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Évaluation nationale de CE1 : exercices mal ciblés ou trucage délibéré ?

vendredi 1er décembre 2006

En l’absence d’objectifs ministériels clairement définis et face à la difficulté de certains items (par rapport à ceux de l’an dernier), de nombreux collègues nous ont fait part de leur inquiétude quant aux résultats des évaluations CE1.

Ce ne sont pas tant les performances obtenues que leur manière de les apprécier : Le curseur semble avoir été placé bien haut. Avec 75% de réussite un élève peut être classé comme connaissant des difficultés lourdes et 85% des difficultés légères. Certains exercices semblent inadaptés : dictée de syllabes complexes (à 4 sons) par exemple. (Cela a-t-il à voir avec la polémique du ministre sur les méthodes de lecture. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage). La présence d’une seule erreur sur 6 ou 7 réponses d’un item , entraînant comme faux le codage de l’item entier.

D’autre part,les items avaient normalement été choisis ( par un groupe de travail autour de la Direction de l’Enseignement Scolaire du ministère de l’Education Nationale et de la Direction de l’Evaluation et de la Prospective)pour arriver, en moyenne, à un taux de réussite de 85% de bonnes réponses à la première épreuve, afin de bien identifier ces 15 % d’élèves dont on sait qu’ils posent problème à l’école. Or, cette année, les résultats montrent une aggravation conséquente des résultats : hors ZEP, les élèves identifiés en difficulté sont souvent 30 à 40%, pour monter à 80 % dans les zones ZEP.

Résultat, ici, un inspecteur prend conscience du malaise et suspend toute passation. Là, c’est un inspecteur d’académie qui fait état publiquement de ses doutes sur la validité du protocole retenu. Ce dispositif prévu initialement comme un outil destiné à la classe semble avoir changé de finalité. On peut s’interroger sur l’utilisation qui pourrait être faite de ces évaluations, qu’on nous demande de renvoyer aux IEN au plus vite. Dans le climat actuel de dénigrement de l’école, le risque d’instrumentalisation des résultats des élèves et des enseignants reste réel.

Annoncer publiquement une inflation de difficultés scolaires en début de CE1, ne serait-ce pas le dernier argument du ministre pour assurer son propos sur « tout fout le camp » ? Il n’y a donc pas d’urgence à renvoyer cette enquête qui n’apporte rien au niveau de la classe et des élèves.

Philippe DUBRANA - Sarah DIAZ

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