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Déclaration préalable FSU, CDEN du 10 octobre 2019

jeudi 10 octobre 2019

Ce CDEN, un peu plus d’un mois après la rentrée des classes est l’occasion d’essayer d’en faire le bilan dans notre département.
Il y a tout d’abord un point de satisfaction : il n’a pas été nécessaire, jusqu’ici, de faire appel à des enseignant-es contractuel.les pour assurer la rentrée. Il y avait même un léger surnombre dans le Gers, c’est à dire un peu plus d’enseignant-es que de postes.
Cela a permis de répondre à quelques situations urgentes-mais hélas de façon non pérenne- : des besoins d’ouverture à Estang et à Barran qui n’ont pu aboutir faute de moyens suffisants, par exemple. Sur le cas très précis de Barran, on ne peut que regretter la fermeture actée lors de la précédente carte scolaire.
A propos des ouvertures provisoires réalisées en septembre par le DASEN, avec de véritables postes celles-ci, nous souhaiterions évoquer le cas de l’ULIS école de Gimont.
- Pour la FSU, l’école inclusive a du sens, et mérite que les projets soient préparés en amont, avec l’ensemble de la communauté éducative. Cela n’a pas été le cas ici. Peut-être fallait-il faire vite pour répondre aux injonctions ministérielles ?
Cela est regrettable, tant pour les enseignant-es que pour les familles concerné-es.

Pour le reste, on ne peut pas vraiment dire que le climat est au beau fixe pour les enseignant.s. Des troubles dans le quartier du Garros, des situations de souffrance au travail un peu partout en France, y compris dans le Gers, la perspective d’une réforme des retraites pour laquelle les enseignant.es ont tout à craindre,... Non, on ne peut pas dire que tout va bien dans le meilleur des mondes...
Accompagner les enseignant-es grâce à des personnels de RASED et des conseillers pédagogiques, améliorer leurs conditions de travail, leur redonner de la considération et revaloriser vraiment leur pouvoir d’achat, ce sont quelques propositions que fait la FSU pour que les enseignant-es et l’école aillent mieux, enfin !

Dans le second degré, les effectifs par classe sont particulièrement chargés dans les collèges avec des classes à 30 dans de nombreux cas. Le fait que les élèves d’Ulis n’ont pas été comptabilisés dans les effectifs de classe a augmenté la pression car, dans les faits, ils sont dans les salles de classes, parfois accompagnés d’un-e AESH, si bien que des salles prévues pour 25 élèves comprennent en réalité plus de 30 personnes.
La priorité affichée par le ministère est de faciliter la transition école-collège. Comment pourrait-elle bien se passer dans de pareilles conditions ?
La priorité affichée est aussi l’inclusion des élèves en situation de handicap. Comment peut-elle s’effectuer correctement dans des classes à 30 élèves ?
- La communication ministérielle ne résiste pas aux réalités du terrain que vivent quotidiennement les enseignant-es et les élèves.

Les lycées subissent aussi cette pression des effectifs avec des seuils d’ouverture désormais fixés à 36 élèves. Les enseignements de tronc commun, prévus par la réforme, sont avant tout une façon de remplir les classes et d’éviter qu’une filière ne remplisse pas les effectifs.
La réforme prévoit des épreuves de bac en janvier en première pour les matières du contrôle continu. Mais rien n’est véritablement cadré ni prévu à ce jour, les banques de sujets sont vides, les modalités de passage des épreuves sont renvoyées aux établissements ce qui est une rupture d’égalité entre les candidats.
- La FSU s’oppose toujours à la réforme du lycée et du baccalauréat, qui ne vont que renforcer les inégalités sociales entre les élèves.
- La FSU demande aussi que les épreuves de janvier soient supprimées au profit d’un examen en fin d’année et qu’elles fassent l’objet d’un cadrage national.

Nous ne pouvons pas commencer ce CDEN sans avoir une pensée pour notre collègue Christine Renon.
Le 21 septembre dernier, Christine Renon, directrice d’école maternelle à Pantin (93) a mis fin à ses jours sur son lieu de travail.
Notre collègue a signé sa lettre « Une directrice épuisée. ».
Au-delà de la grande émotion que ce décès a suscité dans l’ensemble de la communauté éducative, il pose aussi des questions sur les conditions de travail des directrices et directeurs et plus généralement de l’ensemble des personnels présents au quotidien dans les écoles.

Le 3 octobre, l’hommage à Christine Renon rendu dans tous les départements témoigne de la tristesse de toute une profession, mais dit aussi sa colère. Conditions toujours plus difficiles d’exercice du métier, travail empêché, perte de sens, fatigue, voire épuisement professionnel : le malaise est profond.

Le même jour, le ministre envoie une vidéo dans laquelle il s’engage à mettre en œuvre un « comité de suivi sur la direction. » Il dit souhaiter y dégager un consensus et dans le même temps, un rapport parlementaire encourage la création d’un statut de chef d’établissement. Or, on sait bien que cette question du statut ne fait pas accord dans la profession, pas plus que la création des établissements des savoirs fondamentaux, massivement rejetée par l’ensemble de la communauté éducative au printemps dernier, l’obligeant à les retirer de sa loi.

Apporter de vraies réponses
Pour la FSU, un statut de chef d’établissement du 1er degré serait une réponse inappropriée et de nature à aggraver les conditions de travail des directeurs et des directrices. Aucun statut ne leur permettra de répondre aux multiples sollicitations qui sont les leurs, ni à l’empilement des tâches et à la complexification de leurs missions.
Pire, cela les éloignerait de leurs équipes, alors même que l’isolement aggrave les problèmes.

La direction d’école a besoin de reconnaissance, c’est une évidence.
Cela passe par l’augmentation des temps de décharge et de la rémunération, la simplification des tâches administratives et l’accès à des temps réguliers de formation. Les emplois d’aide administrative, entièrement supprimés, doivent être rétablis sous la forme d’emplois pérennes et statutaires d’aide au fonctionnement de l’école. Voilà qui fait consensus !

La FSU n’a cessé, toutes ces dernières années, de réclamer des mesures allant dans ce sens, pour permettre aux directrices et aux directeurs de s’investir dans leurs missions essentielles : la coordination et l’animation des équipes pédagogiques. Il est grand temps que ces sujets soient posés sur la table.

Des mesures d’ensemble
De plus, le ministre ferait une lecture bien étroite de ce qui se passe aujourd’hui s’il ne l’examinait que sous l’angle exclusif de la direction d’école.
Il serait bien avisé de prendre la mesure du mal-être de l’ensemble des personnels et de se placer résolument à leurs côtés pour les soutenir et leur donner les moyens nécessaires à un exercice apaisé de leur métier en faveur de tous les élèves des écoles de la République.

Le geste de Christine témoigne d’une situation d’extrême souffrance au travail qui fait écho au mal être de l’ensemble de la profession.

  • Par des réformes à marche forcée, rejetées par l’ensemble de la profession dans la rue comme dans nos instances paritaires. Par la mise en œuvre de ces réformes sous la pression de la hiérarchie, au mépris parfois de nos valeurs professionnelles, notre éthique.
  • Par des méthodes de management aliénantes .
  • Par une standardisation de nos pratiques professionnelles. Par des injonctions permanentes qui nous transforment en de simples exécutant.es. Par la surcharge de travail que cela génère et qui pèse sur chaque collègue.
  • Par une dématérialisation des procédures qui démultiplient les tâches administratives et déshumanisent nos relations au travail pourtant au cœur de nos métiers.
  • Par le manque criant de matériel pédagogique et informatique dans nos écoles et nos établissements rendant le quotidien invivable.
  • Par une absence totale de soutien et de protection de l’Institution. Par une médecine préventive quasi-inexistante
  • Par une médecine scolaire très insuffisante :
    l’Institution est responsable.

La FSU du Gers souhaite que cette assemblée observe une minute de silence.

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