Retour accueil

Vous êtes actuellement : METIER  / ASH 


MDPH : Quel accompagnement pour les familles ?

lundi 27 février 2006

J’ai passé une année, en tant qu’enseignant non spécialisé, dans une CLIS. Ces classes accueillent, en effectif réduit, des élèves présentant des troubles de l’apprentissage, parfois associés à des troubles du comportement.

Lors de cette courte expérience, j’ai pris conscience de la difficulté - humainement compréhensible - pour les familles de « faire leur deuil » et d’accepter que l’enfant ne suive pas un « cursus normal », cette difficulté peut aller parfois jusqu’au déni des troubles de l’enfant au risque de laisser celui-ci en souffrance.

Par ailleurs, pour la plupart de ces enfants, l’orientation en CLIS devrait s’accompagner de « soins » ou tout du moins d’un suivi psycho-pédagogique extérieur (CMPP, Guidance infantile, etc.). Or, si les propositions de prises en charge de type médico-éducatif sont relativement bien acceptées par les familles « dans l’intérêt de l’enfant », j’ai constaté par contre une très grande suspicion concernant tout ce qui relève du « psychologique ». Je me souviens encore d’une mère m’expliquant, alors que la psychologue scolaire et moi-même tentions depuis de nombreux mois de la convaincre d’accepter une prise en charge de son fils par la Guidance Infantile, qu’il était hors de question que celui-ci aille « chez les fous ».

Jusqu’à présent, les élèves étaient orientés en CLIS au terme d’un parcours (équipe éducative, CCPE, CDES) qui permettait aux parents de « faire du chemin » en se confrontant à différents professionnels (l’enseignant, le personnel du RASED, les secrétaires et les participants des commissions, etc.). Le rôle des secrétaires de CCPE en particulier m’a paru crucial dans l’accompagnement des familles lors de l’orientation, au cours de la scolarisation en CLIS, dans l’accompagnement vers l’acceptation de prises en charge extérieures, ...

A la lecture des nouvelles démarches permettant l’orientation d’un élève en CLIS (cf. Actualité 32 n°191), je me suis posé les questions suivantes :
- envisage-t-on qu’une famille saisisse aisément, sur une simple suggestion de l’enseignant, une institution dépendant du Conseil Général (la MDPH), compte-tenu de la difficulté pour certains parents d’effectuer des démarches « institutionnelles » ?
- la signification même du nom de « Maison Départementale des Personnes Handicapées » n’est-elle pas un frein pour les familles qui vont fatalement considérer que l’enseignant assimile leur enfant à une « personne handicapée » avec toute la charge affective et psychologique que cela peut recéler ? N’y a-t-il pas un risque que les orientations soient plus difficilement acceptées au motif que « mon enfant n’est pas un fou, il n’ira pas à la maison du handicap » ?
- les « enseignants référents » seront-ils en nombre suffisant pour prendre en charge cet accompagnement nécessaire ?

Enfin, les CLIS accueillent une forte minorité d’enfants du voyage qui y sont orientés parce qu’ils présentent un retard scolaire très important lié non pas à des troubles de l’apprentissage, mais à une déscolarisation persistante. Ces élèves relèveront-ils de la MDPH ? Si oui à quel titre ? Sinon qu’adviendra-t-il d’eux ?

Emmanuel VENEAU

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

SNUipp 32 - Chemin de Réthourie 32000 Auch (plan d’accès) - tél : 05 62 05 42 51 - fax : 05 62 05 65 78 - courriel : snu32@snuipp.fr