Retour accueil

Vous êtes actuellement : SOCIETE  / École et société 


Lecture d’été : « L’école de demain » par Jean-Michel Blanquer

vendredi 1er septembre 2017

Brève biographie de l’auteur
Avant de devenir notre Ministre, Jean Michel Blanquer a travaillé au ministère de l’Education Nationale de 2004 à 2012 sous les derniers gouvernements de droite jusqu’à devenir directeur de l’enseignement scolaire à la DGESCO, c’est-à-dire qu’il était le patron des programmes.
C’était notamment la période de la mise en place de l’aide personnalisée et des stages de remise à niveau pendant les vacances,mais aussi et surtout celle des suppressions massives des postes, avec ceux de RASED en première ligne.
- Par la suite, Jean-Michel Blanquer qui exerçait d’autres fonctions n’a pas cessé de s’intéresser à l’Ecole. Il a ainsi publié « L’école de demain » en 2016, qui a manifestement inspiré le programme d’Emmanuel Macron.


L’école de demain
La lecture de cet ouvrage nous renseigne sur l’orientation que souhaite notre ministre pour l’Ecole.

S’il fallait en faire une fiche de lecture, nous retiendrions 3 thèmes :
- le resserrement sur les apprentissages fondamentaux
Pour lui, la maternelle doit être centrée sur le langage et doit préparer au mieux les apprentissages fondamentaux visés à partir du CP.

Il souhaite un retour à 26h d’enseignement en consacrant 20 heures sur les 26 heures de classes au français et aux mathématiques avec comme enjeu premier «  La maîtrise de la langue  » qu’il réduit à la maîtrise de la grammaire et du vocabulaire.

Le ministre a depuis dit qu’il n’entendait pas modifier les programmes, mais a affirmé sa volonté d’orienter les pratiques professionnelles, volonté qui serait relayée par les IEN afin de privilégier les pédagogies dites «  efficaces »

- l’individualisation des apprentissages et des parcours scolaires
Jean Michel Blanquer recommande de systématiser l’identification des difficultés et des besoins spécifiques des élèves. Pour ce faire il propose des évaluations nationales annuelles pour l’ensemble de la scolarité obligatoire, dont les résultats seront publiés. Il propose dès la maternelle de définir les indicateurs et d’élaborer les dispositifs de diagnostic précoce pour distinguer ce qui relève de la médecine et de la difficulté scolaire.

Il souhaite remettre en place l’aide personnalisée, mais ne mentionne aucun moyen pour agir sur le temps de classe (RASED, PMQDC, formation des enseignants...)

L’auteur entend au contraire externaliser le traitement de la difficulté scolaire par la relance des stages de remise à niveau pendant les vacances d’été ou la mise en place des « devoirs faits » qui pourraient être encadrés par des étudiants ou des services civiques.

- La logique d’autonomie
Blanquer ne cesse d’évoquer la nécessité de responsabiliser les acteurs, de les laisser prendre des initiatives. Mais dans le même temps, il n’a de cesse d’évoquer les « bonnes pratiques » qu’il s’agit de faire appliquer partout, « les méthodes qui ont fait leur preuve ».

Quand il parle d’autonomie, il ne pense pas à l’autonomie d’un enseignant, car il développe plutôt une mise sous tutelle pédagogique des enseignants. L’autonomie, elle, concerne l’établissement.
En voici quelques illustrations développées dans le livre :

  • Le directeur deviendrait supérieur hiérarchique, procédant à l’évaluation des enseignants de leurs écoles, et pouvant imposer la nomination des enseignants, en particulier dans les classes de GS et CP.
  • Chaque école, chaque établissement pourrait avoir sa spécificité : cela implique la généralisation des postes à profil et pourrait aller jusqu’à un concours servant d’habilitation à enseigner, avec un recrutement effectif par l’établissement.
  • Un système d’évaluation avec des indicateurs permettant de mesurer les performances des établissements et les acquis des élèves. C’est le retour de l’évaluation des enseignants par les résultats des élèves.

Ce que vous ne trouverez pas dans le livre

La formation continue ? De façon numérique uniquement. Il revient aux enseignants de se former par eux-même.

Les RASED et l’enseignement adapté ne sont pas évoqués.

La scolarisation des élèves en situation de handicap ou à besoin éducatif particulier n’est pas traitée.


Notre avis sur le livre
Difficile de s’identifier aux personnages :
Nous ne partageons pas la vision du ministre.

- Nous ne concevons pas le directeur comme le supérieur des autres enseignants.
- Nous souhaitons enseigner autre chose que le français et les maths parce que nos élèves méritent un bagage complet pour leur avenir.
- Nous ne souhaitons pas appliquer bêtement les méthodes recommandées pour faire passer à nos élèves des évaluations qui seront publiées.

Bon, vous l’aurez compris : nous n’avons pas trop aimé cette lecture d’été…

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

SNUipp 32 - Chemin de Réthourie 32000 Auch (plan d’accès) - tél : 05 62 05 42 51 - fax : 05 62 05 65 78 - courriel : snu32@snuipp.fr