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La "méthode Singapour"

jeudi 21 décembre 2017

Depuis la rentrée, après le « best seller » d’Alvarez , voilà que l’on nous vante les mérites de la méthode mathématique singapourienne et de son fameux « manuel utilisé par les meilleurs élèves du monde ».
Notre ministre de l’Education Nationale en profite pour remettre sur le tapis l’importance d’un apprentissage précoce des quatre opérations (dès le CP).

Mais finalement, de quoi s’agit-il exactement ?
Dans les années 80, Singapour décide de faire des mathématiques une priorité nationale.
Une équipe de didacticiens examine pendant cinq ans les différentes recherches effectuées partout dans le monde sur l’apprentissage des mathématiques puis propose une démarche autour de quelques principes-clés :
- traiter moins de sujets ;
- les traiter en profondeur à partir de situations concrètes, de manipulation, puis les mettre en « images » variées et seulement ensuite passer à l’abstraction ;
- placer la résolution de problèmes au cœur des apprentissages en encourageant la verbalisation des démarches et les dialogues entre pairs et avec l’enseignant-e.

Dans la pratique, cette « méthode » est-elle transférable en France ?
L’idée de passage par la manipulation pour accéder progressivement à l’abstraction est partagée assez largement par les enseignants français.
- Mais concrètement, les enseignants singapouriens disposent depuis 1998 de 100 heures de formation continue par an.
Nous en sommes très très loin avec une formation qui aujourd’hui se résume essentiellement à des animations pédagogiques après la classe ou le mercredi après-midi !

Il est également difficile de transposer une méthode dans un pays culturellement différent.
- Les élèves singapouriens rentrent plus tardivement en CP que les petits français. Ils ont donc plus de maturité pour aborder les apprentissages mathématiques.
- Ensuite, le mandarin, une des deux langues utilisées par les élèves, est une langue beaucoup plus mathématique. La décomposition en dizaines et unités y est explicite (on énonce « deux-dix », « deux-dix-un »…), ce qui facilite considérablement la compréhension de cette écriture et donc le calcul avec ces nombres.
- Enfin, il ne faut pas oublier que le fonctionnement singapourien est fondé sur un système hyper compétitif.
Souhaitons-nous un tel système pour nos élèves ?

Alors oui, il y a certainement à prendre d’une démarche qui a donné des résultats mais pas sans une réelle formation et surtout sans mysticisme !

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