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Ecoles alternatives privées : la tentation dans le Gers aussi...

mercredi 23 mai 2018

En ce moment, on entend beaucoup parler dans les media des écoles alternatives, qui pratiquent d’autres formes de pédagogie, nous dit-on. Le Gers n’est pas en reste. Après la fermeture de l’école publique de Pouylebon, une structure privée s’est installée dans les locaux. Une école alternative privée doit ouvrir à Moncorneil-Grazan en septembre. D’autres projets seraient à l’étude, dont un notamment dans une autre école publique promise à la fermeture à la rentrée prochaine.

Mais de quoi parle-t-on exactement ?
De travailler en coopération, d’engager les élèves dans des projets, de s’adapter au rythme de chacun... entre autres objectifs tout à fait louables. Fort bien. Des grands noms sont évoqués en modèles : Montessorri et Freinet principalement. Leur pensée a en effet guidé grand nombre de pédagogues, et cela ne date pas d’aujourd’hui.

Mais est-ce dire que cela ne peut pas être mis en oeuvre dans l’Ecole publique, l’Ecole de la République, pour toutes et tous ?
- Au SNUipp/FSU, nous disons que si.
Beaucoup de collègues de l’Education Nationale, si ce n’est tous, interrogent régulièrement leur pratique pédagogique, ont à coeur de proposer un enseignement le plus adapté possible à chaque enfant, dans le respect de son rythme, et proposent à leurs élèves des projets motivants pour favoriser les apprentissages. Cela non plus ne date pas d’aujourd’hui. Nombreux sont par exemple celles et ceux qui ont pratiqué la pédagogie Freinet dans leur classe de l’Ecole publique, il y a plusieurs dizaines d’années déjà.
Par contre, il n’est guère dans la culture des enseignant.es du public de communiquer sur ce qu’ils font dans leur école, de "se vendre", peut-être par peur de faire de l’ombre à l’école voisine. Etre enseignant-e de l’Education Nationale, c’est en effet aussi être attaché-e à l’égalité du traitement des usagers, ici les enfants et leur famille.

Autre question essentielle : faut-il abandonner le combat de la démocratisation ?
Les écoles alternatives de l’enseignement privé ont un coût, quoi qu’on en dise. Cela exclut d’office un grand nombre de familles et favorise un entre-soi. Est-ce vraiment un modèle progressiste que d’avoir d’un côté des écoles à faible effectif pour ceux qui peuvent se le permettre (quoique financées aussi par des subventions publiques) et d’autres écoles pour les autres, qui elles, devront bien faire avec la mixité sociale et des effectifs plus importants ? Notre vision du rôle de l’Ecole dans la société est à l’opposé : elle doit faire réussir tous les élèves, sans distinction, ni sociale ni d’aucune autre sorte. Et il faut pour cela donner les moyens à l’école publique d’améliorer les conditions d’apprentissage de ses élèves.

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