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Culture de l’évaluation et dérives

vendredi 11 janvier 2019

Le 20 décembre, des enseignants du premier et du second degré ont assisté à une journée de stage FSU sur le thème de l’évaluation avec Paul Devin, du syndicat des inspecteurs de la FSU et auteur d’un blog sur médiapart.

Nous avons discuté du sens réel des évaluations standardisées.

En quoi sont-elles indispensables aux enseignants, qui ne les ont pas attendues pour évaluer les élèves ? Quant au système éducatif, il est déjà évalué par la DEPP, qui évalue chaque année un échantillon d’élèves.

Nous avons regardé de près les évaluations des CP. Au niveau des contenus, on a pu constater qu’ils étaient très centrés sur le code en français, hors de tout contexte, avec de nombreux pièges, quand on sait que ce qui pose surtout problème est la compréhension des textes. Sur la forme (des livrets assez denses), aucune manipulation, aucun étayage n’est possible, à l’inverse de la manière de travailler en grande section. Le protocole de passage est très strict, et il a été appliqué très diversement d’une école à l’autre. Du coup, il est assez difficile de tirer des enseignements de ces évaluations...

Alors à quoi bon ? Peut-être peut-on penser que ces évaluations servent finalement d’autres desseins que celui d’être un outil au service des enseignants. Pour commencer, montrer que les jeunes élèves de CP ne sont pas assez performants sur le code justifiera plus facilement les préconisations qui seront faites sur les programmes de CP et de maternelle.

Paul Devin nous a notamment parlé de méthodes -clés en mains- qui sont quasiment imposées aux enseignants par le "think tank" Agir pour l’Ecole dans certains départements. Cela pose question sur le rôle de l’enseignant : est-ce qu’il est un concepteur ou un exécutant ?
Paul Devin a, fort à propos, rappelé que la liberté pédagogique n’existe pas pour nous faire plaisir. C’est elle qui garantit que l’Ecole ne soit pas asservie à quelque idéologie que ce soit.

Pour aller un peu plus loin, la lecture des ouvrages de Jean-Michel Blanquer nous renseigne assez bien sur l’orientation libérale qu’il souhaite donner à l’école. Cette vision suppose, sans fondement, que la mise en concurrence des établissements et des personnels permettrait d’améliorer la qualité du travail. Il n’y a pas beaucoup d’efforts à faire pour imaginer dans un futur proche les résultats des écoles publiés et les rémunérations des enseignants directement liés aux évaluations ou à leur diligence à mettre en oeuvre les méthodes préconisées...

Une journée très intéressante où on a pu discuter encore de bien d’autres sujets. Merci à Paul Devin !

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