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Refondation : rencontre du 15 octobre 2012

vendredi 2 novembre 2012

Les négociations entre le ministre de l’Éducation nationale et l’ensemble des organisations syndicales sur la loi d’orientation ont débuté lundi 15 octobre. Priorité au primaire, socle et lien école-collège étaient au menu du tour de table. Compte-rendu

Sur la maternelle

- Dans la loi : le ministre entend redéfinir les missions de l’école maternelle, pour qu’elle retrouve sa spécificité et ne soit pas comprise juste comme une préparation au CP.
Cela fera l’objet d’une modification du code de l’éducation.
- Nouveauté : les trois ou quatre années d’école maternelle constitueraient le cycle 1, afin d’éviter toute forme de primarisation. Pour favoriser l’approche particulière de la pédagogie en école maternelle et de l’accueil des jeunes enfants, des discussions s’ouvriront rapidement, avant janvier 2013, sur les maquettes de formation des Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espe) . Il s’agira de remettre en place rapidement une formation spécifique aux problématiques de la maternelle.
Sur ces aspects, les propositions du SNUipp-FSU ont été entendues.

- Dans les textes réglementaires : des critères seront définis pour la scolarisation des moins de trois ans.
Le SNUipp-FSU demande des conditions spécifiques d’accueil et de scolarisation en matière de taux d’encadrement, d’effectifs, de collaboration avec les personnels de la petite enfance, de matériel et de locaux adaptés, de lien aux familles...). Des discussions sont programmée pour la publication d’une circulaire en janvier 2013.

Sur l’école élémentaire

- Dans la loi : les propositions du ministre couvrent la redéfinition des missions, en intégrant la place de l’éducation artistique et musicale, de l’enseignement d’une langue vivante étrangère dès le CP et l’éducation à la morale laïque. Toutes choses qui renvoient au travail du futur Conseil national des programmes.

- Dans les textes réglementaires : le dispositif « Plus de maîtres que de classes » donnera lieu à discussions puis à la publication d’une circulaire en janvier 2013.
Il sera opérationnel et bénéficiera de premières dotations à la prochaine rentrée scolaire. Dès janvier prochain, un groupe de travail identifiera l’utilisation optimale de ces moyens nouveaux, une circulaire en informera les académies pour la rentrée prochaine : les équipes de circonscription doivent pouvoir, dès le printemps, anticiper l’accompagnement des équipes concernées.

- Le SNUipp-FSU souhaite bien préparer ce rendez-vous du « plus de maîtres que de classes » et demande que soit précisée, en termes de programmation, la montée en puissance du dispositif pour les années à venir. _ Il s’agit notamment de ne pas recommencer la confusion des genres entre aides spécialisées et aides ordinaires. Les difficultés lourdes ne peuvent être que du ressort des Rased, sur lesquels le rapport de la concertation est manifestement silencieux et dont il faut rappeler l’importance.
Le SNUipp-FSU rappelle que le dispositif « plus de maîtres » ne doit pas être pensé comme un dispositif de soutien mais permettre de travailler autrement. Il a enfin demandé que, dans le cadre de la réécriture des programmes, soient repensées les « éducations à » pour qu’elles trouvent leur place sans alourdir les emplois du temps.

L’enseignement d’une LVE dès le CP n’avait pas fait l’objet de demandes au moment de la concertation. Le SNUipp-FSU souhaite en tout état de cause que soit réalisé un bilan préalable de la généralisation en CE1. Il rappelle le manque de formation des enseignants et exprime sa crainte, qu’à vouloir aller trop vite, on charge encore un peu plus la barque des enseignants.

Le ministre reconnaît que la décision concernant l’enseignement d’une langue vivante en CP a été prise au plus haut niveau en raison de la nécessité de voir la France progresser dans ce domaine où elle est particulièrement faible. Il s’engage pour une redéfinition des missions des Rased, en lien avec le nouveau dispositif qui ne saurait s’y substituer. La demande de programmation des moyens lui paraît cependant de nature à entraver toute souplesse dans la mise en œuvre, et peu apte à permettre évolutions et adaptations.

Sur le socle

- Dans la loi : il sera précisé que la Nation doit définir ce qu’elle doit à chaque enfant. Un article présentera un nouveau socle appelé « socle commun de connaissances, de compétences et de culture ».
Pour le ministre, ce nouveau socle doit être modifié dans sa conception même, puisqu’il s’agit de permettre à chaque jeune de se développer et de pouvoir continuer des études, le socle doit être un tremplin et ne peut être conçu comme une fin en soi.

- Dans les textes réglementaires : il s’agira de définir les contenus d’enseignement, ce qui serait le travail du nouveau conseil supérieur des programmes.

Pour le SNUipp-FSU, cette nouvelle définition des savoirs indispensables doit viser à la réussite de tous les élèves et permettre la poursuite des études pour tous et être ouverte à une réelle ambition culturelle.
Par ailleurs, maintenir simultanément socle et programmes ne peut aboutir à avoir une double prescription qui crée des incohérences.

Sur l’organisation des cycles

- Dans les textes réglementaires : le ministre propose d’organiser la scolarité en cycles de trois années.
Après le cycle de l’école maternelle (trois ou quatre années), il pourrait exister un cycle CP / CE1 / CE2, puis un cycle CM1 / CM2 / 6ème. L’idée d’un cycle à cheval entre école, et collège ne renvoyant ni à la mise en œuvre de la bivalence au collège, ni à une « secondarisation » du premier degré, mais à une volonté de mieux organiser les liens entre les niveaux. Un conseil pédagogique commun institutionnel école-collège pourrait favoriser les articulations.

Pour le SNUipp-FSU, si les articulations entre niveaux et notamment entre l’école et le collège doivent être améliorées, la formule pourrait vite ressembler à une coquille vide ou, à contrario, à une usine à gaz qui créerait plus de problèmes qu’elle n’en résoudrait.
Les réalités géographiques par exemple en rendent la mise en œuvre peu réaliste. Plutôt que d’inscrire dans la loi une décision bien éloignée des réalités, il semble préférable de travailler aux continuités en favorisant le travail en commun des équipes, en œuvrant à la mise en place de formations communes pour que les enseignants connaissent les caractéristiques des autres niveaux d’enseignement que le leur, à une plus grande cohérence des programmes.
La mise en place d’un conseil pédagogique commun interroge par ailleurs sur sa mise en place concrète. Sur quels temps ? Avec quels moyens, ne serait-ce que pour les frais de déplacement occasionnés ? Avec quel pilotage et par qui ?

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