Retour accueil

Vous êtes actuellement : SOCIETE  / Sécurité et sécuritarisme 


Projet de loi « immigration - asile » : ignorance ou électoralisme ?

vendredi 19 janvier 2018

Le gouvernement Philippe vient de présenter son projet de loi réformant le droit d’asile et le droit des étrangers et de nouvelles lignes rouges sont franchies :

allongement des délais de rétention administrative (de 45 jours actuellement à 3 mois, voire 4 mois dans certains cas), augmentation des expulsions, réduction des délais de recours pour les demandeurs d’asile avec renvoi possible dans le pays d’origine - s’il est considéré comme « sûr » - avant même que les recours n’aient été instruits, restriction des conditions d’accès à certains titres de séjour,...

- Soit tout un arsenal de mesures répressives qui, au-delà de leur apparente diversité, reposent sur une seule et même idée :
la migration serait un « problème ».

Or, depuis plusieurs décennies, des chercheurs spécialisés sur les migrations, toutes disciplines scientifiques confondues, montrent que cette vision est largement erronée :
- Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas eu d’augmentation drastique des migrations durant les dernières décennies : le nombre relatif de migrant.e.s par rapport à la population mondiale stagne à 3 % et est le même qu’au début du XXe siècle. Et si la demande d’asile a connu, en France, une augmentation récente, elle est loin d’être démesurée au regard d’autres périodes historiques
- Une abondance de travaux montre depuis longtemps que la migration constitue un apport à la fois économique et démographique dans le contexte des sociétés européennes vieillissantes, où de nombreux emplois sont délaissés par les nationaux. Les économistes s’échinent à faire entendre qu’en Europe, les migrant.e.s ne coûtent pas plus qu’ils/elles ne contribuent aux finances publiques, auxquelles ils/elles participent davantage que les nationaux, du fait de la structure par âge de leur population.

Loin de résoudre des problèmes fantasmés, les politiques migratoires successives de plus en plus répressives ne cessent d’en fabriquer de nouveaux :
- la quasi absence de canaux légaux de migration oblige les migrants.e.s à dépenser des sommes considérables pour emprunter des voies illégales et les dépossède des ressources financières nécessaires pour prendre place dans les sociétés d’arrivée
- l’obligation faite aux migrant.e.s de demeurer dans le premier pays d’entrée de l’UE les prive de leurs réseaux familiaux et communautaires - souvent situés dans d’autres pays européens – si précieux à leur insertion
- l’accès ultra restrictif au séjour et au travail les maintiennent, ou les font basculer, dans la clandestinité et la dépendance
- nos lois rendent, paradoxalement, les migrations irréversibles : la précarité administrative des migrant.e.s les pousse souvent à renoncer à leurs projets de retour au pays par peur qu’ils ne soient définitifs.

Nos politiques migratoires fabriquent donc bien ce contre quoi elles prétendent lutter.
- Alors ? Ignorance ou électoralisme ?

Lire l’article dans son intégralité



Pour en savoir plus

Amnesty International

La Cimade

Le Gisti(Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s)

Médapart – Blog RESF

Et sur le site RESF32 un texte/vidéo poignant de JM Le Clézio sur l’accueil réservé aux migrants en France : "C’est dégueulasse"

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

SNUipp 32 - Chemin de Réthourie 32000 Auch (plan d’accès) - tél : 05 62 05 42 51 - fax : 05 62 05 65 78 - courriel : snu32@snuipp.fr