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Déclarations FSU au CDEN du Gers du mardi 8 novembre 2005

mercredi 16 novembre 2005

Préparation de la rentrée 2006, Budget, Banlieues

Le Ministre de l’Education Nationale a annoncé les principales mesures du budget 2006.

Si le budget de l’éducation nationale demeure le premier budget de l’état, ce qui s’explique normalement par son périmètre, il ne figure pas à l’évidence parmi les priorités du gouvernement et il est touché de plein fouet par une politique dont la première préoccupation est de réduire les dépenses sans souci de l’avenir. Ainsi l’augmentation affichée de 3,6% doit être ramenée à une juste réalité lorsque l’on sait que près de 2% correspondent simplement aux effets des quelques mesures salariales intervenues en 2005.

Si en matière d’emploi les pertes semblent moindres par rapport aux années précédentes, elles viennent s’ajouter à celles déjà subies et, loin d’amorcer une remontée de la pente, elles l’accentuent un peu plus.

Ainsi, dans les écoles, il envisage la création de seulement 800 postes d’enseignants du premier degré (et 200 pour régulariser la situation à Mayotte) alors que 42 700 élèves supplémentaires sont attendus. Soit un poste pour 53 élèves supplémentaires. Il faudrait le double pour maintenir le taux d’encadrement des élèves dans les classes et scolariser les plus jeunes en maternelle. Cette situation amplifiera les difficultés déjà rencontrées lors de la rentrée de septembre 2005.

Le Ministre a multiplié les annonces sur la scolarisation des enfants handicapés, l’enseignement des langues vivantes, les ZEP, le soutien et l’aide aux enfants en difficulté, ou encore la direction d’école ; les décisions budgétaires les vident de sens ! Dans les lycées et collèges les suppressions de 1400 postes s’ajoutent à la saignée des trois dernières années et l’absence de mention des emplois de stagiaires fait peser un doute sur l’évolution des recrutements, déterminante pour l’avenir.

La création de 300 emplois d’infirmières est conforme aux engagements et est un début de réponse aux attentes des établissements. Par contre aucune mesure n’est prise pour combler le déficit en assistantes sociales ou le manque criant de personnels administratifs.

Soulignons que les promesses de moyens nouveaux liés à la mise en oeuvre de la loi Fillon ne sont pas tenues : les mesures nouvelles seront pour l’essentiel financées par redéploiements.

Bref, le système éducatif, confronté à des difficultés accrues, et devant répondre à de nouveaux défits risque de se trouver dans l’impossibilité de répondre aux attentes des jeunes, des familles et de la société toute entière.

Les évènements de ces derniers jours ne font que confirmer nos craintes. La révolte dont nous sommes les témoins est née de l’accumulation des inégalités et des discriminations dans les banlieues et les quartiers pauvres. En réponse le gouvernement vient de franchir une nouvelle étape, d’une extrême gravité, dans l’escalade sécuritaire. Même en mai 1968, alors que la situation était bien plus dramatique, aucune loi d’exception n’avait été utilisée par les pouvoirs publics. La proclamation de l’état d’urgence répond sur le seul terrain de la répression à une révolte dont les causes sont profondes et bien connues.

Il s’agit-là d’un message symbolique désastreux que nourrit la référence à la guerre d’Algérie, et qui s’inscrit dans une logique de guerre.

Stopper les violences et rétablir les solidarités dans les banlieues est une nécessité. Mais les banlieues n’ont pas besoin d’état d’exception : elles ont besoin, désespérément, de justice, de respect et d’égalité.

Yves ARIES - Mariana BARIC - Maryse GALI - Betty JEAN dit TEYSSIER - Joël RAMBEAU

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