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CDEN du 6 octobre 2016 : déclaration FSU

jeudi 6 octobre 2016

La rentrée scolaire nous invite à redire combien une éducation de qualité est nécessaire pour tous les jeunes, citoyen-nes de demain.
On nous dit que ce quinquennat a fourni un effort conséquent avec 60 000 postes qui auront été attribués à l’Education Nationale.   Sur les 54 000 créations de postes prévues dans la loi de programmation, 26 500 l’étaient pour le 1er degré (public mais aussi privé).
Jusqu’à la rentrée 2016, 13 011 postes de stagiaires et 6 022 postes de titulaires ont été créés dans le 1er degré public. Dans le même temps, les écoles ont dû scolariser 66 476 élèves supplémentaires.
Une partie des nouveaux postes a donc servi à répondre à la croissance démographique. Les deux principales mesures qualitatives issues de la loi de refondation de l’école que sont l’accueil des moins de trois ans et le plus de maîtres que de classes, n’ont donc pu jusqu’à présent bénéficier de la répartition annoncée en 2012. Il manque pour l’instant encore 6 522 postes pour remplir ces engagements.
Les difficultés de remplacement sont encore bien réelles et les postes dédiés à la rentrée 2016 pour améliorer la situation dans ce domaine ne suffisent pas, ce qui ne permettra pas d’enclencher une véritable dynamique concernant la formation continue, qui reste le parent pauvre de la politique éducative.

  Dans le département, concernant le 1er degré, nous ne pouvons pas non plus nous satisfaire des mesures d’ouvertures de postes de la rentrée.
Mme la DASEN disposait de 1,75 poste. Trop peu, au regard des besoins du département.
- Nombre d’écoles n’ont pas obtenu d’ouverture malgré des effectifs lourds. Plusieurs écoles primaires, parfois sur 2 sites voient leurs effectifs déséquilibrés, ailleurs c’est l’accueil des tout-petits qui va être compromis.
Pas d’ouverture néanmoins pour ces écoles !
- A Plaisance, faute de moyens à sa disposition, la DASEN applique les vieilles recettes : « ouvrir ici en dégradant ailleurs ». Elle ampute l’ouest du département d’un demi-emploi de professeur d’école affecté aux remplacements des maîtresses ou des maîtres malades.
- Le manque de moyens pour les établissements spécialisés est préoccupant. - La même remarque s’applique aux RASED, et contrairement à ce que la DASEN a déclaré, il n’y a pas eu de postes créés. Il s’agit seulement de postes qui n’avaient pas été occupés faute de personnels formés.
- L’accompagnement des élèves en situation de handicap nécessiterait aussi plus de moyens, tout comme la médecine scolaire, dont la situation ne fait que se dégrader au fil des ans..
Ainsi, pour la FSU 32, pas de satisfecit. Non, cette rentrée n’est pas une rentrée sereine, loin de là.

Dans le second degré, malgré les propos lénifiants de la ministre de l’éducation nationale, la rentrée scolaire 2016 est loin d’être apaisée et sereine.
- Dans les lycées, l’augmentation des effectifs se fait ressentir dans les classes et les ouvertures de classes de secondes constatées à la rentrée ne permettent pas de compenser cette hausse.
- Dans les collèges, les professeurs qui ont dû préparer les 4 niveaux de cours pendant leur vacances sont déjà dans une situation d’épuisement moral. La mise en place de l’AP et des EPI ont conduit, en outre, à une dégradation des emplois du temps dans les établissements qui ont appliqué la réforme à la lettre.
L’impréparation patente de la réforme au niveau ministériel conduit à de l’incertitude et à de l’inquiétude. Comment évaluer au brevet des élèves qui n’auront subi qu’une année de réforme et n’auront donc pas tous les éléments de cours ? Le ministère vient de remarquer cette anomalie... Le nouveau livret scolaire unique numérique (LSUN) est encore largement méconnu des collègues et beaucoup craignent, au vu de ce qu’était l’ancien livret de compétence, un alourdissement de leur charge de travail.
Au lieu de mettre les moyens pour améliorer la relation d’enseignement, le ministère mise sur le tout numérique comme solution à tous les problèmes car il faut remplacer "l’ennui" par le jeu.
Alors qu’aucune étude ne montre que l’outil numérique améliore l’acquisition des savoirs et des compétences, alors que toutes les études montrent que les enfants passent trop de temps devant des écrans, on fournit des tablettes aux élèves en collège.
Rien n’est prévu pour l’assurance de ces matériels qui sont à la charge des familles, les moyens pour la maintenance ne sont pas non plus prévus.
Quant aux ondes wifi que les élèves et les personnels devront supporter toute la journée, cela ne semble poser aucun problème.

Pour revenir au niveau national, le récent rapport du CNESCO paru le 27 septembre conforte l’exigence d’un investissement conséquent et durable à l’image des autres pays européens.
Il pointe aussi l’insuffisance des politiques de prévention et l’empilement de réformes qui déstabilisent l’école. C’est notamment le cas dans les réseaux d’éducation prioritaires, qui ont particulièrement besoin de constance et de sérénité pour travailler.
Le SNUipp-FSU, a enquêté auprès des enseignants en REP et REP+ en juin 2016. Lorsqu’ils sont mis en œuvre comme les textes le prévoient, les dispositifs ont été jugés majoritairement satisfaisants, car ils permettent le travail en équipe, la réflexion autour des pratiques pédagogiques et un encadrement renforcé des élèves. Mais il y a encore des obstacles comme le manque de temps, les formations insatisfaisantes, et parfois le manque de confiance de l’administration.
C’est dans la constance, la confiance et le renforcement de ces dispositifs qu’on pourra évaluer dans la durée leurs effets sur les apprentissages et sur les inégalités.
Les équipes enseignantes s’engagent au quotidien dans les conditions difficiles de l’éducation prioritaire. C’est pourquoi la FSU affirme que c’est l’ensemble du système scolaire, dont l’éducation prioritaire, qui doit bénéficier d’investissements conséquents.

  L’ambition d’une éducation de qualité pour tous, c’est aussi pour les enfants réfugiés.
Nous apprenons dans la presse que le Gers doit accueillir une trentaine de demandeurs d’asile. Aujourd’hui, un migrant sur deux est un enfant ou un jeune.
En France, l’éducation est un droit pour tous les jeunes qui sont sur son territoire. Ce principe est inscrit dans la Convention internationale des droits de l’enfant et rappelé dans notre Code de l’Éducation. Nous y sommes particulièrement attachés.
C’est au nom de ces droits que nous ne pouvons que nous féliciter du retour à la normale pour Leïla et Megi. En effet, durant l’été, elles ont obtenu leur dossier de réinscription dans leurs lycées respectifs. Elles y sont à ce jour scolarisées.  

Enfin une éducation de qualité pour tous, c’est aussi une école qui lutte contre les discriminations, les inégalités garçons/filles et les stéréotypes sexistes, n’en déplaise à certains.
Les écoles du Gers ont, en cette mi-septembre, reçu à un « document » diffusant des mensonges relatifs à une prétendue « théorie du genre ». L’Education Nationale et l’école de la République y sont visées. Il s’agit clairement d’une offensive d’un collectif extrémiste, visant à l’ingérence des familles par rapport aux contenus d’enseignement, jetant la suspicion sur toutes les activités d’éducation contre les discriminations.
La diffusion de cette brochure démontre qu’il ne faut pas baisser la garde et continuer à se battre pour plus d’égalité au sein de notre société et contre les idées réactionnaires.
La FSU s’y engage pleinement.

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