Retour accueil

Vous êtes actuellement : SOCIETE  / Vie politique 


Elections régionales, décembre 2015 : quelles leçons ?

jeudi 14 janvier 2016

Marine le Pen était partout, nuit et jour, dans tous les médias, dans tous les débats, dans votre café, dans votre baignoire, en haut du Kilimanjaro. Parfois jusque dans les discours et les idées de certains leaders politiques. En reprenant ses idées, ils allaient lui couper l’herbe sous les pieds, qu’ils disaient. On a vu.
Décryptage rapide des votes national, régional, gersois, sans oublier le vote des fonctionnaires.

Le vote national
Le sursaut citoyen d’entre les deux tours ne saurait cacher la réalité.
Le Front national est arrivé en tête, à l’occasion du premier tour, dans plus de 19 000 des 36 000 communes que compte la France. Au second, il a rassemblé 6,8 millions d’électeurs, dépassant le score obtenu par Marine Le Pen lors de la présidentielle de 2012. Un résultat colossal.
- S’il a finalement été battu dans les six régions où il était arrivé en tête le 6 décembre, le FN a indiscutablement marqué des points sur le terrain des idées, en partie grâce à son omniprésence médiatique.
Le parti de la haine et du repli a bien sûr surfé sur la crise des réfugiés et sur les attentats. Mais il serait irresponsable de ne pas prendre la mesure, dans le vote FN, du poids du chômage, de la misère sociale, du sentiment d’abandon de nombreux citoyens. En effet, les cartes font apparaître un recoupement précis entre les anciennes zones industrielles en friche, les zones rurales reléguées et les scores du parti d’extrême droite.
Les spécialistes évoquent également l’influence, dans ces résultats, de la crise de la représentation démocratique (à peine un électeur sur deux a voté au 1er tour), de la banalisation du discours FN par une partie de la droite et de l’atomisation des valeurs et des repères de la gauche souhaitée par certains de ses représentants.


Le vote en MIDI-PYRENNES-LANGUEDOC-ROUSSILLON
C’est un fait, sans la fusion avec Midi-Pyrénées, le Languedoc-Roussillon serait aujourd’hui dirigé par le FN (Aliot) qui est arrivé en tête au second tour avec 40,43%, devant la gauche (Delga) 40,12%, la droite (Reynié) étant nettement distancé avec 19,45%.


Le vote dans le GERS
Au 1er tour, arrivé en seconde position dans le Gers, le FN y obtient 26,34 % des voix.
- 182 de 463 communes gersoises auront vu le Front National arriver en tête.
Cahuzac sur Adour est celle où la liste FN obtient le plus fort pourcentage : 54 % des bulletins exprimés. Suivent Marseillan (53 %) dans l’Astarac et Tudelle (50 %) dans le Fezensac. Dans 26 communes, toutes de moins de 500 habitants, le FN recueille plus de 40 % des voix.
Jusqu’au petit village de Viozan où le FN frôle les 40%.
Si l’on affine les résultats par canton, la liste Aliot arrive en tête dans le Fezensac et dans l’Armagnac-Ténarèze, où elle obtient 5 points de plus que la liste PS-PRG. Louis Aliot talonne Carole Delga dans le canton de l’Isle-Jourdain (2 voix d’écart !), la Baïse Armagnac (25 voix) ou encore en Gimone-Arrats (12 voix d’écart). La Gimone-Arrats se distingue d’ailleurs : c’est le canton qui rassemble le plus de communes où le FN l’emporte au premier tour (18).
- Petit rayon de soleil : la commune de Gée Rivière, dans l’Armagnac, n’a donné aucune voix à la liste Aliot (comme 109 autres communes en France).


Le vote FN chez les fonctionnaires
Le vote FN est en forte progression au sein des différentes fonctions publiques, en particulier dans la police et l’armée, selon une enquête du Cevipof.
Si la "pénétration" du vote FN s’était déjà affirmée à l’élection présidentielle de 2012, le mouvement s’est sensiblement accéléré, notamment chez les fonctionnaires de catégorie C (postes moins qualifiés).
En 2012, 16% d’électeurs issus de la fonction publique de l’Etat avaient voté FN. 22,7% exprimaient avant les régionales de décembre 2015 leur intention de voter pour le parti présidé par Marine Le Pen.
Ce phénomène, qualifié de "tournant historique", concerne, selon le Cevipof, les trois fonctions publiques (d’Etat, territoriale et hospitalière).
"Si l’on ne prend que les actifs certains de voter, le niveau de vote FN grimpe encore chez les fonctionnaires de catégorie C : 39% pour les agents de la fonction publique d’État (FPE), 28,8% pour ceux de la FPT (territoriale) et 44,7% pour ceux de la FPH (hospitalière)", écrit le Cevipof.

"Il faut encore souligner que si l’on écarte du calcul les fonctionnaires membres du monde enseignant au sens large (c’est-à-dire les enseignants des premier et second degrés, du supérieur, comme les personnels de direction des établissements), le vote FN atteint 30,5% des suffrages exprimés au sein de la FPE et 15,8% au sein de de la seule catégorie A (cadres)", poursuit le Cevipof. "Le FN obtient d’ailleurs des scores appréciables au sein du monde enseignant : 9,4% dans l’ensemble de ce monde, mais également 9,8% chez les instituteurs et professeurs des écoles, 9,2% chez les professeurs du second degré et 8,4% chez ceux du supérieur", détaille le Centre de recherches politiques de Sciences Po. Chez les policiers et militaires, les intentions de vote fin 2015 atteignent 51,5%, contre environ 30% en 2012.
Cette évolution est sensible depuis l’élection de François Hollande en 2012 mais, écrit le Cevipof, elle ne "joue pas tant contre la gauche socialiste, ni contre les écologistes, que contre le Front de gauche et l’extrême gauche qui s’effondrent". Ainsi, dans la FPE, "le score moyen pour les listes PS est de 36% en 2012 contre 34% en 2015, passe de 2% à 8% pour les listes écologistes mais de 15% pour les listes FDG ou d’extrême gauche à 7%
".

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

SNUipp 32 - Chemin de Réthourie 32000 Auch (plan d’accès) - tél : 05 62 05 42 51 - fax : 05 62 05 65 78 - courriel : snu32@snuipp.fr