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Compte-rendu de la Journée nationale des EVS organisée par la FSU

Journée nationale des EVS du 21 mars 2007 à Paris

vendredi 27 avril 2007

Les emplois précaires

Entre 1980 et 1990 : les TUC, CES, CEC étaient des emplois précaires, uniquement à mi-temps et avec très peu de formation.
A partir de 1995 se sont succédés plusieurs types de contrat visant plus particulièrement les jeunes de moins de 26 ans.
En 2002, le nouveau gouvernement crée le plan de cohésion sociale, visant à améliorer le niveau de vie des plus démunis. De nouveaux contrats sont alors parus : les CAE et depuis, les CAV.

Qu’en est-il dans l’éducation nationale ?

En 2005, l’éducation nationale répond au plan d’emploi et décide de recruter des EVS en CAE en faveur des écoles.
C’est alors qu’en 2005, qu’entre 7 000 et 10 000 EVS ont été envoyés dans des écoles.
Un grand nombre de directeurs n’avait pas sollicité de personnel supplémentaire dans leur établissement. Ces directeurs se sont retrouvés démunis d’information concernant les missions des EVS. Au bout de quelques semaines, deux profils d’EVS se sont alors distingués : les EVS assistance administrative aux directeurs d’école et les EVS d’aide à la scolarisation d’enfants handicapés.
A la rentrée de septembre 2006, environ 30 000 postes d’EVS ont été créés ; et 10 000 de plus entre février et mars.

Les missions d’EVS ASEM

Les missions des EVS ASEM sont les mêmes que pour les AVS. Pourtant, même si les missions sont identiques, leur statut est différent car les AVS ont un contrat de 3 ans , renouvelable pour une durée maximum de 6 ans. Aucun acte médical ne doit être fait sur un enfant (sauf petit bobo). _ Les EVS ASEM et les AVS ne sont pas du personnel médical.

Les formations

De grandes inégalités sont perçues entre les différents départements. Certaines EVS aide administrative bénéficient d’une formation qui les prépare aux concours administratifs de catégorie C qui a lieu cette année (dept 91) Ce qui est un point positif pour ces personnes, car cette formation s’adapte à leur travail et à leur projet professionnel. Cependant, dans beaucoup de départements, il est honteux de s’apercevoir que les directeurs d’école, , en plus de leur travail, doivent former les EVS assistance administrative. Certains départements (31) proposent aux EVS ASEM de suivre la formation d’AVS pour les aider dans leur travail. Cette formation n’est pas obligatoire, elle n’est pas rémunérée et les frais de déplacement pour s’y rendre ne sont pas remboursés. Certains ne peuvent pas bénéficier de cette formation, car dans leur département, il n’y a pas cette possibilité d’adaptation à l’emploi.

Pendant cette journée il a été soulevé le problème de notre avenir professionnel. En effet, aucun EVS n’a pu obtenir une formation qualifiante ou diplômante pouvant permettre de retrouver un emploi à la fin du contrat.

En ce qui concerne les VAE, il faut avoir au minimum 3 ou 5 ans d’expérience et les CAE sont de 24 mois et les CAV de 36 mois maximum. Et même si c’était possible, est ce que ces personnes ont réellement envie de travailler dans cette branche professionnelle ?

Les horaires et le nombre d’heures de travail

Normalement : 20h / semaine pour les CAE avec possibilité de 2 heures supplémentaires maximum. Certains EVS en CAE se voient faire jusqu’à 6 heures hebdomadaires de plus (Drôme), leur employeur (le lycée auquel ils sont rattachés) leur a annualisé les heures alors que le contrat dit clairement que c’est de 20h par semaine qu’il s’agit et n’évoque aucune modulation sur l’année.

Les CAV 26h par semaine modulables ne sont possibles qu’ à la seule condition que l’EVS ait été prévenu 15 jours avant le début du contrat. Certains EVS se voient signer un contrat ne comportant pas cette annualisation, ils reçoivent peu de temps après un contrat accompagné d’un avenant leur expliquant qu’ils doivent annualiser leurs heures, cette pratique est douteuse sur le plan de la légalité. Certains syndicats essaient de retenir l’attention des EVS afin qu’ils se mobilisent ensemble pour mener si nécessaire une action en prud’hommes.

La prime pour l’emploi

Certains EVS l’ont perçu, d’autres pas. Plusieurs témoignages prouvent que pour deux EVS employés par le même lycée, venant d’un même public prioritaire et ayant été embauchés en septembre 2005, l’un a perçu sa prime pour l’emploi, et l’autre pas. Cette question reste à éclaircir. Nous pensons qu’étant tous d’un CAE ou d’un CAV nous devrions tous pouvoir bénéficier de la prime pour l’emploi qui n’est pas négligeable en vue de nos faibles revenus. (591 euros pour un CAE et 768 euros pour un CAV).

Quelques témoignages

« Je suis seule avec mes 4 enfants, la formation AVS qu’on m’a proposée se trouve à 45km de mon domicile. Cette journée n’étant pas rémunérée, les frais de déplacement non remboursés, je ne peux financièrement pas me rendre à cette formation. » EVS ASEM Calvados (14)

« Je fais partie de ceux qui bénéficient d’une formation assistante administrative. Ma collègue EVS qui a les mêmes fonctions que moi a demandé à notre employeur d’en bénéficier également. Sa demande a été refusée alors que l’on a été embauchées en date du premier septembre 2006. » EVS assistante administrative Ile de France.

« Nos emplois sont importants, Nous demandons simplement que notre travail soit reconnu par un meilleur statut. Nos collègues enseignants nous soutiennent et nous reconnaissent en tant que professionnels. Je suis EVS ASEM, j’accompagne un enfant souffrant de troubles importants du comportement. Je bénéficie actuellement de la formation d’AV . J’aurais bien aimé pouvoir continuer mon contrat, soit pour le pérenniser soit pour faire une VAE en tant que monitrice/éducatrice. Une formation pour aboutir à mon projet professionnel serait la bienvenue. » EVS ASEM

Conclusion

Beaucoup d’entre nous aimons notre travail. Mais nos contrats sont d’une précarité sans précédent. Quand on regarde l’évolution, on est en droit de se demander « quel avenir pour nos enfants ? ». Avec le coût de la vie, un couple avec 2 enfants gagnant chacun un salaire payé au SMIC a du mal à joindre les 2 bouts. Alors pour nous, avec nos salaires de 591€ nous demandons un droit à la formation, la prime pour l’emploi nous permettrai de nous aider dans notre recherche d’un emploi (réparation auto, timbres, lettres de recommandations, etc…). Que les heures notées sur nos contrats soient respectées afin que nous puissions faire des démarches pour nos recherches et être disponibles pour un entretien d’embauche.

Enfin nous souhaitons aussi que les emplois précaires fassent partie des statistiques du chômage afin de ne pas tromper les citoyens sur la baisse du chômage car nous sommes tous demandeurs d’emploi (non précaire).

Actions

Plusieurs actions peuvent être menées mais certaines d’entre elles demandent beaucoup d’organisation et nous pouvons aider les syndicats qui nous soutiennent pour les mettre en place : manifestations départementales, régionales et/ou nationales pétitions, distribution de tracts.
Pourquoi ne pas participer à une émission de télévision ?

Laetitia LAUNAY (Castelnau-Barbarens)

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