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Carte scolaire 2019 : quelques éléments d’analyse

jeudi 21 février 2019

Pour le SNUipp/FSU, il ne peut pas y avoir de carte scolaire satisfaisante avec une taxation de 3 postes.
Nous l’avons dit, avons voté contre le projet de la DASEN, avec l’ensemble des organisations syndicales. Le CDEN du 13 février a été boycotté.
Nous refusons cette logique de redéploiement des moyens. Le SNUipp/FSU défend au contraire un projet ambitieux pour l’école et cela passe par des créations de postes et donc un budget à la hauteur.

Chapeau bas (1)
Se fendre d’un communiqué de presse pour expliquer qu’une réunion ne s’est pas tenue faute de quorum : notre préfète a vraiment le sens de la communication superflue à défaut d’avoir le sens du respect de ses interlocuteurs.
Peut-être avait-elle du temps à perdre, temps qu’elle aurait pu prendre pour écouter les raisons du boycott annoncé de cette réunion. A l’heure du "grand débat national" orchestré par le gouvernement dont elle est la digne représentante, il eut été de bon ton de laisser la place au dialogue social.


La convention fantôme
Une nouvelle contractualisation a été passée entre l’Education Nationale et DES élus locaux .
Pas de présentation aux représentant.es des enseignant.es.
Mais le but poursuivi est le même qu’auparavant :
- favoriser la réorganisation des écoles rurales. Les écoles à 1 ou 2 classes n’ont pas le vent en poupe, trop coûteuses en moyens tant au niveau des personnels que de l’entretien des locaux. Le modèle recherché étant celui d’écoles ayant a minima 4 classes, les élus sont incités à concentrer, à déplacer ou à regrouper les écoles en ce but.
La contrepartie est le maintien, voire l’amélioration du taux d’encadrement (E/C) durant trois années.
Cela ne signifie pas pour autant qu’on ne perdra pas de postes (à la différence du dernier protocole qui garantissait cela).

Ce qu’en pense le SNUipp/FSU
Rappelons que la précédente convention avait débuté par une dotation de postes et s’était poursuivie par un gel des moyens.
Elle devait protéger les écoles rurales, et a tout de même conduit à fermer 20 écoles dans le Gers.
Celle-ci, même si elle est présentée sous un jour qui peut paraître séduisant (améliorer le nombre moyen d’élèves par classe, comment être contre ?), est en fait moins favorable . Les effectifs vont beaucoup baisser, nous dit-on. En conséquence, même avec des fermetures, on pourrait maintenir le E/C.

A quoi s’attendre dans ces conditions ?
Si avec la précédente convention 20 écoles ont fermé en 3 ans, combien risquent-elles de connaître le même sort ?
Quant aux réorganisations elles-mêmes, nous reconnaissons qu’elles peuvent avoir du sens, quand elles sont l’aboutissement d’une large concertation entre tous les acteurs. Mais beaucoup, hélas, se sont faites dans la douleur. La prise de décision, le plus souvent au niveau communautaire, a souvent donné le sentiment aux maires et aux parents d’être mis à l’écart. Il semblerait que cela est en train de se reproduire.
- Pour le SNUipp/FSU32, les réorganisations ne doivent pas être faites à marche forcée.


Scolarité obligatoire dès 3 ans
Quel impact dans nos écoles ?
Même si le décret n’est pas encore publié, pas de bouleversement en vue dans le Gers. Il s’agirait de les scolariser en septembre de l’année de leurs 3 ans (à l’entrée de la PS donc).
Les services ont estimé à une centaine d’élèves le potentiel d’élèves concernés.
Rapporté au nombre d’écoles, cela ne devrait donc pas être significatif.

Mais la philosophie de cette loi ne risque-t-elle pas de conduire à la remise en question de la scolarisation des moins de 3 ans ?
Le DASEN a envisagé de remplacer certains dispositifs par des postes d’adjoints pour permettre plus de souplesse dans les répartitions.
Mais dans ces conditions, plus question de compter ces élèves dans les effectifs et donc une fermeture l’année suivante n’est pas à exclure ! Finalement, pour cette année, il leur accorde un sursis.
Rappelons qu’à leur création, ces dispositifs avaient aussi vocation à renforcer les effectifs des écoles, en « fidélisant » les familles. Dans les communes où il y a une école privée, s’ils ne sont pas accueillis en TPS, il y a bel et bien un risque du choix du privé. Une dernière chose sur le sujet, mais qui n’est pas anecdotique : le fait de rendre obligatoire la scolarisation à 3 ans va contraindre les collectivités à financer aussi les écoles maternelles privées…
Autant de moins pour les écoles publiques, on peut le craindre…


Chapeau bas (2)
à la nouvelle IEN maternelle qui n’hésite pas à justifier la fermeture d’un dispositif - de 3ans à l’école publique par "l’offre" d’accueil environnante : la crèche (qui est en fait une halte garderie) et la classe des TPS de l’école privée voisine. Il est bien loin le temps des "hussards noirs de la République", les IEN l’ont-ils jamais été ?
- Espérons seulement qu’elle n’ira pas jusqu’à considérer que "l’offre" existe aussi dans les fameuses écoles dites "alternatives".


Remplacement
Il n’y aura pas, pour la rentrée 2019, de création de postes de remplaçant.es.
On nous dit qu’on a un taux de couverture satisfaisant en ce qui concerne les remplacements ordinaires. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que notre département a tout de même de nombreuses petites écoles, où la moindre absence nécessite vraiment un remplacement. C’est aussi pour ça que notre hiérarchie préfère les plus grosses structures. En répartissant les élèves dans les autres classes, il est plus facile de masquer la pénurie de remplaçant-es.

Quant à la formation Continue, elle a disparu des radars de l’Inspection. Si nous ne l’avions pas évoquée, on n’en aurait même pas parlé.
Rappelons que ce sont 14 postes de brigades supplémentaires dont nous aurions besoin pour assurer une formation continue suffisante à l’ensemble de la profession ( sur la base d’une semaine de stage par an par collègue) et cela sans compter les stages à public désigné...


Décharges de direction des petites écoles
Les décharges des directeur.trices des écoles de 4 classes sont actuellement liées à la question du remplacement. En clair, quand il y a des remplaçant.es disponibles, ils ou elles sont envoyés sur des décharges de direction. Le problème est que cela ne peut guère être anticipé et qu’il y a de fortes chances pour que ce ne soit pas très régulier.En fin de périodes, quand la fatigue se généralise ou en période d’épidémies, il y a beaucoup moins de chance d’avoir une décharge.Par ailleurs, il n’y a aucune certitude que ce sera le ou la même remplaçant.e qui assurera les décharges.
- Le SNUipp/FSU demande que de véritables postes, dédiés à ces décharges de direction, soient créés. C’est la seule solution pour planifier ces journées et organiser une véritable continuité pédagogique.


Unités d’Enseignement Externalisées : si on nous informait ?
La lecture de l’article « Ensemble pour l’école inclusive » sur le site du ministère se révèle fort instructive pour tout enseignant qui s’intéresse à la scolarisation des élèves en situation de handicap.
Dans le paragraphe intitulé « Un système éducatif avec des établissements et des équipes outillés pour mener à bien leur projet inclusif, en interaction avec le secteur médico-social et les collectivités territoriales », en interaction avec le secteur médico-social et les collectivités territoriales », il est indiqué la multiplication par 2 d’ici 2020 du nombre d’unités d’enseignement externalisées (UEE) au sein de l’école pour scolariser les élèves des établissements et services médico-sociaux (ESMS).
Fort bien. Des UEE sont déjà en place dans le Gers, parfois anciennes, d’autres plus récentes. Certaines sont en cours d’élaboration. Mais à quel moment les représentant.es des personnels en sont-ils informés ? Doivent-ils attendre de l’apprendre par la bande ?
La mise en place d’une UEE dans un établissement scolaire, école, collège ou lycée, ne regarde pas que l’établissement médico-social : les enseignant.es aussi sont concerné.es.
- Il serait bon que notre administration en prenne note.


PIAL, QUALINCLUS, Que’s aquò ?!?
A compter de la rentrée 2018, des PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisé) sont expérimentés. Le Gers conduit donc cette expérimentation sur le secteur de Vic-Fezensac (collège + 2 écoles maternelle et élémentaire).
L’objectif affiché est "d’améliorer l’accompagnement des élèves en situation de handicap" en coordonnant "les moyens d’accompagnement en pôle, dans une logique plus globale des aides humaines, pédagogiques, éducatives et thérapeutiques", le PIAL devant "permettre plus de souplesse organisationnelle tout en préservant et développant l’autonomie des élèves".
Voilà un joli bla-bla à la sauce Blanquer qui, croisé avec une démarche "plus générale d’auto-évaluation" (outil Qualinclus) utilisée par les établissements engagés, laisse craindre une belle usine à gaz qui, cerise sur le gâteau, serait coordonnée ... par un coordonnateur - c’est original - à mi-temps.
Et ce ne sont pas les réponses plus que succinctes , voire inexistantes, de notre hiérarchie à nos questions qui nous rassurent :
- Quel sera, à terme, le secteur géographique d’un PIAL ?
Celui de Vic-Fezensac comprendrait, à la rentrée 2019, l’ensemble des écoles du secteur du collège. Il n’y a pas de visibilité sur la création d’autres PIAL à la rentrée 2019 sur le département
- Les conditions de travail des AVS (déplacement, emploi du temps, ...) vont-elles être modifiées ?
Le PIAL n’a pas pour objet de gérer les emplois du temps des AVS. C’est un dispositif qualitatif pour les élèves en situation de handicap.
- A terme, n’y aura-t-il plus que des AVS-M ?
De toute façon c’est déjà presque le cas dans le Gers.
On suppose que le "presque" concerne les plus de 70 personnels qui travaillent actuellement comme AVS sous contrat PEC et qui seraient donc basculé.es en contrat AESH ???.... On essaie d’y croire.
- Qui sera le chef de qui ? Principal ? Directeur d"école ? Qui décidera du nombre d’heures que passera un.e AVS auprès d’un élève ?
Chaque établissement reste maître chez soi. L’IEN ASH est garante du fonctionnement du dispositif.
Si le SNUipp/FSU32 partage l’ambition d’une amélioration de l’accompagnement des élèves en situation de handicap, il est hors de question qu’elle se fasse au détriment des personnels.


Occitan
Depuis sa création, le SNuipp-FSU a été attentif à la question des langues régionales . Pour nous, Il est important de soutenir cet enseignement. Le texte de loi d’orientation et de programmation sur la refondation de l’École de 2013 a réaffirmé la place des langues régionales.
Pour autant la déclaration de principes doit être suivie d’actes . Or la réalité du terrain se heurte au manque de moyens attribués. Et la difficulté est qu’il est toujours plus compliqué de créer des postes (que ce soit dans le champ de l’occitan ou pas par ailleurs), lorsqu’il n’y a aucune dotation de postes sur un département, et à plus forte raison lorsqu’il y a des taxations. Toute ouverture de poste se fait alors en parallèle de fermetures ailleurs.
La situation de l’occitan n’est pour autant pas à négliger, tout spécialement cette année. En effet, l’enseignement de l’occitan, sanctuarisé jusqu’ici par une Convention entre le rectorat et le Ministère de l’Education Nationale, est gravement menacé dans le second degré. Car si cette convention n’est plus respectée, dans combien d’établissements continuera-t-on de proposer l’occitan, dans un contexte de restriction budgétaire et de baisses des dotations horaires dans les collèges et les lycées ?
La réforme du lycée et la mise en concurrence des disciplines pourraient donc avoir comme effet collatéral immédiat la mise en danger de cet enseignement. Car si on raisonne en termes comptables uniquement, la demande en occitan risque d’être considérée comme trop faible pour maintenir l’offre, et si l’offre se réduit, la demande risque de se réduire elle aussi.C’est le serpent qui se mort la queue...
Le SNUipp-FSU demande une véritable politique volontariste pour l’enseignement des langues régionales accompagnée de véritables moyens.


La réserve réservée ?
En bon gestionnaire, un DASEN, quand il n’ a pas les moyens de faire toutes les ouvertures nécessaires ferme plus de postes qu’il n’en ouvre.
Cette réserve ainsi constituée lui permet de parer aux besoins urgents d’ouverture qui se font jour à la rentrée. Elle lui sert aussi, éventuellement, à réouvrir une classe fermée en février si les effectifs ont ré-augmenté.
Elle ne sert pas à tenir des promesses faites aux élus du type : la fermeture est un affichage, quoiqu’il arrive (sous entendu quels que soient les effectifs) le poste sera réouvert à la rentrée.
Si, "malgré" les effectifs, le DASEN considère que la situation de l’école est particulière et qu’elle doit être préservée, alors il n’y a pas de fermeture en carte scolaire. Sinon, elle est traitée comme les autres, pour qu’aucune classe en situation d’ouverture ne soit lésée à la rentrée.

Voir en ligne : le projet de carte scolaire présenté par le DASEN

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