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Déclaration FSU au CDEN du Gers du vendredi 5 novembre 2004

vendredi 5 novembre 2004

Le système éducatif français a beaucoup évolué au cours des dernières années, avec des réussites incontestables : en dix ans le pourcentage de jeunes arrivant au baccalauréat a doublé et le nombre de jeunes sortant sans qualification a considérablement reculé, ceci à coût quasi constant. Mais ces progrès semblent aujourd’hui stoppés et les inégalités travaillent encore notre école ; encore trop de jeunes se retrouvent en situation d’échec avec le risque d’exclusion sociale que cela signifie, encore trop de jeunes peinent à réussir leur scolarité ou sont mal orientés ; trop d’établissements scolaires sont menacés de devenir des ghettos ; les budgets de ces dernières années ont fragilisé le service public au moment où il fallait le renforcer.

Devant cette situation il est une tentation à laquelle nous ne voulons pas céder ; celle de considérer que certains jeunes n’ont pas les capacités qui leur permettraient la même réussite que les autres et qu’il s’agirait simplement de leur assurer les bases indispensables. Nous pensons au contraire qu’il importe de considérer que tous les jeunes ont droit à une formation et une qualification qui leur permette un accès à l’emploi, une formation tout au long de la vie mais également une vie personnelle riche et une pleine citoyenneté. C’est le sens des propositions que la FSU porte. Nous souhaitons vous les présenter en six points, vous y lirez en eux notre opinion sur le rapport de la Commission Thélot.

1. Les objectifs à poursuivre

Selon le Haut Conseil d’Evaluation de l’Ecole, en 2010 notre pays aura besoin d’au moins 70% de bacheliers parmi les jeunes sortant du système éducatif, au moins 45% devront être diplômés de l’enseignement supérieur. Quels que soient leurs origines, leur sexe, leur situation de handicap, tous les jeunes, pour devenir citoyen, mener une existence épanouie, accéder à l’emploi et évoluer dans cet emploi, ont besoin d’acquérir des savoirs, une culture, des compétences, un esprit critique. Tous ont besoin de qualifications reconnues. Un baccalauréat pour tous, avec un accroissement de l’accès aux diplômes du supérieur, doit être l’objectif que se donne une société plus démocratique et plus juste. C’est aussi la condition d’une formation tout au long de la vie efficace.

2. Ne pas céder devant les difficultés

Cette exigence va de pair avec celle de faire échec à l’échec scolaire : 60 000 jeunes quittent encore l’école sans qualification mais l’échec ce sont aussi tous ceux qui se trouvent en difficulté à un moment ou à un autre ou qui sont orientés contre leur gré. Il faut agir très tôt et très vite, repérer les élèves en difficultés et leur apporter le soutien nécessaire. Il faut développer la prévention et l’aide en mettant en place des équipes éducatives pluriprofessionnelles.

Premier contact avec l’Ecole, l’école maternelle doit faire l’objet d’une attention particulière d’autant que l’on sait le rôle incontestable qu’elle a joué dans l’amélioration des résultats du système éducatif. Pour assurer pleinement à chaque élève de réussir à l’école primaire il faut développer le travail en équipe, travailler avec plus de maîtres que de classes, développer la formation, accompagner les écoles et favoriser l’accès à la recherche.

Le collège doit être celui de la réussite de tous sans sélection ni orientation précoce. Il doit laisser le temps aux jeunes de grandir et de faire des choix. Il doit conserver les mêmes objectifs et exigences pour tous les élèves. Après le collège les parcours de formations, les processus d’orientation doivent être plus clairs et accessibles pour tous.

Nous récusons l’idée de filières cloisonnées au lycée. Que l’on soit en lycée professionnel, technologique ou général, on doit pouvoir accéder à une qualification reconnue et à l’enseignement supérieur. Des « passerelles » doivent permettre aux élèves de changer de voies.

3. Bâtir une culture commune

Nous proposons de travailler à la constitution d’une culture commune : les savoirs, les connaissances et les techniques se multiplient et évoluent vite .

Face à cela, il faut réorganiser les savoirs tout au long de la scolarité obligatoire. Il ne s’agit pas de juxtaposer les savoirs dans un encyclopédisme vide de sens mais il n’est pas non plus question de recentrer les apprentissages dans une conception restrictive.

L’Ecole doit assurer à chacun un bagage scolaire essentiel. Cela suppose la définition d’une culture commune de connaissances, de compétences, de techniques, de savoir faire et de valeurs. Celle-ci doit permettre à chaque élève d’approfondir les enseignements artistiques, scientifiques, sportifs, historiques, littéraires... et de s’orienter progressivement après le collège. Il faut prendre en compte le fait que toutes les recherches montrent que l’ensemble des disciplines participe à l’acquisition des savoirs. Que leur diversité est constitutive d’une culture qui permet la réussite de tous les élèves, un atout pour les plus en difficulté.

Ces exigences impliquent que l’on sorte de la limitation à 16 ans de la scolarité obligatoire : déjà la durée moyenne de la scolarisation est 18,9 ans. C’est ce qui justifie notre demande de porter la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans.

4. Développer les points d’appui

Nous proposons de renforcer le service public pour qu’il contribue à mieux assurer l’égalité de tous. Si l’Ecole doit prendre en compte les élèves tels qu’ils sont, elle ne peut en rester à adapter ses objectifs et ses valeurs aux origines sociales et culturelles des jeunes.

Il faut aussi permettre l’initiative locale au niveau des écoles et des établissements en développant la démocratie et en préservant un cadre national. La répartition des moyens doit donner plus aux écoles, collèges et lycées confrontés aux plus grandes difficultés (notamment en ZEP). La gratuité, la mixité, la laïcité de l’école doivent être effectives.

Les parents, les lycéens et les étudiants doivent pouvoir mieux participer à la vie des écoles et des établissements avec des règles clairement définies pour tous.

5. Investir dans le professionnalisme des personnels

Tous les personnels concourent à la réussite des élèves. Donner un nouvel élan à l’Ecole implique d’y maintenir et développer les divers métiers, les faire évoluer, conforter leur complémentarité. Les personnels ne sont pas interchangeables. Les enseignants ont pour mission d’enseigner et d’éduquer en enseignant. Ils ne peuvent tout faire : le travail en équipe (enseignants, CPE, surveillants, assistantes sociales, infirmières, médecins, CO-Psy, administratifs, TOS...) est indispensable.

Il faut améliorer la formation des personnels et développer la recherche en éducation.

Il est nécessaire d’accroître les emplois et programmer les recrutements pour faire face aussi aux nombreux départs en retraite et répondre aux nécessaires transformations à tous les niveaux du système éducatif.

En un mot il faut instaurer la confiance, cesser les campagnes de dénigrements qui découragent les personnels.

6. Des choix budgétaires courageux

Tout cela implique que l’éducation soit une véritable priorité nationale. Le budget de l’éducation est un investissement et non un coût. Il est nécessaire de donner les moyens nécessaires pour scolariser mieux, transformer l’Ecole et donner à la recherche et à l’enseignement supérieur les moyens indispensables.

L’on ne peut pas avoir de l’ambition pour l’école et ne pas y investir tout ce qui est nécessaire. Cela nécessite une programmation sur la durée, et dans l’immédiat la FSU fait la proposition de faire porter prioritairement l’effort sur les écoles, les collèges et les lycées qui cumulent le plus de difficultés afin de casser le cycle de l’échec.

Cela implique d’ores et déjà que les choix budgétaires qui sont soumis en ce moment au vote du parlement soient profondément revus car ils sont incompatibles avec une quelconque transformation ambitieuse de l’Ecole.

Yves ARIES - Maryse GALI - Betty JEAN dit TEYSSIER - Joël RAMBEAU

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