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PPCR : Une classe exceptionnelle, mais pour qui ?

jeudi 22 septembre 2016

Le SNUipp-FSU, favorable à un même métier et à une même carrière pour toutes et tous, est opposé à la création d’un 3ème grade qui exclurait la grande majorité des enseignant-es.
Seuls 35 000 enseignant-es sur les 350 000 au total seraient concerné-es, soit une limite fixée à 10% du corps des PE.

Le ministère a décidé de créer dès la rentrée 2017 une classe exceptionnelle, un nouveau grade accessible uniquement à certains PE déjà à la hors classe. A terme, en 2023, sur les 350 000 PE, seuls 35 000 collègues seraient concernés et 7000 aux échelons terminaux.

Qui serait concerné ?
• à partir du 3ème échelon de la hors-classe, les enseignant-es ayant exercé pendant 8 ans en éducation prioritaire ou certaines fonctions : direction et chargé-e d’école, PEMF, CPC.

• au dernier échelon de la HC pour ceux qui n’exercent pas ces fonctions mais qui ont un parcours qualifié « d’exceptionnel » par la hiérarchie.

Combien de PE promus ?
Seuls 5 000 collègues accèderaient à ce nouveau grade à la rentrée 2017 : 80 % seraient promus au titre des fonctions, 20% le seraient au titre du parcours dit “exceptionnel”.

Cela créerait ainsi une double restriction en limitant encore plus l’accès à ce grade pour les PE « ordinaires » !

Pourquoi cette classe exceptionnelle serait profondément injuste ?
Seuls 35 000 enseignant-es sur les 350 000 au total seraient concerné-es, soit une limite fixée à 10% du corps des PE.

Les enseignants hors éducation prioritaire et n’exerçant pas de fonction de direction ou de formation ne pourraient accéder à la classe exceptionnelle qu’en toute fin de carrière, au mieux après 35 ans de carrière.

De même, l’ensemble des 54 000 enseignants-es en EP, des 47 000 directrices et directeurs d’école et des 6 000 formatrices et formateurs ne pourrait accéder à la classe exceptionnelle. Elle ne serait réservée qu’aux 35 000 PE que la hiérarchie juge particulièrement méritant-es.

Et encore, seulement 20% des personnels au troisième grade, soit 2% du corps, verraient leur carrière vraiment décoller. L’accès à l’échelon spécial de la classe exceptionnelle (avec des indices de 890, 925, 972) serait également contingenté avec l’aval du supérieur hiérarchique.
Ce serait encore une infime partie de cette toute petite partie, soit 7 000 enseignant-es, qui pourraient gagner 3 700 euros net mensuel en toute fin de carrière. Les autres enseignant-es promus à ce grade n’obtiendraient qu’une valorisation « honorifique » sans véritable augmentation du traitement.

Un outil managérial de gestion inacceptable
Ce nouveau grade est clairement un outil managérial de gestion des personnels pour récompenser quelques heureux élus triés sur le volet, ce qui est une injustice pour tous les enseignants qui s’engagent pleinement dans la réussite des élèves et n’y accéderont jamais.

La notion de difficulté ne se réduit pas aux fonctions reconnues par la classe exceptionnelle.
Beaucoup d’enseignant-es exercent dans des conditions difficiles qui ne sont pas nécessairement classées en REP, avec des effectifs chargés, de la difficulté scolaire lourde, des élèves en situation de handicap... Pourquoi ces enseignant-es se verraient-ils exclus de la possibilité d’accéder à cette classe exceptionnelle ? Seraient-ils moins remarquables que d’autres ?

Renforcement des inégalités femmes / hommes
Si la profession compte plus de 82% de femmes, les fonctions prises en compte pour accéder au troisième grade surreprésentent les hommes. Aujourd’hui, seulement 66% des enseignant-es atteignant la hors classe sont des femmes et l’indice terminal à 783 concerne moins de 50% de femmes...

De nouvelles inégalités entre le 1er et le 2ème degré
Pour constituer la classe exceptionnelle à 10% de l’ensemble des corps enseignants, le ministère prévoit de promouvoir en moyenne 2% de ces corps de 2017 à 2019 puis 1% de 2020 à 2023. Sous prétexte que le « vivier » de la hors classe serait trop faible pour les PE, le ministère ferait le choix de réduire le ratio des PE à 1.43% et d’augmenter celui des certifiés à 2.51% pour les trois prochaines années. Une fois le contingent fixé à 10% atteint, le nombre de nouvelles promotions serait limité au nombre de départs en retraite.

Des inégalités renforcées entre les déroulements de carrière
Entre un enseignant réalisant sa carrière le plus lentement et finissant à l’indice terminal de la hors-classe et un enseignant réalisant sa carrière le plus rapidement et finissant à l’indice terminal de la classe exceptionnelle, la différence de rémunération globale pour une carrière de 37 ans est de 110 000€, soit 250€ mensuels.

[( Exemples

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