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Rythmes scolaires : pas sans les enseignants

vendredi 19 mai 2017

Aucun-e d’entre nous, aucun parent d’élève, aucun-e maire n’a oublié la dernière réforme des rythmes scolaires de 2013-2014.

Petit rappel

L’objectif de départ était le suivant : réorganiser la semaine d’école sur 4 jours et demi, avec des journées de classe moins longues, afin d’améliorer la capacité d’attention, et par là-même la réussite scolaire.

C’était peut-être oublier qu’en plus de la journée de classe, bien d’autres éléments concourent à la « fatigabilité » des enfants, tels que le rythme de travail de leurs parents, le manque de sommeil ou encore le temps passé devant des écrans.

L’équilibre entre les périodes travaillées et les périodes de vacances n’a jamais vraiment fait partie de la réflexion, l’intérêt de l’enfant se heurtant alors à l’intérêt touristique… Peu importe si le zonage conduit parfois certains enfants à aller en classe 13 semaines d’affilée au lieu des 7 recommandées. L’essentiel semblait être que les stations de ski et les communes balnéaires puissent faire le plein.

Les enseignants, à l’époque, avaient été très peu associés à la réflexion et encore moins aux décisions. En tant que premiers concernés, ils avaient pourtant un avis éclairé sur ces questions.

Et si le gouvernement sortant n’a établi aucun bilan des effets de cette réforme, les principaux acteurs de l’école, les enseignant-es, sont pourtant en capacité après 3 ou 4 ans de faire état de la transformation qu’a subi notre système scolaire :
- augmentation du temps de travail et du temps de présence à l’école des enseignant-es, entraînant une dégradation supplémentaire des conditions de travail et de la vie personnelle,
- risque de confusion entre temps scolaire et périscolaire pour les élèves,
- augmentation des inégalités sur le territoire concernant l’offre périscolaire,
- manque de temps pour que les équipes enseignantes et périscolaires puissent se rencontrer,
- difficultés d’organisation pour les familles qui ont des enfants scolarisés dans des écoles qui ont des emplois du temps différents




Personne n’est passé à côté des annonces de campagne du nouveau président, une des mesures phares étant l’autonomie laissée aux municipalités pour l’organisation du temps de l’Ecole.

Aujourd’hui, cette proposition donne l’impression d’ouvrir la possibilité de revenir à l’emploi du temps qu’avaient les écoles avant la réforme.

Pour beaucoup d’entre nous, grande et légitime est l’envie de vouloir retrouver du confort dans l’exercice d’une profession devenue difficile, une profession des plus exposées aux risques psycho-sociaux.

Mais ne nous y trompons pas, ce n’est pas ce que nous promet le nouveau président de la République…

Ce que veut le président, c’est une école libérale, une école avec une "vraie" autonomie.Mais que signifierait cette autonomie ? Qui serait décisionnaire pour ces nouvelles écoles "autonomes" ? On peut craindre une école à la carte pour laquelle chaque municipalité disposerait d’une "liberté pédagogique". Liberté qui commencerait par l’emploi du temps des écoles…

Comment peut-on imaginer déléguer cette compétence aux seules mairies ? Cette éventualité accentuerait d’autant plus les inégalités sur le territoire, pour les élèves mais aussi pour nous enseignant-es, sans parler des territoriaux et/ou des animateurs-trices.




Ce que nous voulons, ce que porte le SNUipp-FSU, syndicat majoritaire du premier degré, c’est l’amélioration de nos conditions de travail, et celle-ci passe par une réduction de nos heures et une baisse du nombre d’élèves par classe.

Alors, oui, il faut faire le bilan de la semaine de 4,5 jours. Oui, il faut permettre de revenir à la semaine de 4 jours si c’est ce choix qui est fait, avec un cadrage national, et en prenant le temps de la concertation. Et pour cela, il faudra bien prendre en compte l’avis des enseignant-es.

Pour l’instant, aucun décret n’a encore été publié. A ce jour, les conseils d’école peuvent certes aborder le sujet, mais il n’y a pas de cadre légal pour prendre position. Il conviendra ensuite, quand ce décret sera publié, de voir quelles sont les modalités d’un éventuel changement de rythme scolaire. Il faudra alors faire entendre la voix des équipes enseignantes et des conseils d’écoles car, nous le répétons, on ne peut pas faire l’Ecole sans ses principaux acteurs !

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