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Déclaration préalable de la FSU, CDEN du 17 janvier 2019

vendredi 18 janvier 2019

La crise sociale actuelle, quoi qu’on pense de la manière dont elle s’exprime, montre que les citoyens souhaitent que l’exercice de la démocratie ne se limite pas au passage dans l’isoloir.
Avant même cette crise, le département du Gers a proposé aux habitant-es d’être associés aux décisions concernant une partie de son budget, initiative que nous avons trouvé intéressante.
Cependant, la FSU souhaite profiter de ce CDEN pour vous faire part de quelques interrogations à propos du budget participatif. Car à la lecture de certains projets proposés ou retenus liés aux affaires scolaires, nous aurions besoin d’explications supplémentaires. :
- Certains en effet concernent des investissements dans des collèges, qui nous semble-t-il, relèvent d’office des compétences du conseil départemental. D’ailleurs, à ce propos, la FSU souhaiterait que soit à nouveau présentée en CDEN la dotation globale de fonctionnement des collèges comme ce fut le cas par le passé. Pour en revenir au budget participatif, cela signifie-t-il que sans projet dédié, ces investissements n’auraient pas été programmés ?
- Pour un autre projet, il s’agit d’achat de mobilier afin d’ équiper au sein d’une école primaire, une classe pour accueillir des élèves d’un ITEP. Parle-t-on ici d’un projet de classe externalisée ? Si oui, nous sommes surpris, car à notre connaissance, aucune instance de l’Education Nationale avec des représentant-es du personnel n’a été consultée à ce propos.

Concernant l’ordre du jour de ce CDEN, nous dirons 2 mots sur le bilan de la rentrée scolaire.
Si une ouverture de poste a été possible à Montaut- Les -Créneaux, quelques tensions n’ont pu être résolues. Cela a été le cas d’un dispositif d’accueil des enfants de moins de 3 ans qui n’a pas pu fonctionner comme tel à Cazaubon. A Marciac, la restructuration à moyens constants avec la fermeture des écoles aux alentours ne rendent plus possible l’accueil des moins de trois ans et surchargent les effectifs des 2 classes maternelles. A Masseube, c’est une fermeture qui au vu des effectifs de rentrée, n’avait plus lieu d’être... Partout ce sont des moyens pour le remplacement, pour les décharges des directions d’écoles, pour les RASED... qui font défaut...

Enfin, les circonstances ayant fait que ce CDEN soit réuni plus tard que d’habitude, il aurait presque pu traiter de la carte scolaire. Car, si nous ne connaissons pas encore la dotation - ou plus vraisemblablement la taxation - de postes de notre département, nous connaissons la dotation académique. Elle est de 55 postes pour les 8 départements. Une si faible dotation, cela est inédit. Pour rappel, elle était de 89 postes l’an dernier et de plus de 150 l’année d’avant. Nous avons donc beaucoup à craindre pour la rentrée 2019, car nous savons que la Haute-Garonne connaîtra comme d’habitude une hausse de ses effectifs pour laquelle la dotation entière ne suffirait pas.
Le maintien d’un service public d’Education de qualité est essentiel, dans un contexte où s’exprime un profond sentiment d’abandon dans les territoires ruraux.

Dans le second degré, la rentrée 2018 se passe dans une ambiance plutôt tendue en termes d’effectif par classe. Le seuil de 30 élèves est dépassé dans certains collèges, les classes à 36 élèves ne sont plus l’exception en lycée. Le ministère avait légèrement abondé les dotations horaires pour faire passer auprès des collègues la réforme des collèges ; les moyens sont aujourd’hui retirés et la réforme montre son vrai visage : un moyen de faire des économies budgétaires au détriment des conditions d’enseignement des élèves et des conditions de travail des enseignant-es.

La réforme du lycée et du baccalauréat a le même objectif, la réduction des horaires d’enseignement en classe de seconde permet d’économiser 2700 postes sur toute la France. Sa mise en place pour la prochaine rentrée, dans la précipitation et l’amateurisme le plus total, inquiète les collègues qui sont souvent atterrés par les dispositions visant à remplacer les filières. La communication ministérielle leurre les parents et les élèves quand elle prétend que les élèves pourront faire les spécialités de leurs choix sans contrainte alors qu’ils doivent, dès la classe de seconde, connaître les filières post-bac qu’ils désirent et les attendus des écoles de l’enseignement supérieur pour faire un choix de spécialité correct. Quelle matière scientifique un élève en terminale devra-t-il sacrifier ? Le système de l’enseignement modulaire permettra avant tout de fermer, à tel ou tel endroit, les spécialités qui ne seront pas assez remplies, selon les critères de rentabilité du ministère, qui ne veut plus de professeur.es devant des effectifs réduits. Les options, qui faisaient la richesse de l’offre éducative, les demi-groupes qui permettaient un apprentissage plus individualisé sont sacrifiés sur l’autel des économies budgétaires. Quant aux collèges, nous pouvons craindre que la dotation horaire y diminue fortement pour abonder, cette année seulement, la dotation des lycées afin de faire accepter la réforme. Le SNES-FSU réclame l’annulation de cette réforme et de celle du baccalauréat qui ne sera plus,de fait, un diplôme national, garant de l’égalité républicaine.

- C’est pourquoi les enseignants du second degré seront en grève le 24 janvier prochain et dans les manifestations, avec les parents et les élèves, pour affirmer leur refus de cette réforme.

Par ailleurs, nous avons des échos qui reviennent d’établissements concernés par une éventuelle fusion ( Cazaubon et Eauze), pour laquelle les équipes sont peu voire pas du tout associées aux opérations. Le SNES-FSU s’étonne de découvrir cet état de fait qui n’a été ni discuté, ni même suggéré dans aucune instance. Quelle procédure transparente et respectueuse des instances et des personnels va-t-elle être mise en place si de telles décisions - que nous contestons - sont prises ?

La FSU du Gers tient à réaffirmer ici que le gouvernement ne pourra pas répondre à la crise profonde de notre pays sans dégager les moyens nécessaires.
Améliorer la cohésion sociale, défendre les valeurs qui fondent le modèle social, favoriser la transition écologique exige des services publics forts avec des agent-es véritablement reconnu-es.
La FSU demande au gouvernement d’abandonner le projet de réforme de la Fonction publique tel qu’il est prévu à ce stade. Au contraire, pour répondre aux enjeux de société c’est d’une fonction publique renforcée dans ses moyens et missions, avec des agent-es conforté-es dans leur statut et leurs carrières dont le pays a besoin.

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