Retour accueil

Vous êtes actuellement : NOS ACTIONS  / Déclarations 


Déclaration préalable de la FSU, CDEN du 16 mars 2018

vendredi 16 mars 2018

Le CDEN d’aujourd’hui doit se prononcer sur le projet de carte scolaire de Mme la DASEN.
Quelque soit le détail du projet, nous savons d’ores et déjà que le bilan des ouvertures et des fermetures de classes se soldera par une taxation de 2 postes. Au vu de la dotation académique (89 postes pour 8 départements dont la Haute Garonne), cela aurait certes pu être bien pire.
Pour autant, on nous retire des postes et cela conduira forcément Mme la DASEN à fermer des classes, et à ne pas pouvoir répondre à tous les besoins identifiés sur le département.

L’argument de la baisse démographique qu’on nous présente comme irréfutable mérite tout de même d’être interrogé.
Ainsi en 1997, le Gers comptait 13 430 élèves dans le premier degré. 20 ans après, et 69 postes d’enseignant.es en moins (alors même qu’il y avait à cette rentrée 13 571 élèves, soit 141 élèves de plus) le Service Public d’Education gersois n’est plus en capacité d’assurer pleinement toutes ses missions :
- remplacement, formation, difficulté scolaire, prise en charge du handicap, accueil en maternelle, ouvertures de classes, maintien des écoles rurales. Cela permet de relativiser…
Les 8 créations de postes qu’a connues le département au début du quinquennat de François Hollande sont loin d’avoir permis de retrouver une situation satisfaisante. Les années suivantes du quinquennat étaient celles du gel des moyens et de la réorganisation des écoles rurales dans le cadre du protocole signé par les grands élus du Département.

Beaucoup d’écoles rurales ont alors fermé  :
Monlaur-Bernet, Manent-Montané, Aux-Aussat, Maumusson-Laguian, St Créac, Pouylebon, Montaut d’Astarac, Lagarde Hachan, Cahuzac, Margouët-Meymes, Peyrusse, Crastes, Castéra- Lecturois, Castelnau sur l’Auvignon, Tournan, Beaucaire, Monlezun, Tillac, Troncens, Termes et Montégut sur Arros.

Aujourd’hui encore, 5 des fermetures d’écoles prévues dans le projet de carte scolaire ont en fait été préparées dans le cadre de ce protocole.
Nous disions alors que ce protocole ne protégeait pas réellement l’école rurale et demandions une rallonge budgétaire pour le Gers, seul moyen selon nous de proposer un projet ambitieux pour notre école.   Le projet de carte scolaire de cette année n’est évidemment pas satisfaisant avec une taxation de 2 postes. Par deux fois, nous l’avons refusé dans les instances internes de l’Education Nationale.
Et pas plus aujourd’hui qu’hier nous ne cautionnons les fermetures d’écoles rurales, tant notre attachement au maintien du service public d’Education sur tout le territoire est indéfectible.

Alors que le budget de l’Education nationale a créé une réserve de cent postes au titre de la ruralité, aucun n’a été attribué à notre département.
Sur ce sujet, avec toutes les sections départementales du SNUipp/FSU de l’Académie de Toulouse nous nous sommes adressés au Ministre de l’Education Nationale en ces termes :" la ruralité de la plus grande partie de nos départements nécessite des taux d’encadrement élevés et ils se traduisent par un nombre d’élèves par classe plus faible mais avec plusieurs niveaux par classe. Ils sont la seule garantie d’accès pour tous nos élèves à un Service Public d’éducation de proximité ".
- Nous lui avons donc demandé, à ce titre-là, une dotation.

Par ailleurs, le projet pour l’Ecole que défend la FSU dépasse la seule question du taux d’encadrement des élèves.
Un projet ambitieux pour notre école passe, selon nous, par des créations de postes.
Elles sont nécessaires, évidemment, pour répondre à des besoins d’ouvertures de classes.
Mais pas seulement. Ces créations sont aussi indispensables :
-  pour créer des postes de remplaçants, car leur nombre est insuffisant pour assurer dans de bonnes conditions la continuité du service éducatif. Preuve en est le recours aux enseignants contractuels auquel vous avez été contrainte cette année.
-  pour retrouver une formation continue digne de ce nom pour tous les enseignant-es.
-  pour aider les élèves les plus fragiles, en n’oubliant pas l’éducation spécialisée et les RASED, décimés il y a quelques années et jamais reconstitués.
-  pour que des postes soient créés pour assurer des décharges de direction stables et régulières aux directeurs des petites écoles.  - pour qu’il y ait davantage d’animateurs et de conseillers pédagogiques auprès des enseignant-es...   La FSU défend un projet ambitieux pour l’école dans notre département, et cela ne sera pas possible avec cette carte scolaire, qui vous conduira, madame la Directrice Académique, en fin de compte à faire fonctionner le service public d’Education avec 2 postes en moins.
Le quinquennat du Président Sarkozy avait conduit à fermer cinquante postes d’enseignant.es dans le Gers. Moins de dix postes ont été recrées lors du quinquennat suivant, celui de la fameuse promesse de la priorité au primaire. Et, voilà qu’aujourd’hui, nous renouons avec les taxations de postes.
Et hélas, au vu des projets concernant la fonction publique de ce gouvernement, on peut craindre que ce ne soit qu’un début.
La taxation de 2 postes pour la rentrée 2018 entérine un redéploiement des moyens déjà existants ainsi qu’une dégradation des conditions d’enseignement et de scolarisation. L’école primaire française largement sous-investie et marquée par des inégalités insupportables doit faire l’objet d’un engagement financier massif pour réaliser les transformations nécessaires.

Concernant le second degré, la FSU constate une diminution des moyens affectés à notre département avec une DGH qui diminue de 83 heures soit l’équivalent de 4,6 emplois à temps plein pour des effectifs en baisse de 55 élèves sur tous le département soit l’équivalent de 2 élèves par établissement. Cette diminution, qui affecte surtout les collèges, a été en partie compensée par la création de deux Ulis dans le département. Qu’en aurait-il été autrement ? La diminution des moyens pédagogiques et de l’offre scolaire est particulièrement pénalisante pour les petits établissements qui ne peuvent pas offrir les mêmes dispositifs que les plus grands.

Il faut rapprocher cela de la suppression des 2600 emplois au niveau national dont le ministre a déclaré qu’ils seront "sans effet". Les effets de la réduction des moyens conduit en réalité à une dégradation du service public d’éducation avec une réduction des moyens de remplacements (12 matières déficitaires cette année contre 3 l’année dernière !), et une augmentation des effectifs par classe. Il en résulte une dégradation des conditions de travail et une certaine résignation des collègues qui font au mieux avec les moyens du bord mais n’en sont pas forcément satisfaits.

La réforme du lycée et du baccalauréat vont dans cette même logique de réduction de l’offre scolaire et des arrangements locaux. Elle remet en cause l’égalité des élèves devant l’examen et permet de fait une présélection des élèves à l’entrée du supérieur. Le SNES-FSU dénonce et combattra cette réforme qui n’a pour but que réduire les coûts.

Dans ces conditions et face aux attaques contre le Service Public, la FSU sera aux côtés des collègues le 22 mars pour la journée d’action Fonction Publique.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

SNUipp 32 - Chemin de Réthourie 32000 Auch (plan d’accès) - tél : 05 62 05 42 51 - fax : 05 62 05 65 78 - courriel : snu32@snuipp.fr