Retour accueil

Vous êtes actuellement : METIER  / rythmes scolaires 


Rythmes scolaires : pourquoi tant d’indécisions ?

jeudi 4 avril 2013

Personne ne discute vraiment le bien-fondé d’une nouvelle organisation de la semaine scolaire ou, plus généralement, celui d’un nouvel aménagement des rythmes scolaires. Pourtant, la gestion de ce dossier ne réussit toujours pas à faire consensus.

- Les communes, par la voix de l’AMF, évalue à environ 600 millions d’euros par an le coût de la réforme. Autrement dit, en l’absence de dotations spécifiques, ce sont les collectivités territoriales qui financeront cette réforme par un nouveau transfert des charges. Les élus font remarquer que ce sont les zones rurales qui rencontreront le plus de difficultés. Lire

- La CAF qui devrait co-financer, avec les communes, la mise en place des activités extra-scolaires estime que la réforme pourrait coûter « plusieurs centaines de millions d’euros », à budget constant. Lire

- Des pédagogues s’interrogent. Par exemple, Philippe Meirieu demande « Pourquoi cette précipitation technique sur les rythmes, alors que, par ailleurs, les programmes de 2008 restent en vigueur ? ». Il explique : « Ce qui fatigue l’enfant, d’abord et avant tout, c’est l’échec. Ce dont il a besoin plus que tout, c’est d’une pédagogie qui l’aide à focaliser son attention (…) » Lire

- Les enseignants regrettent l’absence de concertation et la précipitation de la mise en œuvre de cette réforme. Ils considèrent majoritairement qu’elle aurait plutôt tendance à aggraver les inégalités entre départements et entre communes. Ils doutent que cette réforme, seule, contribue à réduire l’échec scolaire et la fatigue des élèves, tant ils savent que c’est avant tout l’origine sociale qui détermine les parcours scolaires. Lire

Aujourd’hui les résultats sont là.

Nationalement, seulement 18,6 % des communes, 22,5% des écoles, et 22,3 % des élèves seront finalement concernés par une modification des rythmes scolaires dès la rentrée 2013. L’enquête nationale menée par le SNUipp-FSU dresse un premier bilan sans appel. Une majorité écrasante de communes estiment que la réforme est loin d’être mûre et attendront 2014. Lire

Dans quelques départements, dont le Gers, la tendance est inverse en raison de configurations locales particulières. Cela n’ôte en rien les doutes et les interrogations sur cette réforme. Les chiffres exacts pour le Gers : 147 communes et 191 écoles changeront de semaine scolaire en 2013. 36 communes et 39 écoles franchiront le pas en 2014.


Hebergeur d'image

Afficher une carte plus grande

Ce que nous remarquons

Beaucoup de zèle du côté des IEN et du DASEN du Gers.

Ici, on a reproché à des collègues d’avoir pris position en conseil d’école pour le report à 2014. Pensez donc : non seulement, des enseignants ont osé réunir les conseils d’école sur cette question (report ou pas), mais ils ont aussi émis une opinion qui n’est pas du goût de l’administration.

Là, dans les communes qui ont choisi d’appliquer la réforme des rythmes dès 2013 contre l’avis des enseignants, on leur demande maintenant de travailler, de manière bénévole une fois de plus, au PEDT (projet éducatif territorial). Et il faudrait dire merci !

Enfin, des IEN se font porte-parole des élus et demandent aux écoles de choisir des horaires facilitateurs pour les communes, comme des pauses méridiennes à rallonge. Ou bien, ils préparent les équipes au fait que la première année, il n’y aura peut-être pas d’activités périscolaires.

Comprenons-bien : il fallait tout faire pour que les élus prennent la « bonne » décision, et tant pis si pour cela, il fallait fermer les yeux sur quelques détails accessoires comme les doutes des parents et des collègues, notamment sur la faisabilité pour la prochaine rentrée.

Et quand le SNUipp a évoqué des tensions possibles liées à la mise en place de cette réforme, certains ont semblé s‘étonner. Notre hiérarchie est-elle à ce point éloignée de la réalité du terrain ? Est-elle prête à tout pour se montrer bonne élève aux yeux du gouvernement, malgré les difficultés concrètes qui ne manqueront pas de se poser dans les écoles ?

Ce que nous demandons

Le SNUipp demande au DASEN du Gers que le comité de suivi de la réforme qui sera installé le 11 avril et auquel il participera soit force de propositions pour améliorer les insuffisances de la reforme actuelle. Il faut revoir et assurer les financements pour 2014 et au delà, revoir totalement le décret sur l’aménagement du temps afin de permettre à des organisations construites localement de voir le jour ( par ex : deux mercredis sur trois comme à Toulouse ou Poitiers, après-midi très allégés pour libérer une plage horaire robuste aux activités périscolaires comme le projette Lille…).

Le SNUipp demande au DASEN du Gers que le suivi de la réforme ne soit pas cantonné à des contingences organisationnelles. Il faut engager un travail sérieux et approfondi de suivi des élèves concernés par la réforme dès 2013. Le SNUipp demande la mise en place de recherches indépendantes pour évaluer ses effets sur le bien-être et les apprentissages des élèves.

Le SNUipp demande au DASEN du Gers que les nouvelles organisations de la semaine et de la journée (horaires scolaires, durée de la pause de midi, contenu et organisation des activités périscolaires en fonction de l’âge des enfants) soient le fruit d’une réelle concertation avec les enseignants et les parents au sein des conseils d’école.

Le SNUipp demande au DASEN du Gers que, là où il n’y pas accord de la communauté éducative (enseignants, parents), ce soit le report systématique à 2014.

Le Bureau du SNUipp du Gers

Estelle ARIES - Mariana BARIC – Ariane BRAYER – Sarah CASTIES - Philippe DUBRANA – Betty JEAN DIT TEYSSIER – Joel RAMBEAU – Emmie SERVANT – Fabienne VAYRETTE

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

SNUipp 32 - Chemin de Réthourie 32000 Auch (plan d’accès) - tél : 05 62 05 42 51 - fax : 05 62 05 65 78 - courriel : snu32@snuipp.fr