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De la sécurité sociale à l’insécurité sociale : l’offensive libérale

vendredi 28 mai 2004

Le gouvernement poursuit l’offensive commencée avec les retraites. Il s’agit de passer d’un système financé par la collectivité à un système financé de plus en plus largement par les individus eux-mêmes. Le plan présenté par le ministre de la Santé illustre cette volonté, même s’il cherche à procéder avec prudence, pour désamorcer la mobilisation qui monte. Les économies se feront donc sur le dos des patients au nom de la responsabilisation.

Petit euro deviendra-t-il grand ?

N’en doutons pas, tant cette mesure emblématique de soi disant responsabilisation du patient est caractéristique de la démarche gouvernementale.

Sous couvert de sauvegarde du système de santé, on introduit des mécanismes qui progressivement remettent en cause le principe fondateur de la sécurité sociale : "on paye selon ses revenus, on reçoit selon ses besoins". Rappelons-nous du destin du "forfait hospitalier" dont le Ministre de la Santé vient d’annoncer une nouvelle augmentation, après celle de l’automne 2003. Le Ministre tente de masquer les vrais problèmes de santé publique par un discours sur les abus et la responsabilité des assurés.

Il tente de faire croire que les efforts qu’il demande sont équitablement partagés et présente sa réforme par petits bouts, en masquant ou en reportant des données, pour éviter que les assurés ne puisent immédiatement mesurer leurs pertes.

S’il admet que les dépenses de santé vont augmenter, comme l’a démontré le Haut Conseil de l’assurance maladie, le gouvernement refuse d’en prévoir les financements durables et solidaires. Faute de vouloir instaurer une démarche ambitieuse de transformation du système de santé, faute de revenir à plus de démocratie dans la gestion, c’est une sécu plus injuste et moins solidaire mais aussi un système de santé moins efficace qui s’instaureront inéluctablement : on ne dépensera pas moins mais la place du financement individuel dans ces dépenses s’accroîtra encore, avec tout ce que cela signifie non seulement en termes d’injustices, de brèche ouverte pour les assurances privées, mais aussi d’efficacité collective du système de soins.

Notre système d’assurance maladie doit se transformer pour mieux répondre aux besoins, assurer dans l’équité et la solidarité les financements nécessaires, garantir la santé de tous. Nous avons besoin d’une véritable assurance santé, c’est à dire d.un système qui ne se limite pas aux soins, mais travaille en amont à la lutte contre les maladies professionnelles, les inégalités sociales, les problèmes environnementaux.

Les régressions ne sont pas inéluctables ; les manoeuvres gouvernementales qui cachent mal une volonté de passage à la hussarde rencontrent une opposition de plus en plus large ; dans le mouvement syndical, associatif, mutualiste, chez les professionnels de santé, de plus en plus nombreux sont ceux qui lui opposent d’autres propositions et qui manifestent leur volonté de lutte. Sur le terrain les initiatives se sont multipliées. Et d’ores et déjà la plupart des organisations syndicales appellent à une première journée de mobilisation dès le 5 juin, avec partout des manifestations décentralisées.

Si le gouvernement prétend poursuivre malgré tout, il faudra envisager de nouvelles actions courant Juin.

Gérard ASCHIERI

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