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Déclaration préalable de la FSU, CTSD du 8 juin 2017

jeudi 8 juin 2017

Le CTSD d’aujourd’hui va examiner les horaires des écoles entrées dans la réforme des rythmes en septembre 2014, procédure habituelle au bout de 3 ans, prévue par les textes.

Cependant, le contexte politique sur le sujet est particulier puisqu’un projet de décret est présenté ce 8 juin au CSE, faisant écho aux annonces de campagne du Président de la République, sur l’autonomie laissée aux municipalités pour l’organisation du temps de l’Ecole. Aujourd’hui donc, de nouveau, cette question revient sur le devant de la scène, volontairement isolée de tout.
- Il y a cinq ans, c’était au nom des rythmes de l’enfant.
- En 2017, de façon plus prosaïque, c’est au nom des difficultés financières des communes...

Aucun-e d’entre nous, aucun-e parent d’élève, aucun-e élu-e n’a oublié la dernière réforme des rythmes scolaires de 2013-2014 et les conditions de sa mise en place. L’objectif de départ était le suivant : réorganiser la semaine d’école sur 4 jours et demi, avec des journées de classe moins longues, afin d’améliorer la capacité d’attention, et par là-même la réussite scolaire. C’était peut-être oublier qu’en plus de la journée de classe, bien d’autres éléments concourent à la « fatigabilité » des enfants, tels que le rythme de travail de leurs parents, le manque de sommeil ou encore le temps passé devant des écrans. C’était peut-être oublier qu’en plus de la journée de classe, c’était l’équilibre entre les périodes travaillées et les périodes de vacances qu’il fallait aussi repenser. Mais très vite alors, l’intérêt de l’enfant s’est heurté à l’intérêt touristique… Peu importe si le zonage conduit parfois certains enfants à aller en classe 13 semaines d’affilée au lieu des 7 recommandées. L’essentiel semblait être que les stations de ski et les communes balnéaires puissent faire le plein. Les enseignant-es, à l’époque, avaient été peu associé-es à la réflexion et encore moins aux décisions. En tant que premier-es concerné-es, ils avaient pourtant un avis éclairé sur ces questions. Si dans la plupart des cas dans le Gers, les acteurs ont su travailler en bonne intelligence, des collectivités territoriales ont aussi su capter le message de l’Inspection Académique leur signifiant qu’ils avaient le champ libre à l’école. Et si le précédent gouvernement n’a établi aucun bilan des effets de cette réforme, les principaux acteurs de l’école, les enseignant-es, sont pourtant en capacité après 3 ou 4 ans de faire état de la transformation de notre système scolaire :
- augmentation du temps de présence à l’école des enseignant-es, entraînant une dégradation supplémentaire des conditions de travail et de la vie personnelle,
- difficultés d’organisation pour les familles qui ont des enfants scolarisés dans des écoles qui ont des emplois du temps différents,
- fatigue des enfants de maternelle et de cycle 2,
- risque de confusion entre temps scolaire et périscolaire pour les élèves les plus jeunes,
- manque de temps pour que les équipes enseignantes et périscolaires puissent se rencontrer,
- augmentation des inégalités sur le territoire concernant l’offre périscolaire,
- problème de la place prise par le périscolaire et de ses acteurs au détriment du scolaire et des enseignant-es.

Aujourd’hui, le projet de décret donne aux enseignant-es l’impression d’ouvrir la possibilité de revenir à l’emploi du temps qu’avaient les écoles avant la réforme de 2013, faisant miroiter à beaucoup d’entre nous, un retour à un exercice plus serein d’une profession devenue difficile, une profession des plus exposées aux risques psycho-sociaux.

Mais pour le SNUipp/FSU, il ne répond nullement aux enjeux de réussite des élèves, ni d’amélioration des conditions de travail des enseignant-es. Pire il risque fort de les masquer, quand on sait que le projet de décret Blanquer répond à la volonté de l’Etat de se désengager du financement du périscolaire en permettant aux mairies ou EPCI de revenir à la semaine de 4 jours.

Sur cette question de l’organisation scolaire, le SNUipp-FSU exige un cadrage national et reste cependant convaincu que les rythmes scolaires ne sont qu’un paramètre dans la réussite des élèves, moins important que ceux des effectifs par classe ou encore du traitement de la difficulté scolaire.

Pour le SNUipp-FSU, l’organisation d’une semaine scolaire, sur 4 jours ou 4 jours et demi, doit être cohérente à l’échelle d’un territoire et réfléchie pour permettre de meilleures conditions d’apprentissage pour les élèves, et de travail pour les personnels. Elle doit être définie en prenant en compte l’avis des enseignant-es et des conseils d’école, sous la responsabilité du ministère de l’Éducation nationale.

Alors, oui, il faut faire le bilan de la semaine de 4,5 jours. Oui, il faut permettre de revenir à la semaine de 4 jours si c’est ce choix qui est fait, avec un cadrage national, et en prenant le temps de la concertation qui n’est pas celui des campagnes électorales. Et pour cela, il faut prendre en compte l’avis des enseignant-es.

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