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Elections européennes - mai 2014 Retour sur un séïsme

lundi 30 juin 2014

La moitié de l’électorat qui ne s’est pas déplacée, une voix sur quatre pour le FN, une expression électorale qui traverse les générations ... les résultats des élections européennes sont lourds de significations. Y compris dans le Gers.

Tableau récapitulatif
- GERS
Abstention : 48.8%
FN : 21.9% / UMP : 19.1% / PRG-PS : 18.2% / EELV : 10.5% / UDI-Modem : 8.5% / FDG : 8.4%
- MIDI-PYRENEES
Abstention : 50.7%
FN : 22.3% / UMP : 17.9% / PRG-PS : 17.4% / EELV : 12.5% / UDI-Modem : 8.6% / FDG : 8.7%
- FRANCE
Abstention : 57.5%
FN : 24.8% / UMP : 20.8% / PRG-PS : 13.9% / EELV : 8.9% / UDI-Modem : 9.9% / FDG : 6.3%

Un climat délétère frappant les plus faibles s’est installé en France. Les effets de la crise et son cortège de chômage, la précarisation de la jeunesse, mais aussi la résurgence des thèses et des violences sexistes, racistes ou xénophobes... conduisent des secteurs entiers de la population à se sentir délaissés, déclassés, sans protection ni perspectives certaines. Ce scrutin exprime un rejet des politiques d’austérité et plus largement de toutes celles qui relèguent au second plan la question sociale. Mais plus globalement, il pointe le problème majeur de l’absence de perspective collective crédible, fondée sur la justice sociale, la solidarité, la redistribution équitable des richesses produites et le progrès pour tous.

1- Des responsabilités multiples et différentes
- Les discours xénophobes, le rejet des pauvres rabaissés au rang d’assistés, la libération d’une parole décomplexée promouvant la réussite individuelle à tout prix, la culture de la division, sont autant de mauvaises graines qui poussent une partie de l’électorat vers l’abstention, le désespoir ou la haine.
- Le gouvernement qui, après avoir tourné le dos à l’espoir de changement qui l’a porté au pouvoir, s’est enfermé dans la logique austéritaire conduisant dans une impasse. Les 9 millions de pauvres et de chômeurs, les salariés, les jeunes, les ruraux, les retraités... attendent autre chose qu’un discours consistant à répéter avec assurance qu’on ne change rien. Ce déni réitéré du rejet de sa politique conduit à l’échec et à la catastrophe.
- La presse n’a cessé de dérouler le tapis rouge au Front National et à ses idées. Toutes les télévisions, toutes les radios, publiques et privées, la plupart des magazines ont popularisé le programme du FN.

2- Le vote dans le GERS
Sur le plan de la participation, les Gersois sont restés au même niveau qu’en 2009.

- Le Front national arrive en tête en gagnant 16 points par rapport à l’élection de 2009 (21,90% contre 4,48%).
À Auch, Louis Aliot passe de 215 voix en 2009 à 1087 voix en 2014. À Condom, où le FN franchit la barre des 25%, il passe de 105 voix à 585 voix ; à L’lsle-Jourdain, de 102 voix à 564 voix, à Fleurance de 116 voix à 532 voix, etc.
- Si l’on compare 2009 à 2014, l’UMP perd 8 points (19.1%), le PS-PRG recule de 4 points (18.2%).
- Le centre-droit reste stable avec 8,5% des voix.
- Le FDG progresse et atteint 8.4%.

Le journal La Dépêche fait remarquer que "si l’on additionne les points perdus par la droite classique (-8) à ceux perdus par le PS-PRG (-4) et ceux perdus les Verts (-3), on tombe quasiment sur le nombre de points gagnés par le Front national".

Dans les 32 chefs-lieux de canton
- Le FN passe la barre des 20% dans 17 chefs-lieux et fait ses meilleurs scores à Cazaubon (28.87%), Lombez (25.84%), Fleurance (25.78%), Condom (25.15%), Miélan (24.88%), Miradoux (24.11%), Saramon (24.84%), Valence (24.53%)...
Il obtient ses résultats les plus faibles à Montesquiou (15.79%) et Auch (16.81%).
- L’UMP est au dessus des 20% dans 10 chefs-lieux dont Riscle (29.57%), Montréal (28.41%), Eauze (25.42%), Vic (23.55%), Condom (22.74%), Gimont (22.14%), Mirande (24.11%), Saint-Clar (21.65%).
C’est à Mauvezin (13.60%) qu’elle fait son score le plus bas.
- L’UDI-Modem est au dessus de 10% à Cazaubon (10.14%), Cologne (11.91%), Miélan (11.58%), Miradoux (10.71%), Nogaro (10.87%).
- La liste PRG-PS fait ses meilleurs scores à Aignan (27.10%), Miradoux (27.68%), Marciac et Nogaro (24.6%), Masseube, Jégun, Auch (23.3%).
Elle s’effondre dans les fiefs de la députée à Condom (16.5%) et du vice-président du Conseil Général à Cologne (11.49%).
- EELV franchit les 10% à Montesquiou (15%), Cologne (14%), L’Isle-Jourdain (13%), Jégun (12%), Gimont et Mauvezin (11%).
- Le FDG dépasse 15% à Mauvezin, 13% à St Clar, 12% à Montesquiou, 11% à Jégun, 10% à Auch et Nogaro.

Les résultats dans chaque commune
http://www.sudouest.fr/elections-europeennes/?xtor=ES-1234-1425273

3- Les syndicats et la vague FN
Le journal l’Humanité du 28 mai 2014 publie les résultats d’un sondage réalisé par l’IFOP le jour-même des élections européennes.
Le sondage montre qu’une forte minorité de "sympathisants" des confédérations syndicales sont attirés par les thèses du Front National.
Certes le sondage ne concerne pas les adhérents des confédérations, mais des "sympathisants" potentiels. Cependant il serait irresponsable de ne pas prendre la mesure du signal envoyé par les salariés lors de ce scrutin et de ne pas en tirer toutes les conséquences.
Même si la FSU n’est pas mentionnée* dans les résultats de ce sondage, ses responsables ne considèrent pas qu’elle doit se tenir à l’écart de toute réflexion.
- Pour la FSU, le mouvement syndical doit travailler ensemble pour permettre de gagner la nécessaire reconquête sociale ! Le syndicalisme doit offrir des espaces de revendications, de construction d’alternatives et rassembler toutes et tous les salariés, retraités, chômeurs et jeunes afin de gagner un meilleur partage des richesses.

* la FSU n’a pas le statut de confédération

Auraient voté FN
- 33% des sympathisants de FO
- 29% des sympathisants de l’UNSA, de la CFTC
- 27% des sympathisants de SUD-SOLIDAIRES
- 22% des sympathisants de la CGT
- 19% des sympathisants de la CFDT

4- Les partis politiques face à la réalité
- Hormis le FN, toutes les tendances politiques sont plus ou moins percutées par le résultat de ce scrutin.
- La droite, particulièrement l’UMP, souhaitait transformer ces élections en enjeu national. Engluée dans les affaires, déchirée par les combats de chefs, prise de court par un gouvernement qui applique une partie de ses recettes, distancée par le FN sur le plan des idées d’exclusion, l’UMP s’est décrédibilisée auprès d’une partie de ses électeurs.
- Le Parti Socialiste et son allié PRG n’ont pas convaincu leur électorat qu’en menant en France une politique d’austérité, ils dirigeraient l’Europe autrement. Les rapprochements avec les thèses du MEDEF par la mise en place d’une politique de l’offre, les cadeaux aux entreprises payés par de nouvelles ponctions, le pacte de responsabilité, ... sont autant de signaux qui ont déboussolé à gauche. De ce point de vue, les élections européennes sont dans la continuité des municipales.
- Le FDG pouvait espérer rassembler les déçus du gouvernement. Perçu davantage comme un procureur que comme une force de propositions, perturbé par des débats internes parfois violents, il a été également touché par le discrédit qui frappe tous les partis faisant référence à la "Gauche".
- EELV pensait profiter de sa sortie du gouvernement. L’Europe fédérale qu’elle revendique n’a pas mobilisé.

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