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La blouse grise, la règle et le bonnet d’âne : le retour ?

Tribune de Gilles Moindrot, porte-parole du SNUipp, parue dans le journal Libération du mercredi 09 mai, à la rubrique Rebonds

mercredi 9 mai 2007

« Redoubler le cours préparatoire, rétablir l’examen de passage en 6ème, concevoir de nouveaux programmes » : ces trois mesures proposées aux candidats à l’élection présidentielle prêteraient à sourire si elles ne figuraient pas, à quelques jours d’une échéance majeure, dans le catalogue d’un singulier attelage qui va d’un ancien ministre auteur des programmes de 1985 à un ex-conseiller ministériel de Gilles de Robien.

La thèse est simple, mille fois ressassée : baisse du niveau à l’Université, bac sans valeur, collège en perdition et une nouveauté : c’est d’abord la faute à l’école primaire. « L’école est malade. Les performances s’effondrent. L’enseignement explicite, structuré et progressif est interdit. » En trois points le procès est dressé. Il fait peur. Déboussolés par la gravité des problèmes qui se posent à l’école, les signataires nous proposent un repli vieillot vers le XIX ème siècle. Ils mythifient leur enfance, passant sous silence les échecs de cette époque où jamais plus d’un jeune sur deux n’a n’obtenu son certificat d’études primaires.

En fait, les progrès accomplis par l’école ces trente dernières années sont significatifs. Plusieurs chiffres contredisent le constat dramatique formulé par les signataires de l’appel. En lecture, par exemple, les jeunes n’éprouvent pas plus de difficultés que leurs aînés. Au contraire : l’INSEE a dénombré 4% d’illettrés chez les 18-24 ans mais 14% chez les 40-54 ans et 19% chez les 55-65 ans. En lecture, 4 élèves de 6ème sur 5 sont capables d’exploiter les informations d’un texte et d’en dégager un sens. En revanche 15 % sont en difficulté, voire en très grande difficulté pour 3% d’entre eux. Les niveaux de qualification scolaire se sont considérablement élevés : le nombre d’étudiants a été multiplié par 5, on est passé de 15 % de bacheliers à près de 70 %. Pour autant, depuis une dizaine d’années le taux d’accès d’une génération au niveau du baccalauréat ne progresse plus.

Il ne sert donc à rien de noircir à dessein la situation de l’école comme le font ses détracteurs. Il ne sert à rien de vouloir rétablir les recettes d’une école inégalitaire qui ne comptait dans une génération que 15 à 20% d’élèves qui poursuivaient des études longues.

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