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A nouveau les rythmes... 4 jours ? 4,5 jours ?

jeudi 1er juin 2017

Projet de décret (30 mai 2017) et analyse rapide

Le précédent quinquennat avait débuté par cette question.
Bis repetita placent ...
- De nouveau, la question « rythmique » revient sur le devant de la scène, isolée de tout le reste, comme si elle était un « tout » en elle-même...

En 2012, nous avions dénoncé la mise en exergue de la question dite des « rythmes » : nous avions dit que l’organisation de la semaine scolaire ne peut pas être une fin en soi, juste un moyen permettant de mettre en oeuvre des objectifs.
Aujourd’hui de nouveau, cette question revient sur le devant de la scène, volontairement isolée de tout.
- Il y a cinq ans, c’était au nom des rythmes de l’enfant.
- Aujourd’hui, de façon plus prosaïque, c’est au nom des difficultés financières des communes...

Nous savons bien que laisser la maîtrise du choix aux municipalités n’est pas une bonne idée pour l’école.
Nous savons aussi que cette question concerne bien sûr les finances locales, mais surtout le quotidien des élèves et de leur famille, celui des collègues, celui des agents municipaux, des animateurs du périscolaire...

- Pour le SNUipp-FSU, l’organisation d’une semaine scolaire, sur 4 jours ou 4 jours et demi, doit être cohérente à l’échelle d’un territoire et réfléchie pour permettre de meilleures conditions d’apprentissage pour les élèves, et de travail pour les personnels. Elle doit être définie en prenant en compte l’avis des enseignants et des conseils d’école, sous la responsabilité du ministère de l’Éducation nationale.

Un projet de décret modifiant le code de l’éducation sur l’organisation du rythme hebdomadaire sera présenté au Conseil supérieur de l’éducation du 8 juin prochain. (ci-dessous).

PDF - 18.9 ko

Décryptage rapide :
La nouveauté du projet de décret modifiant le code de l’éducation est la possibilité d’un retour à 4 jours de classe.
Il serait désormais possible de déroger au décret Peillon qui cadrait la semaine scolaire avec 9 demi-journées s’organisant obligatoirement sur 5 matinées.
Pour rappel, le décret Hamon permettait déjà un cadre de 8 demi-journées mais en conservant 5 matinées dont le mercredi matin.
Sans oublier que ces décrets ne s’imposaient pas aux écoles privées.

Les modalités de modification de la semaine scolaire restent identiques :
Une proposition conjointe d’une commune ou d’un établissement public de coopération intercommunale ET d’un ou plusieurs conseils d’école doit être adressée à l’IA-DASEN qui pourra autoriser la modification.

Les PEDT ne sont pas obligatoires pour passer aux 4 jours sur 36 semaines. Ils restent obligatoires pour :
- déroger au cadre strict du “décret Peillon” avec des journées dépassant les 5h30 ou le choix du samedi matin à la place du mercredi matin ;
- déroger aux 9 demi-journées en organisant la semaine en 8 demi-journées sur 5 matinées (“décret Hamon”) ;
- passer aux 4 jours avec des semaines inférieures à 24 h et un rattrapage sur les vacances. Cette nouvelle possibilité de dérogation dès la rentrée 2017 resterait soumise au bon vouloir des maires même si elle prévoit toujours une demande conjointe d’au moins un conseil d’école et de la commune.

Il y a fort à parier que ce qui primera dans la décision des communes sera l’aspect financier et non l’intérêt du service public et de ses personnels.

Pour le SNUipp-FSU, il ne doit pas y avoir de mise en concurrence des écoles : l’organisation d’une semaine scolaire cohérente à l’échelle du territoire, sur 4 jours ou 4 jours et demi, doit prendre en compte l’avis des enseignant-es et des conseils d’école.
- Par ailleurs, les autorités de l’éducation nationale doivent assurer réellement leur rôle de régulateur face aux municipalités.
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