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Comptes et mécomptes de la Cour

jeudi 23 mai 2013

La Cour des comptes a rendu hier un rapport sur la gestion des enseignants par le ministère.

Si certaines constatations sont intéressantes, ses préconisations reprenant les orientations les plus libérales du précédent gouvernement ont en revanche un goût de déjà-vu plus qu’amer et qui nous fait faire la grimace.

La question des moyens

Pour Didier Migaud, président de la Cour des comptes, "l’éducation nationale ne souffre pas d’un manque de moyens ou d’un nombre trop faible d’enseignants, mais d’une utilisation défaillante des moyens existants. Ce qui est en cause ce n’est pas le nombre d’enseignants mais la façon dont ils sont employés". Par cette analyse, la Cour des comptes fait surtout le procès des créations de postes prévues par la loi de Refondation de l’école. Nous ne manquons pas d’enseignants nous dit-on : cela plaira sûrement dans les écoles où des collègues en congé maladie ne sont pas remplacés et dans celles qui viennent de connaître des mesures de fermeture. Par ailleurs, le rapport fait fi de l’impact des taux d’encadrement en estimant qu’il n’y a pas de lien entre ce facteur et la réussite des élèves. Comment croire qu’on peut contribuer efficacement à lutter contre les difficultés des élèves sans diversifier les situations d’apprentissage et que travailler avec 35 ou 15 élèves est indifférent ? Les rapporteurs de la Cour des comptes ont-ils vraiment une légitimité de pédagogues ? Autre grief formulé par la Cour des comptes : les enseignants sont mal répartis sur le territoire et le rural semble favorisé. On ne peut s’empêcher de penser que les rapporteurs connaissent assez mal le terrain. Une logique purement arithmétique n’est pas compatible avec le service public d’Education, à moins de vouloir intensifier la désertification rurale en faisant en sorte que les écoles disparaissent peu à peu de ces territoires.

Le SNUipp se demande ce que cherche la Cour des comptes : justifier les 80 000 emplois supprimés les 5 dernières années et remettre en cause les 60 000 créations de postes prévues ??

Carrière et salaire des enseignants

La Cour des comptes souligne aussi l’absence de carrière et la minceur des salaires des enseignants français (niveau 35% plus faible que le salaire des autres fonctionnaires, et 30% inférieur à la moyenne européenne). Sur ce constat, il n’y a pas de doute, mais que dire des remèdes prônés pour revaloriser les salaires : affecter les enseignants et individualiser leur rémunération sur avis des supérieurs hiérarchiques ? Donner à eux seuls la responsabilité de moduler le temps de service des enseignants en fonction du poste occupé ? Cela ouvrirait la porte au clientélisme et ne ferait qu’aggraver les inégalités entre territoires et établissements.

S’il est indispensable d’améliorer la gestion des enseignants, ceci doit se faire selon des principes de transparence, d’équité, de travail collectif et non avec une logique managériale de mise en concurrence.

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