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Élections municipales 2014 dans le Gers : constats et analyse

jeudi 3 avril 2014

Après les municipales, une analyse de la FSU

Il fallait élire 5139 conseillers municipaux, parmi lesquels 463 maires.
Ces élections se déroulaient dans un contexte national de mécontentement à l’égard du gouvernement, notamment de la part d’une partie importante de l’électorat de gauche, et d’une volonté farouche de la droite d’engager la reconquête.
- Les débats et enjeux nationaux allaient-ils peser sur l’élection des conseillers municipaux gersois ?
- L’affaire Cahuzac et l’épisode de son hébergement à Marsan, chez le sénateur De Montesquiou Fezensac d’Artagnan, referaient-ils surface ?
- Le débat sur le mariage pour tous influencerait-il la frange de l’électorat catholique du Parti socialiste ?
- Qu’en serait-il de l’abstention ?

1/ La participation
Ces élections sont marquées dans le Gers par une très bonne participation (75%). Les gersois restent attachés à la commune. Ils ne souscrivent pas aux thèses sur la nécessaire disparition des communes qu’ils considèrent comme des échelons de proximité et de démocratie.
Le psychodrame médiatique sur le risque de communes sans maire s’est révélé sans fondement : aujourd’hui, les 133 maires qui ne se représentaient pas ont tous un successeur. Pour autant il ne faut pas sous-estimer l’affaiblissement de l’engagement au service des autres, ni l’essoufflement de la passion autour des projets collectifs. De même, la difficulté à exercer, sans véritables moyens, un mandat contraignant rend la fonction difficile.

2/ Les stratégies politiques
Du côté des forces gouvernementales (PS-EELV)
Election à risque pour le PS qui a mis en avant les réalisations locales de ses élus, tout en minimisant les enjeux nationaux. Confronté à quelques particularités locales et au renouvellement de certains candidats, le PS tentait de conquérir Montréal, fief du patron de l’UMP gersoise, et de conserver ses bastions. Pour EELV qui ne dispose pas d’un véritable réseau militant dans le Gers, il s’agissait d’obtenir davantage d’élus.

Du côté du Front De Gauche (PCF-PG-Alternatifs)
Le PCF souhaitait maintenir le nombre des maires et des conseillers municipaux communistes.
Deux attitudes se sont cristallisées au sein du Front de Gauche vis à vis du PS : le PCF se positionnant en fonction des bilans et des projets des équipes municipales, le PG et ses alliés préférant appliquer une consigne nationale d’opposition systématique au PS.

Du côté de la Droite (UMP-MoDem)
Affaiblie par des revers électoraux successifs et par son manque d’unité, la Droite gersoise ambitionnait néanmoins de reprendre Condom et de faire basculer l’Isle-Jourdain, 3ème et 2ème villes du département. Le contexte national lui permettait d’espérer un renversement de tendance dans la perspective des futures échéances.

Du côté du Front national
Le parti lepéniste ne cachait pas sa volonté d’utiliser ces élections afin de constituer un maillage territorial en vue des Européennes.

3/ Les résultats locaux emblématiques
Auch : face à une droite divisée, la liste d’union PS-PCF-PRG-EELV-Alternatifs conduite par F. Montaugé est élue avec 51.9% des suffrages. Pour le PS, le résultat d’Auch est la bonne nouvelle du 1er tour.
La Droite locale ne parvient pas à percer ; elle semble plafonner quelle que soit la configuration qu’elle présente.
La démarche de la liste A-G’Auch-Toute n’a pas convaincu les Auscitains. J. Raynaud ne cachait pas sa déception à l’annonce du résultat (8,7 %) qu’elle attribue aux autres listes.

Condom : B. Gallardo (41.5) s’incline nettement devant l’ancien député-maire UMP G. Dubrac (58.5%). Cette défaite compromet l’unité de la gauche condomoise qui s’était difficilement unie avant le 1er tour.

Gimont : coup de tonnerre pour le maire P. Duffaut (UMP) qui, bien qu’élu avec 61%, voit entrer 4 opposants de la liste citoyenne de gauche (38.8%) dans un Conseil municipal qu’il dirigeait seul. Ces résultats, combinés à ceux des communes voisines, menacent son siège de Président de la Communauté des communes.

L’Isle-Jourdain : la liste de F. Idrac (PS) est finalement élue (53.6%) au 2ème tour face à une liste de coalition conduite par JH. Rougé, soutenu par l’UMP, et JL. Davezac, ex socialiste.

Lombez : JP. Cot (PRG)(51.9%) succède à J. Loubon (ex PS, puis ex PRG)(29%). La liste conduite par le PS arrive en 3ème position (19,9%).

Mauvezin : après avoir hésité, l’ancien maire Y. Montané (PS) ne se représentait pas. La liste qu’il conseillait s’effondre après une campagne peu loyale menée contre la liste conduite par G. Marcet (PCF), nettement élue avec 64%.

Mirande : P. Beaudran, l’inamovible maire de droite, est réélu (51.4%). L’opposition s’était présentée divisée. P. Wiart (27.3%), que le PS avait sollicité pour les élections municipales de 2008, arrive devant M. Chantal, le candidat PS (21.2%).

Montréal : maire depuis quatre mandats, G. Bézerra, secrétaire départemental de l’UMP, a été réélu sans difficulté (65.6%) face à N. Labeyrie, le conseiller général PS.

Riscle : C. Terrain (divers droite) s’est imposé (63.5%) face à Guy Darrieux (PS) dans une commune où la gauche a toujours été en tête au premier tour.

Samatan : la lutte fratricide entre deux candidats issus du PS s’est conclue par la victoire nette d’H. Lefevre (56.8%), candidat soutenu par l’ancien maire P. Chaze, face au candidat officiel du PS, dauphin du conseiller général R. Daubriac.

Valence sur Baïse : pas de 3ème mandat pour P. Capéran (PCF) qui n’a pas résisté à l’alliance EELV-PS, forte du soutien de la députée G. Biémouret. Une fois élu, B. Rambour (EELV)(60.3%) déclarait "qu’il n’est pas marié à la gauche".

Vic-Fezensac : M. Sanroma (PS) ne se représentait pas, comme 50% des maires du canton. D. Zadro (PS) souhaitait prendre la relève dans une commune divisée sur le sort de Pentecôtavic. C’était sans compter sur le score (57.9%) de M. Espié, candidat divers droite.

4/ Les grandes tendances
- La bonne participation profite nettement à la Droite gersoise qui gagne Condom, Vic, Riscle. La Droite se trouve renforcée dans le Gers, comme elle ne l’avait pas été depuis longtemps, et lorgne déjà sur les sénatoriales. Elle ne cache pas ses ambitions de reconquête, ce qui fait dire au MODEM que "l’hégémonie du PS sur le département n’est pas une fatalité".

- Outre Condom, Vic et Riscle, villes perdues sur les terres de la Députée, du Président du Conseil Général et du Ministre, le PS sort également affaibli de ces élections à Samatan, Lombez, Mauvezin et Mirande. Le PS a eu à faire face à une Droite déterminée. Il paie sans doute également le désarroi d’une partie de l’électorat qui, comme la députée européenne F. Castex (ex-PS), estime que « le gouvernement n’en finit plus d’user la confiance que lui ont donné ses électeurs ».

- Le PRG réussit à conserver ses élus et gagne Lombez. Il confirme son implantation dans l’est du département.

- Malgré une promotion médiatique sans égale, le FN n’a pas réussi à constituer de listes départementales. Pour autant, il est indéniable que les thèses frontistes sont aujourd’hui véhiculées par des élus de la Droite départementale.

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