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Déclaration liminaire commune FSU , UNSA Education , FNEC-FP-FO au CHSCT-SD du 27 mars 2020

mardi 31 mars 2020

Gestion de la crise sanitaire

Avec les personnels soignants et toutes celles et ceux qui répondent aux besoins de première nécessité, les personnels de l’éducation nationale sont en première ligne pour faire face à la crise sanitaire liée à l’épidémie du coronavirus. Ils et elles s’engagent et déploient beaucoup d’énergie pour assurer un lien avec les élèves et les familles, pour maintenir, autant que faire se peut, une activité en dépit des difficultés matérielles. Parallèlement, les propos ministériels sont trop fréquemment détachés de la réalité quotidienne, confinent parfois au déni de réalité, et créent une pression contribuant à générer de la souffrance au travail.

Sur le terrain, les injonctions sont disparates, dans bien des cas intenables et en contradiction avec les mesures strictes de confinement et de sécurité sanitaire rappelées par le ministre de l’intérieur.
Les IEN du département ont relayé la FAQ du 23 mars concernant l’usage des supports papier pour la continuité pédagogique, invitant les directrices et directeurs à échanger une fois par semaine des documents papiers avec les familles qui ne disposent pas de solutions dématérialisées et leur donnant l’injonction de délivrer à ces mêmes familles un document attestant de la nécessité éducative de se déplacer.
Cette procédure n’est pas conforme à un confinement de plus en plus strict et à la limitation de la propagation du virus, et met en danger les enseignant-es et les parents qui se déplacent. Preuve en est les déclarations de la présidente de la fédération de parents d’élèves FCPE du Haut-Rhin, mardi à Europe 1 qui raconte comment, dans les familles défavorisées qui ne possèdent pas tous les outils numériques chez elles, le coronavirus s’est propagé à cause de l’injonction à poursuivre les cours scolaires à distance. Obligés de récupérer ou distribuer physiquement des documents, des parents et des enseignant-es se sont infectés. Pour elle, c’est la pression mise sur la "continuité pédagogique" qui a engendré une telle situation. Cela part de bons sentiments mais ce n’est pas ça le plus urgent aujourd’hui. Le plus urgent, c’est que ces enfants aient encore des parents et des enseignant-es lorsqu’ils retourneront en classe.

En produisant eux-mêmes et de façon parfaitement identifiée l’attestation de déplacement dérogatoire spéciale pour nécessité éducative de se déplacer, les directrices et directeurs contribueraient directement à valider par écrit le déplacement des familles et leur exposition aux risques de contamination, voire à les y inciter. C’est une véritable responsabilité. Cette nouvelle demande adressée aux directrices et directeurs n’est pas acceptable.
Pour la FSU, l’UNSA Education et la FNEC-FP-FO, seule la participation au dispositif de garde des enfants de soignant-es peut justifier la présence d’enseignant-es dans les écoles ou établissements.
Elles demandent que les personnels ne soient pas obligés de se rendre dans les écoles, établissements et services lorsque ce n’est pas indispensable, en particulier pour les plus précaires qui peuvent plus difficilement que les autres contester les injonctions de l’administration.

Nous sommes dans une situation hors norme. La crise sanitaire et le confinement qui en découle angoissent tous les individus. Cela a forcément un effet sur les capacités de travail de chacune et de chacun et sur la mise en œuvre des modalités de travail, tout à fait inhabituelles, tout en réorganisant aussi la vie personnelle pour appliquer les consignes sanitaires. Les injonctions à poursuivre l’activité scolaire comme si l’on était encore en établissement, à l’école ou dans les services sont, dans ce cadre, intenables et nécessitent un temps d’adaptation.
A ce stade, nul ne peut prévoir quelle sera l’évolution de la situation. Pour la FSU, l’UNSA Education et la FNEC-FP-FO, il est impératif d’envisager différentes hypothèses pour que l’institution ne laisse pas les personnels pris de court, comme ce fut le cas lundi 16 mars.

Comme vous l’avez déjà reconnu, M. le DASEN, l’investissement des enseignant-es est sans faille et le maintien du lien scolaire extrêmement chronophage. Pourtant, les directrices et directeurs de deux circonscriptions ont reçu un questionnaire concernant la mise en œuvre de la continuité pédagogique à relayer à leur équipe avec injonction d’y répondre. Sur une autre circonscription, ce sont les conseillers pédagogiques qui appellent chaque enseignant individuellement pour un interrogatoire sur leurs pratiques avec injonctions d’appeler les parents toutes les semaines et de cesser les révisions à la rentrée. On vous félicite, on vous fait confiance, mais on vérifie quand même. On rajoute encore du travail supplémentaire et on demande de rendre des comptes. Encore une fois, ce n’est pas ce dont les enseignant-es ont besoin, et encore moins en ce moment !

A cela se rajoutent les propos méprisants et inacceptables de la porte-parole du gouvernement qui a affirmé avec aplomb que les enseignants ne travaillaient pas compte tenu de la fermeture des écoles ! Cela ne relève pas d’une simple erreur de communication ou d’un mauvais choix d’exemple, mais participe grandement à dénigrer notre profession. Beaucoup de personnes n’ayant pas d’enfant scolarisé pensent déjà que nous sommes en vacances et nous enverraient bien, eux, ramasser des fraises ! Il est aujourd’hui, plus que nécessaire de faire vraiment confiance aux personnels, de faire baisser la pression institutionnelle, et de bannir les discours culpabilisateurs. Dans le second degré, la question des examens se pose avec acuité. Les décisions qui seront prises ont dès maintenant des incidences sur le métier, la construction de la progression pédagogique, et donc les conditions de travail. 

Pour la FSU, l’UNSA Education et la FNEC-FP-FO, sur la question des moyens matériels pour assurer les conditions d’hygiène et de sécurité dans les écoles et les établissements qui accueillent des enfants de soignants, la réponse d’E. Geffray (DGESCO) sur France culture le 24 mars n’est pas satisfaisante. Il a renvoyé sur l’ARS, mais c’est l’employeur qui doit fournir les moyens et si l’ARS doit jouer un rôle, c’est bien à l’employeur de s’en assurer. De plus, c’est sa responsabilité qui est engagée. Une école accueillant des enfants de soignants dans le Loiret vient d’être fermée suite à une suspicion de covid-19. Le personnel de l’école est malade soit 5 enseignantes. Ces professeur-es n’avaient pas de masque et seulement du savon. 
Une étude du Haut Conseil de la Santé publique sur les fermetures d’école en cas de pandémie explique que les enfants sont particulièrement porteurs du virus. «  Les enfants jouent un rôle particulièrement important dans la transmission de la grippe », dit-elle. «  Ils sont plus réceptifs à l’infection que les adultes, sont responsables de plus de cas secondaires dans les foyers que les adultes, ont un portage viral plus important et prolongé, « maîtrisent » beaucoup moins leurs sécrétions respiratoires, et sont en contact étroit avec les autres enfants à l’école, favorisant ainsi les transmission", écrit le HCSP. "L’école constitue une zone d’amplification de la grippe ». Les enseignantes de Pannes dans le Loiret viennent d’en avoir confirmation et leur santé a été mise en danger par un défaut de protection de leur employeur.
La FSU, l’UNSA Education et la FNEC-FP-FO, exigent que les mesures de protection et d’hygiène soient appliquées, que du matériel (masques, gel hydroalcoolique, savon, serviettes à usage unique, blouses, gants, lunettes de protection…) soit systématiquement fourni dans les écoles, établissements et services.
La question de la sécurité des personnels est d’autant plus urgente que le nombre d’enfants devrait augmenter, le gouvernement n’ayant pas caché qu’il allait ouvrir la liste des métiers prioritaires par exemple aux forces de l’ordre et aux pompiers.
- Dans cette perspective, il va falloir trouver de nouveaux volontaires. Ils ont droit à la sécurité et vous avez le devoir, Monsieur le DASEN de les protéger.

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