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Réforme LMD et intégration des IUFM dans les universités

Premiers éléments d’harmonisation européenne de l’enseignement

mercredi 26 octobre 2005

Notre réflexion sur les questions complexes induites par la réforme LMD est aujourd’hui indissociable du processus européen. C’est en effet dans ce mouvement que s’inscrivent les réformes actuelles, et que la place de l’Ecole et de notre profession dans notre société s’apprête à être redéfinie.

Les premiers pas du processus d’harmonisation européenne de l’enseignement supérieur et de la recherche datent de 1998. Dès 2001 s’amorce en France la "réforme LMD", se traduisant par des mutations profondes dans les universités, les écoles et instituts supérieurs. Licence, Master et Doctorat (3, 5 et 7 ans d’étude) deviennent peu à peu les niveaux européens de qualification universitaire. L’intégration des IUFM dans les universités, prévue par la Loi d’Orientation s’inscrit dans ce contexte.

Dès lors, deux réflexions s’imposent :

  1. Dans ce contexte, comment améliorer la formation initiale et continue ?
  2. Quelle doit être la reconnaissance de la formation des enseignants en terme de diplôme universitaire, en lien avec le statut de la profession et l’exercice du métier ?

Ces évolutions entraînent des choix importants pour notre profession et notre projet de transformation de l’École et du Métier : quelle formation, quelle qualification, quel recrutement voulons-nous pour les enseignants ?

Une occasion à ne pas manquer pour obtenir une réelle amélioration de la formation initiale et continue

Le contexte actuel est celui d’une refonte importante du système : statut des IUFM, dispositifs de formation, contenus, qualifications... C’est l’occasion d’exiger une réelle amélioration de la formation. La FSU a rappelé au MEN nos principes et nos exigences notamment concernant le maintien et le développement des moyens.

L’intégration des IUFM dans les Universités est déjà amorcée et le MEN doit proposer un nouveau cahier des charges de la formation au mois de février 2006. La FSU a demandé à être associés à son élaboration. Pour l’heure, nous n’avons encore aucune précision.

Le SNUipp propose de mener des débats pour définir plus précisément :
- l’apport des universités en terme de formation initiale et continue, de développement de la recherche, notamment appliquée (didactique) et des moyens de diffusion auprès de la profession ;
- la période précédant le concours de recrutement : quel type de cursus pré-professionnel universitaire est indispensable pour ce métier ? quels contenus de préparation au concours en PE1 ?
- le concours : quelle articulation des dimensions universitaire et professionnelle ? quels prérequis sont nécessaires au métier ? que faut-il évaluer, par quel type d’épreuves ?
- les deux années de formation initiales : quels contenus ? (mémoire ? formation commune avec les autres acteurs du système éducatif ? dominantes ?...)
- une 1ère année d’exercice en alternance : quels contenus de formation ? quel mode d’organisation ?

"Masterisation" des Professeurs d’Ecole ?

La loi d’orientation prévoit que « les universités pourront délivrer jusqu’à deux semestres de master pour les étudiants et professeurs stagiaires ayant effectué deux années d’IUFM ». Rappelons que 2 semestres ne constituent que la moitié d’un master ( cf. Quelques éléments techniques et explicatifs sur la réforme "LMD").

Le SNUipp propose de mener une reflexions communes autour des questions suivantes :
- Faut-il revendiquer la reconnaissance de la formation des enseignants par un Master entier ?
- Quels en sont les enjeux pour la profession ? Cela permettra-t-il aux enseignants de s’inscrire dans un cursus de formation continue diplômante ? d’être mobile au niveau international, sachant que le Master tend à devenir la norme européenne de niveau de recrutement pour les enseignants ? d’obtenir une revalorisation de la qualification donc salariale ?
- Quels en sont les enjeux pour l’Ecole : cela peut-il constituer un apport pour le métier ? pour les élèves ?
- Comment, dès lors, intégrer les "anciennes générations" de PE ?

Par ailleurs, l’unité de formation et de carrière des enseignants du 1er et du 2nd degré ne doit pas aujourd’hui être remise en cause. Pourtant, sur la base des dispositifs de formation actuels, cette question du master pourrait faire réapparaître une dissociation : Pour certains, si la continuité dans un cursus disciplinaire jusqu’au CAPES ne constituerait pas, pour les PLC, d’obstacle à la délivrance de crédits dans un cursus MASTER, cette disposition serait moins évidente pour les PE en raison de la polyvalence.

Pourtant, l’aménagement des cursus pourrait permettre de lever cette objection. Cette évolution doit être anticipée dans un souci de qualité mais aussi de continuité et de cohérence. Deux pistes, en tenant compte de la nécessité de prendre en compte les parcours individuels, sans aboutir à une certification à la carte :
- s’inscrire dans le processus actuel de développement de la professionnalisation de l’enseignement supérieur (nouveaux diplômes pluri-disciplinaires, diplômes professionnels...)
- envisager une articulation avec les dominantes ? Le dernier congrès du SNUipp indiquait qu’il « serait d’ailleurs possible de concevoir ces formations (à dominante) sous forme de modules qui pourraient donner lieu, après plusieurs périodes, à une qualification universitaire reconnue ».

Les questions auxquelles il faut répondre sont alors les suivantes :
- Faut-il donc créer un master national mention "enseignement" ou "éducation" identique pour tous ?
- L’inscription dans un tel cursus doit-elle être obligatoire ?
- S’agirait-il d’un master professionnel ou de recherche ? (cf. Quelques éléments techniques et explicatifs sur la réforme "LMD"). Avec quels contenus pour quelles évolutions de la formation et du métier ?
- Un Master « enseignement » ou « éducation » risquerait-il de se substituer au concours, mode de recrutement spécifique à la France ?

Enfin, l’année de préparation au concours, le concours lui-même, pourraient être validés par des crédits pour un cursus Master. Cela constituerait une élévation du niveau de recrutement. Cela oblige alors à repenser véritablement l’accès à l’enseignement supérieur au plus grand nombre pour démocratiser l’accès aux métiers de l’enseignement.

Sur toutes ces questions, le SNUipp engage le débat...

- Pour en savoir plus : Quelques éléments techniques et explicatifs sur la réforme "LMD"
- Pour réagir, nous faire part de vos réflexions : écrivez-nous !

Calendrier
Sept.-Oct. 2005 rencontres FSU
Oct.-Nov. 2005 Demande d’audience au Ministère pour exposer le contenu de nos propositions (cahier des charges, Master...).
Fév. 2006 cahier des charges de la formation par le MEN.
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