Retour accueil

Vous êtes actuellement : NOS ACTIONS  / Déclarations 


Déclaration préalable FSU, CDEN du 4 juillet 2019

jeudi 4 juillet 2019

Le fonctionnement de nos institutions est marqué par des alternances résultant des échéances électorales.
Si ce n’est à chaque élection, on observe en effet un changement régulier de nos dirigeants, qui sachant leur temps compté, veulent laisser leur trace.

"Je ne changerai pas les programmes du premier degré, je ne ferai pas de loi", avait ainsi dit notre Ministre Jean-Michel Blanquer.
Il a dû mal interpréter ses propos ou bien penser qu’il s’agissait d’une des innombrables "fake news" des organisations syndicales.
Car s’il n’a certes pas revu les programmes, il a quand même fourni de nombreuses recommandations sur les pratiques pédagogiques, ainsi que des évaluations nationales qui auront probablement pour conséquences de modifier les contenus d’enseignement. Sans boule de cristal, on peut facilement imaginer que beaucoup d’enseignants risquent de travailler différemment pour préparer les jeunes élèves, dès la maternelle, à passer ces évaluations standardisées, dans lesquelles les enseignements sont principalement centrés sur la réussite aux tests.
- La FSU est attachée à la liberté pédagogique. Les enseignant.es doivent rester des concepteurs et non des exécutants.
Quant à la loi, elle vient d’être votée à l’Assemblée et reste toujours insatisfaisante pour la FSU. (L’article 1, dont l’étude d’impact montre qu’il vise à empêcher toute expression critique de la part des enseignant.es, obligation pour les municipalités de financer les écoles maternelles privées, ou encore la création d’établissements locaux d’enseignement international(ELEI) réservés aux classes sociales favorisées et actant une école à plusieurs vitesses, la disparition de l’organisme indépendant d’évaluation des politiques éducatives (Cnesco) remplacé par un organisme sous l’autorité du Ministre...)

Dans le second degré, la colère s’est exprimée le 17 juin dernier, premier jour des surveillances du bac. 25 à 30% des professeurs en lycée qui étaient convoqués ce jour-là étaient en grève. La communication du ministère a minimisé le mouvement en divisant le nombre de grévistes par l’ensemble des personnels de l’éducation nationale ! Le ministre continue à être sourd aux revendications et refuse d’ouvrir des négociations et de recevoir les organisations syndicales. La colère des enseignants n’est pas retombée et s’est exprimée encore une fois le lundi 1er juillet, premier jour de surveillance du brevet. Elle s’exprime même au delà des appels des organisations syndicales et le ministère portera l’entière responsabilité des retards qui pourraient avoir lieu dans dans la communication des résultats du baccalauréat. Il en est à préférer prendre en compte les moyennes de contrôle continu plutôt que les notes, vidant par-là même le baccalauréat d’une grande partie de son sens. Cela aussi sera de sa responsabilité.

Restons sur le sujet du baccalauréat et parlons canicule.
Le ministre a fait une belle opération de communication en reportant le brevet mais il a omis de reporter aussi les divers oraux, Lettres, langues vivantes... Résultat, dans un lycée gersois, certain-es enseignant-es ont fait des malaises à cause de la chaleur dans les salles qui dépassait les 40 degrés. Le CHSCT départemental a été prévenu mais pour autant le mal est fait. Ces oraux ne se sont pas déroulés de manière satisfaisante tant pour les élèves que pour les personnels.

Autre sujet, qui va nous occuper aujourd’hui : la carte scolaire.
Voilà qu’en cette fin d’année scolaire, ce CDEN va devoir défaire, en partie, ce qui a été fait la fois dernière. Les contestations et mobilisations des derniers mois, notamment au sujet de la nécessité du maintien des services publics sur tous les territoires, ont en effet contraint notre Président à faire des annonces. Parmi celles-ci, l’engagement de ne plus fermer d’écoles sans l’accord du Maire.
- Entendons-nous bien, nous avons toujours défendu le maintien d’un maillage d’écoles resserré dans notre département. Mais cette annonce s’est faite après les opérations de carte scolaire et le mouvement des personnels enseignants, et dans une précipitation qui ne favorise guère la sérénité, que ce soit pour les familles ou les personnels concernés.
Par ailleurs, aucun budget supplémentaire n’a été accordé pour revenir sur ces fermetures. Les décisions de réouverture qui seront prises aujourd’hui le seront à moyens constants, sur la réserve de la carte scolaire d’avril dernier. Il n’y aura donc guère de marge au moment de la rentrée s’il y a des situations d’urgence à régler, ce qui est pourtant l’objectif premier de cette réserve de postes.

Plus récemment encore est arrivé le plan petit-déjeuner à l’école, dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Fallait-il, pour notre gouvernement se déclarant ni de droite ni de gauche, avoir l’air de faire du social ? Vite vite, les communes sélectionnées ont dû mettre en place cette opération. Pour cela, on a demandé aux écoles de gérer, dans l’urgence. Sur quel temps ? Pour quels élèves ? Avec quelles garanties pour éviter toute stigmatisation et avec quel gage d’efficacité ?
- La FSU partage l’idée qu’il est important qu’un enfant ait pris son petit-déjeuner pour être disponible pour les apprentissages. Pour autant, à notre sens, l’égalité des chances mérite mieux qu’un « plan de com » sans concertation.

Alors, maintenir les écoles rurales, oui, mais pas au détriment des autres besoins du territoire, sans réflexion globale.
Aider ceux qui ont le moins à apprendre dans de bonnes conditions, oui, mais pas vite fait mal fait.
- La FSU demande, en matière d’Education, que les promesses se traduisent par des actes, et que des moyens les accompagnent pour une école et une société plus justes.
SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

SNUipp 32 - Chemin de Réthourie 32000 Auch (plan d’accès) - tél : 05 62 05 42 51 - fax : 05 62 05 65 78 - courriel : snu32@snuipp.fr