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Rencontre SNUipp-FSU / DASEN du 12 mai 2016

mardi 7 juin 2016

Scénario catastrophe à Masseube
Le 10 mai vers 14h, une fusillade éclate à l’école de Masseube : grand branle-bas de combat dans le secteur et des sueurs froides pour les collègues.
En fait, un exercice de sécurité grandeur nature impliquant les écoles du secteur de Masseube sans que les collègues aient eu la moindre information, la moindre préparation.
Encore une fois, les enseignant-es ne sont pas pris pour des professionnels dignes de confiance, en charge d’enfants jeunes.
Nous avons demandé à minima une progressivité dans le mise en place de ce type d’exercice, comme cela se fait pour les alertes incendie, à défaut d’un réel :
- Y avait-il urgence à faire cet exercice en situation réelle, à l’aveugle, au risque de traumatiser des enfants, des enseignant-es ?
voir témoignage en bas de page*

Pour notre hiérarchie, cet exercice est légitime par rapport à la situation actuelle en France.
Le pilotage a été assuré directement par la Préfecture ( exercice de sécurité civile piloté par le ministère de l’Intérieur avec consigne stricte de ne pas prévenir les intéressé-es). La DASEN assure avoir évité de justesse un tel exercice initialement prévu au lendemain des attentats de Bruxelles.
Pour le secrétaire général, au regard de la gravité des évènements potentiels, il s’agit d’être le plus proche possible de la situation réelle. C’est ainsi qu’il faut comprendre la volonté de ne prévenir personne qu’il s’agissait d’un exercice. [1]
Ce type d’exercice sera renouvelé régulièrement dans le département.
Au vu des arguments développés par le SNUipp/FSU, le secrétaire général s’est engagé à faire un retour à la Préfecture, ainsi qu’auprès des collègues concerné-es.

Fonctionnement du CHS-CT
Le SNUipp/FSU a rappelé que depuis 2012, un certain nombre d’obligations envers le CHSCT s’imposent à l’employeur. Toutes ne sont pas tenues, malgré des demandes réitérées de notre part, notamment :
- Le CHSCT doit être prévenu de tout accident de service. Il doit pouvoir procéder éventuellement à une enquête.
- Le CHSCT doit être tenu informé des suites données aux recommandations du médecin de prévention concernant les aménagements de poste de travail des personnels handicapés.
- Le CHSCT doit être consulté avant tout changement dans l’organisation du travail des salariés ou modification du poste de travail.

Concernant ce dernier point, le CHSCT a été saisi le 10 mars par les représentants du personnel au Comité technique. Le projet de carte scolaire prévoyait en effet plusieurs concentrations de RPI, en application du protocole signé par la Rectrice et les grands élus du Gers.
- Quels en seront les impacts sur les conditions de travail de nos collègues ? C’est ce que le CHSCT a été chargé d’évaluer.
La séance qui devait mettre au point l’enquête en avril a été repoussée en juin par l’administration. Impossible dans ces conditions pour le chsct d’effectuer sa mission avant la fin de l’année scolaire.
La Directrice Académique s’est montrée attentive à ces constats et disposée à améliorer le fonctionnement du CHSCT.

Temps partiels
- Pour le SNUipp/FSU, c’est une bonne chose que les 80% soient accordés. L’intérêt de l’administration est clair : pouvoir décharger les directions des petites écoles.
Mais des questions se posent pour les collègues concerné-es : dans quel périmètre et selon quelle organisation (journée ou demi-journées, prévenu-es combien de temps à l’avance...) ?
- Pour la DASEN : Dans la mesure du possible, la proximité sera garantie, notamment parce que le but pour l’administration n’est pas de payer de nombreux frais de déplacements . Une planification est prévue.
- Les collègues à 80% sont redevables d’environ 6 demi-journées (en fonction des horaires de leur école). Pour les décharges, il faut 4 jours pour une école à 1cl, 10 pour celles à 2 et 3 cl.
Pour le SNUipp/FSU il doit tout à fait être possible d’affecter une école proche à un collègue à temps partiel afin de ne pas multiplier les trajets et afin que les enseignant-es (directrice et remplaçant-e) puissent s’organiser.

Pass Education
Le SNUipp-FSU32 se satisfait d’une telle mesure mais il redemande que tous les enseignant-es du département quelles que soient leurs fonctions puissent en bénéficier. Par ailleurs, dans les écoles les plus importantes du département, les Pass Education ne sont pas arrivés en nombre suffisant au regard du nombre de personnels.
Selon la DASEN, pour les collègues rattaché-es à l’Inspection Académique (CP et Animateurs) une solution a été trouvée en interne de la DSDEN (envoi supplémentaire dans les circo). Tous les enseignant-es qui n’en auraient pas bénéficié peuvent contacter leur IEN.

CUI:CPAM ou MGEN : on siffle la fin de la partie !
Depuis plusieurs mois, les personnels AVS sous contrat CUI sont dans le flou le plus absolu concernant leur régime de sécurité sociale : CPAM ? MGEN ?
- Le Lycée employeur n’est manifestement toujours pas en mesure de leur apporter une réponse claire, pas plus que les responsables de la MGEN.
- L’Inspection Académique, quant à elle, pourtant au courant depuis le mois d’octobre, ne semble toujours pas avoir pris la mesure de la situation inextricable dans laquelle se trouve nos collègues … :
s’il n’est juridiquement pas possible pour la MGEN d’affilier des personnels sous contrat de droit privé, que va-t-il se passer pour celles/ceux qui le sont déjà ?
Le SNUipp/FSU32 a clairement indiqué que cette affaire devait trouver une conclusion le plus rapidement possible et que l’ensemble des personnels concernés en soient informés. Ce serait la moindre des choses.

Education Nationale et Préfecture : mélange des genres ?
Quelle ne fut pas la stupéfaction des collègues qui ont – fortuitement – découvert le reportage de FR3 du mercredi 16 mars 2016 présentant les formations sur la Laïcité organisées par la Préfecture du Gers auprès de professionnels de l’enfance et de la jeunesse (hors Éducation Nationale).
Elles et ils y ont découverts un petit encart sur l’école Marianne, dûment filmée, accompagné du commentaire suivant : «  La préfecture relève de plus en plus de signes de radicalisation (…) notamment dans les écoles. »
- La DASEN et le Secrétaire Général ont reconnu qu’ils n’avaient pas eu connaissance de ce reportage - la préfecture ne leur en avait pas fait une copie - et qu’ils ne manqueraient pas d’y donner suite si besoin était.
La délégation du SNUipp/FSU a rappelé qu’il était hors de question que des propos échangés en toute confiance lors d’une formation placée sous l’égide de l’Éducation Nationale et en présence de « partenaires extérieurs » puissent, ensuite, se retrouver portés par d’autres institutions et/ou par la presse. Les enseignant-es du REP, les élèves et leurs familles, ont besoin de soutien et de respect, pas de clichés et de propos nauséabonds.

*

Témoignage d’une collègue
J’ai reçu un appel téléphonique à 16h m’indiquant qu’il y avait une fusillade à l’école élémentaire de Masseube et qu’il fallait se confiner !!! Je demande des précisions, la personne n’en sait pas plus... Comprenez mon stress d’autant plus que je connais de nombreux enfants à Masseube ainsi que leurs enseignants... Je garde bien sûr tout mon calme, profession oblige (mais à l’intérieur de moi je suis remplie d’effroi), je réunis les élèves à l’intérieur de l’école et essaie de capter la radio. Aucune station n’en parle, je cherche durant un bon moment la station qui me donnerait les informations que j’attends.... Comment réellement rassurer les élèves quand on leur dit qu’il faut se confiner mais on ne sait pas trop pourquoi ?... Croyez moi, la situation a été très pénible, extrêmement pénible.. Ne trouvant pas de station de radio, je regarde mes mails... Je vois le mot "exercice" bien sûr mais je ne sais plus que penser, prise par le stress de l’appel téléphonique et le réalisme de la pièce jointe. J’appelle une autre école qui me dit que tout ceci n’est qu’un exercice et elle le sait parce que le maire le lui a dit...

Je vous remercierai de transmettre mon témoignage aux personnes qui mettent en place ce type d’exercice pour que pareille situation ne puisse pas se reproduire dans l’avenir et pour que tous les professionnels soient mis au courant immédiatement du caractère imaginaire de la situation.

Notes

[1] renseignements pris : sauf les pompiers, les maires et sûrement d’autres encore mais pas les enseignant-es

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