Retour accueil

Vous êtes actuellement : SOCIETE  / École et société 


Intervention du SNUipp au Conseil Supérieur de l’Éducation des 7 et 8 juillet 2005

dimanche 10 juillet 2005

Intervention du SNUipp au Conseil Supérieur de l’Éducation des 7 et 8 juillet 2005 sur la loi d’orientation.

Monsieur le Ministre, vous nous présentez 3 projets de décret qui concernent l’école primaire. 3 projets de décret c’est beaucoup pour une loi dont les dispositions ont reçu un avis négatif de la part de la communauté éducative (parents, enseignants, lycéens, étudiants lors du CSE du 16 Décembre 2004). C’est bien peu lorsque l’on pense à l’enjeu que constitue pour chaque enfant une scolarité réussie à l’école élémentaire. Alors que les enseignants du premier degré se sont investis dans le débat préparatoire, qu’une large majorité d’entre eux place la réussite de tous au premier plan de ses préoccupations et se trouve favorable à une transformation de l’école, 85% des enseignants des écoles considèrent que les dispositions que vous nous présentez n’apportent pas d’améliorations au système éducatif. Essentiellement parce que ces dispositions renoncent à faire réussir tous les élèves, renoncent à s’attaquer significativement aux 15 % d’enfants qui se trouvent en difficulté à l’entrée du collège. Le SNUipp réaffirme son opposition à la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école.

Après votre nomination, vous nous avez annoncé qu’une période de dialogue s’ouvrait, que les projets de décret seraient revus, qu’il n’était pas question de passer en force. Et pourtant, dans les faits, l’actuel ordre du jour précipite, à nouveau, les décisions sans réel dialogue. Pour le SNUipp, ces décrets ne peuvent être examinés à ce rythme et dans ces conditions. C’est pourquoi nous avons demandé le retrait de ces textes de l’ordre du jour du CSE et nous ne nous inscrirons pas dans une logique d’amendements.

Le « cœur » de la réforme se réduit dans le premier degré à la mise en place du PPRE. Nous avions souligné que l’unique approche « individuelle » ne pouvait être la réponse unique à la diversité des difficultés scolaires. Que la notion de « contrat » individuel pouvait isoler, stigmatiser et rompre la dynamique de l’apprendre ensemble. A ne pas préciser qu’un soutien hors la classe doit être provisoire, on peut y installer trop durablement les élèves. Nous y voyons une forme de parcours parallèle ou d’orientation précoce qui se dessine au collège. Permettre à des enfants de reprendre confiance en eux et de réussir leurs apprentissages nécessitent au contraire élaboration collective, travail d’équipe et projet qui mettent en place une dynamique de classe permettant à l’enfant d’apprendre avec les autres. La signature renforçait ...

Les nouvelles versions des décrets comprennent des modifications sur ces points. Nous en prenons acte. La signature est supprimée, le PPRE est un dispositif parmi les autres, le rôle du conseil des maîtres, du conseil de cycles et de l’équipe pédagogique sont maintenus. La volonté de rechercher la continuité pédagogique au sein de chaque cycle est également réaffirmée. Pourtant lorsqu’un redoublement est décidé, c’est le PPRE qui est obligatoirement mis en place. L’interrogation est forte sur cette mise en place. Le PPRE s’effectuera-t-il uniquement par redéploiement des RASED ou des dispositifs actuels ? Des moyens supplémentaires seront-ils affectés ? L’annonce d’une dotation de seulement 1 000 postes (dont 300 seront réservés au territoire de Mayotte) alors que l’école primaire s’apprête à accueillir 42 700 élèves supplémentaires en septembre 2006 augure mal des priorités budgétaires. La vague allusion de la « conjugaison » des différents dispositifs de soutien dans les ZEP nous semble pour le moins faible. De quels dispositifs s’agit-il ? Avec quels objectifs ? Quels moyens ? Un projet de décret relatif aux dispositifs d’aide et de soutien qui prétend viser la réussite des élèves à l’école (de tous ?) ne peut traiter en une phrase les difficultés qui se concentrent à des endroits identifiés.

Les enseignants des écoles attendent aujourd’hui que l’on apporte des réponses aux élèves qui sont en difficulté à un moment ou à un autre de leur parcours scolaire. C’est une des priorités de l’école : rappelons que la réussite scolaire est le premier objet de satisfaction des enseignants.

Le SNUipp propose des pistes pour transformer l’école, c’est-à-dire développer les possibilités de diversifier les situations pédagogiques : plus de maîtres que de classes : vous devez considérer l’extrême diversité des dispositifs pédagogiques suscitées par la présence d’un maître supplémentaire, c’est une richesse que le Ministre ne peut ignorer. renforcer le travail en équipe. En effet, l’équipe et le travail collectif ont une importance capitale dans la réussite des élèves. développer la formation et l’accompagnement des équipes ...

Ce sont ces possibilités qui nécessitent des moyens nouveaux que nous proposons d’explorer aujourd’hui. C’est cette demande que nous formulons solennellement.

Transformer l’école pour la démocratiser s’impose, dès le primaire, et nécessite des choix budgétaires répondant à une vraie priorité pour l’éducation. La demande d’un collectif budgétaire ainsi que le report de l’examen des textes de loi au CSE, participent de la même exigence d’une transformation de l’école pour la réussite de tous.

Monsieur le Ministre, vous avez déclaré votre volonté de faire évoluer les choses, votre désir de mobilisation, de faire connaître les réussites de l’école. Les enseignants des écoles sont disponibles pour s’engager dans la construction d’une école de la réussite pour tous. Ils ne se reconnaissent pas dans les dispositifs prévus par la loi d’orientation, c’est pourquoi nous vous demandons solennellement d’ouvrir de nouvelles discussions.

Voir en ligne : Source SNUipp

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

SNUipp 32 - Chemin de Réthourie 32000 Auch (plan d’accès) - tél : 05 62 05 42 51 - fax : 05 62 05 65 78 - courriel : snu32@snuipp.fr