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Déclaration de Gérard Aschieri au Conseil Supérieur de l’Éducation des 7 et 8 juillet 2005

dimanche 10 juillet 2005

Déclaration de Gérard Aschieri au Conseil Supérieur de l’Éducation des 7 et 8 juillet 2005 sur la loi d’orientation.

Je ne vais pas reprendre les termes de la déclaration commune mais insister pour que vous l’entendiez. Il ne s’agit pas ici de plaire à tel ou tel, de faire sourire un dirigeant syndical mais bien d’entendre le refus et les attentes exprimés par la quasi totalité de la communauté éducative, d’entendre ce qu’ont exprimé les personnels en grève, les centaines de milliers de lycéens qui ont été dans l’action et dont le seul signe qu’ils reçoivent vient des tribunaux correctionnels. Il n’est point question ici de posture de tel ou tel, il est question de l’avenir des jeunes. Lors de votre arrivée ; la question que nous posions était la suivante : le gouvernement allait-il comprendre les raisons de ce rejet et l’aspiration à une politique éducative qui assure vraiment la réussite de tous ? J’ai le sentiment que la tenue de ce CSE, celle prochaine du CTPM, les annonces budgétaires montrent que la réponse semble être non. Même si discussions il y a eu, même si des projets de textes ont évolué, vous ne semblez pas avoir pris la mesure du rejet de la loi ni conduit assez loin le débat. Le signe que vous donnez ainsi à nos collègues n’est pas celui qu’ils attendent.

Laissez-moi donc vous rappeler en quelques mots les raisons de notre rejet. Celle loi affichait l’ambition de la réussite des jeunes et contredisait dans les faits ces ambitions. Depuis le CSE qui l’avait examiné, les ambitions ont été gommées ; les mesures contraires maintenues voire aggravées. Ce texte s’accommode de l’idée que la réussite de tous serait impossible et ignore le poids des inégalités dans le système éducatif et l’aspiration des jeunes et des personnels à les résorber ; il ne propose aucune politique ambitieuse en faveur des ZEP pour insister sur le seul soutien aux élèves en difficultés alors que c’est une politique d’ensemble de prévention de l’échec qui est indispensable. Il propose une vision restrictive des savoirs à construire et à acquérir à travers un socle commun de compétences et connaissances limité, très instrumentalisé excluant certains savoir du champ de la culture offerte à tous les jeunes : il est de ce point de vue en rupture avec l’organisation scolaire actuelle et l’idée d’une culture commune répondant aux besoins de notre temps. Il accentue au sein de la scolarité obligatoire les solutions sélectives, le tri social. Il développe l’apprentissage au détriment de l’enseignement professionnel alors que la nécessité aujourd’hui est de donner à celui-ci toute sa place et assurer aux jeunes qui s’y engagent, des passerelles et des débouchés vers des poursuites d’études. Il impose un alourdissement des conditions de travail et une dénaturation de nos métiers notamment à travers l’obligation de remplacements ; à l’inverse de ce qui serait nécessaire et indispensable pour dynamiser le travail des personnels.

Après un répit de 4 semaines vous vous engagez dans la mise en oeuvre de cette loi sans même que nous ayons pu débattre sérieusement avec vous de sa pertinence. Et vous le faites au moment où se prépare une rentrée particulièrement difficile pour laquelle aucune inflexion n’est prévue et au moment où les arbitrages budgétaires nous annoncent de nouveaux reculs s’ajoutant à ceux des années précédentes. M. Fillon a « vendu » sa loi à l’opinion en affichant des moyens nouveaux. Au cours du conflit il a même affirmé que renoncer à sa loi serait renoncer à 2 milliards pour l’école. Vous prétendez appliquer cette loi mais le Ministre du budget a sans sourciller annoncé que son financement se ferait par redéploiements. Mon propos n’est pas de dire que des moyens nouveaux auraient rendu la loi acceptable mais l’absence de moyens ne va qu’en aggraver les effets.

Bref vous dites vouloir agir dans l’intérêt des jeunes et rechercher le consensus autour de l’égalité des chances et vous justifiez ainsi le coup d’accélérateur donné. S’il s’agissait vraiment de cela nous ne pourrions qu’approuver et nous présenter en partenaires pour une négociation. Je crains que la réalité ne soit l’inverse : c’est à dire de nouvelles régressions pour le système éducatif. L’école a besoin de dynamisme de confiance et d’ambitions. Je ne les vois pas dans les choix faits par le gouvernement. Cette confiance et cette dynamique impliquerait le report de l’examen de ces textes et une vraie négociation. Pour notre part nous sommes résolus à ne pas accepter cette situation et à appeler nos collègues à agir.

Voir en ligne : Source SNUipp

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