation. C’est ce que révèle la seule enquête existant sur cette question, faite par le SNUipp en 2002. Dans l’ensemble, le principal problème réside dans les difficultés financières que rencontrent de nombreuses collectivités locales. Quand s’accumulent les situations économiques et sociales difficiles, il n’est pas aisé de faire face à toutes les urgences. Les locaux scolaires ne font l’objet d’aucune réglementation récente en matière de mise aux normes, de capacités d’accueil, de nature des salles indispensables en dehors des salles de classe. Les dépenses éducatives des communes concernent plusieurs postes : les crédits alloués en fonction du nombre d’élèves scolarisés (crédits pédagogiques dont les enseignants ont libre choix de leur utilisation), l’équipement (informatique, audiovisuel, sportif,...), les services à disposition des écoles (photocopieuses, bus, piscine,...), ou le financement des activités pédagogiques (sorties, classes transplantées, spectacles, musées, ...).

En parallèle, les coopératives scolaires (dont les parents d’élèves, sans obligation, sont les principaux financeurs) prennent une importance croissante dans les budgets des écoles et permettent parfois de compenser la pénurie des crédits attribués par les municipalités, tant pour le fonctionnement que pour l’investissement. Ce n’est pas leur rôle. Le SNUipp se bat pour une réelle gratuité de l’école tout au long de la scolarité. L’affaiblissement de cette gratuité est un facteur aggravant des inégalités à l’école, dans la poursuite d’études, dans le choix de l’orientation. Le recours au sponsoring et l’intrusion des marques, participent de la mise en concurrence des écoles et fragilisent le service public d’éducation.

Les nouvelles missions confiées aux écoles posent encore plus le problème de l’égalité d’accès aux savoirs. Elles sont exigeantes (langues vivantes, développement de l’art, extension de la manipulation informatique avec obligation d’obtenir le B2i pour tous les élèves de CM2, lecture d’ouvrages de littérature de jeunesse, fournir les BCD de fonds variés). Une dotation suffisante doit permettre la mise en oeuvre des programmes nationaux. L’état de l’équipement informatique est symptomatique des manques de moyens à l’école primaire. Le B2i nécessite de travailler sur ordinateur mais entre les écoles non équipées (27 % selon une enquête du SNUipp portant sur la moitié des départements), celles sous-équipées et celles mal équipées (postes trop vétustés pour s’adapter aux nouvelles technologies), seules 8 % des écoles disposent de plus de 10 ordinateurs.

L’intercommunalité ne pourra à elle seule résoudre la question de l’égalité devant l’accès aux savoirs. Si tout ne peut venir de l’Etat, celui-ci doit être le garant de l’égalité.

Sur la base d’un travail réunissant des représentants des enseignants, des parents, des collectivités locales et des ministères concernés, le SNUipp propose l’établissement d’un cahier des charges national définissant l’équipement indispensable pour chaque école. Il demande également qu’un mécanisme de péréquation, avec un abondement de la DGF (Dotation Globale de Fonctionnement versée par l’Etat aux communes), soit mis en oeuvre pour permettre de mettre un terme aux difficultés criantes que rencontrent certaines collectivités.

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