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CDEN du 18 mars 2016, déclaration préalable de la FSU

vendredi 18 mars 2016

Depuis plusieurs années maintenant, la FSU formule la demande d’une rallonge budgétaire.
En effet, après une décennie marquée par la suppression de plus de cinquante postes d’enseignants dans notre département, très peu de postes, moins de 10, ont été recréés depuis 2012, année de la fameuse promesse de la priorité au primaire.
Et pour la rentrée 2016, notre département ne sera gratifié d’aucune création de poste.   Le Gers s’inscrit ainsi dans la tendance lourde qui se dessine  : les écoles rurales ferment un peu partout en France. Après avoir dénigré pendant longtemps, et surtout à tort, la qualité de l’enseignement qui y est dispensée, les pouvoirs publics arguent maintenant de l’urgence de restreindre les dépenses scolaires. Il faut optimiser et concentrer, disent-ils. Cette tendance est la même pour les autres services publics notamment depuis la crise bancaire de 2008. Fermetures d’écoles et de classes rurales, de perceptions, de services d’urgence, de bureaux de poste, les départements ruraux, dont le Gers, n’en finissent pas de perdre leurs services publics.
Pour la FSU, il n’y a aucune fatalité à devoir subir des choix qui, loin de faire la preuve de leur efficacité économique, désorganisent durablement les départements ruraux et installent dangereusement le sentiment d’abandon.

Aussi, osons faire une proposition  : avant toute fermeture, que les gouvernants s’obligent à comptabiliser les économies réelles qu’ils croient réaliser et qu’ils les comparent aux effets délétères que leurs décisions provoquent dans les têtes et sur les territoires.
On peut espérer qu’ils prendraient ainsi conscience des aspects dérisoires de leurs mesures au regard des enjeux de l’éducation et de la cohésion d’une société.

On nous rétorquera que les effectifs baissent, et que nous avons de la chance de ne pas perdre de poste au niveau du département.
Mais si le fameux E/C (taux d’élèves par classe) de notre département est effectivement plus bas que celui d’autres départements, il convient tout de même de rappeler que selon ce même critère le E/C de la France se classe parmi les plus hauts de l’OCDE. Celui du Gers apparaît au contraire proche du E/C moyen. Par ailleurs, on pourrait effectivement se contenter de ce que l’on a, c’est-à-dire de ne pas avoir de créations de postes si tous les besoins du département étaient satisfaits.

C’est hélas bien loin de la réalité : le service public d’Education de notre département est confronté à de vrais problèmes tels que :
- des besoins d’ouverture importants dans certaines zones du département,
- un vivier de remplaçants qui reste insuffisant,
- le nécessaire maintien du service public d’Education dans les secteurs les plus ruraux, sous peine de créer de véritables déserts scolaires
- l’aide aux élèves en difficulté à la peine, après la destruction des réseaux d’aide
- l’éducation spécialisée considérée comme la dernière roue de la charrette,
-  ou encore la formation continue inexistante…

Avec une dotation nulle, l’équation pour résoudre ces problèmes est tout simplement impossible.
Puisqu’il n’y a aucune création de poste, la seule façon de répondre à un besoin est de fermer un poste ailleurs. Et si, à la marge, certains territoires ont pu se réorganiser à moyens constants, dans le reste du département, trop de classes sont fermées. Nous ne pouvons pas cautionner que l’on ferme des postes pour redéployer les moyens.

Enfin, si les nombreuses mobilisations liées à la carte scolaire permettront peut-être à des classes de ne pas fermer, nous nous en réjouirons. Mais nous savons que cela ne pourra pas être le cas partout, malgré la légitimité de toutes les mobilisations. C’est pourquoi nos revendications ne portent pas sur la défense d’un poste plutôt qu’un autre, mais bien sur une dotation de postes d’enseignants pour le département.
Aussi, comme il le fait depuis plusieurs années maintenant, la FSU, demande une rallonge budgétaire.
Pour un service public d’Education de qualité, nous demandons plus d’enseignants pour le Gers.

Concernant le 2nd degré, la prochaine rentrée se situe dans le prolongement des rentrées précédentes.
Le département perd encore des postes que l’on justifie par la baisse du nombre d’élèves mais on n’évoque jamais l’amélioration des conditions d’enseignement et l’allègement des classes pourtant indispensables à la réussite de tous les élèves.
La mise en place de la réforme des collèges devaient permettre la création de 4000 postes sur toute la France en 2 ans. Mais la création de postes est toujours remise à plus tard. Cette réforme du collège est toujours contestée par la grande majorité de la profession et le SNES-FSU continue à demander son abrogation.
Elle ne va pas améliorer les "performances" du collège comme le voudrait le ministère mais au contraire complexifier l’organisation pédagogique des collèges, instaurer de la concurrence entre les établissements comme entre les disciplines donc diviser les équipes pédagogiques. Il n’y aura plus d’égalité sur tout le territoire puisque les horaires disciplinaires pourront varier d’une établissement à l’autre. Il est clair que cette réforme s’inscrit dans une politique d’austérité où la flexibilité, l’autonomie sont mises en avant pour justifier des coupes budgétaires.
- Le SNES- FSU appellera à de nouvelles manifestations pour exiger le retrait du décret.

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