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l’Ecole est déstabilisée par un projet libéral élitiste

jeudi 10 mars 2011

CDEN 1er mars 2011 – intervention FSU

L’école est frappée de plein fouet par l’accroissement des inégalités sociales et économiques, par l’augmentation du chômage et des exclusions.
Alors que l’école a besoin de mesures ambitieuses pour relever le défi de la démocratisation de l’éducation et de l’accès au savoir, des politiques éducatives régressives et les restrictions budgétaires fragilisent et menacent les fondements du service public d’éducation.

L’éducation nationale, comme tous les services publics, est confrontée à une réorganisation en lien avec la réforme de l’État (RGPP) et la stratégie de Lisbonne. Il s’agit pour l’Europe de « devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde  ».
- Si hier la question était de savoir au prix de quels choix et de quels renoncements, aujourd’hui nous avons des éléments de réponse.

En quelques mois, les réformes se sont multipliées sur les programmes, sur l’aide personnalisée, sur les Réseaux d’Aide et de Soutien aux Elèves en Difficulté, sur les stages de remise à niveau, sur la diminution de l’horaire des élèves, sur les évaluations, sur la formation des enseignants....
Au lieu de lutter contre les inégalités, ces réformes se fondent sur un renoncement à l’élévation du niveau de connaissances pour tous, avec notamment la mise en place d’un socle commun aux visées réductrices.

Les réformes sont conduites sans prendre en compte les avancées des recherches et sans concertation avec la communauté éducative. Elles mettent en péril les ambitions du service public d’éducation et détournent les objectifs de l’école. La cohérence de ces réformes se traduit par la subordination de l’éducation à l’intérêt économique, par le renoncement à l’élévation des connaissances pour tous, au profit de la promotion des talents et du mérite individuels.

Le discours actuel sur la formation des jeunes traduit une vision passéiste et ségrégative de l’école. Les causes de l’échec ou de la difficulté scolaires sont renvoyées à la responsabilité individuelle des élèves, des parents, voire des enseignants.
Le gouvernement externalise le traitement de la difficulté scolaire, il impose contre l’avis de tous une réforme de la formation basée sur un apprentissage professionnel par seul compagnonnage.

De même, il résulte de la réforme de l’Etat (RGPP), de nouvelles injonctions sous forme de projets et de contractualisations de type « contrats d’objectifs » que la FSU dénonce. Les dispositifs de contrôle des connaissances et d’évaluation, dont la pertinence n’est pas établie, interpelle les enseignants sur le sens de leur métier.

La démocratisation de l’école marque le pas depuis une quinzaine d’années parce notre pays a renoncé d’inscrire dans ses objectifs la réussite du plus grand nombre de jeunes, l’élévation des savoirs pour tous.

L’origine socioprofessionnelle des parents et l’environnement culturel familial sont des facteurs de plus en plus déterminants dans le parcours des enfants. Les inégalités sociales et scolaires se concentrent plus fortement sur certains territoires.
Combattre la ghettoïsation des quartiers et l’abandon de certains territoires ruraux, mettre en échec le déterminisme et les inégalités sociales, tout cela passe par une plus grande mixité sociale, dans une politique globale d’accès aux droits fondamentaux à la santé, au logement, au travail, à la culture, et bien sûr à l’éducation.

La mixité sociale et la prise en compte de l’hétérogénéïté des élèves conditionnent la démocratisation de l’accès aux savoirs de l’école et la réussite de tous. Tous les élèves doivent pouvoir atteindre un haut niveau de connaissances, l’ambition doit être la même pour tous, tous les élèves doivent avoir les mêmes droits.

Ce projet implique un autre fonctionnement des établissements scolaires avec :
- Des objectifs et un budget ambitieux pour l’école publique une politique de prévention de la difficulté scolaire et de remédiation, comprenant les aides pédagogiques et les aides spécialisées, au sein de l’école, sur le temps scolaire
- des moyens pour la maternelle, pour l’éducation prioritaire, des maîtres supplémentaires... -sur tout le territoire-, avec un abaissement significatif des effectifs par classe à tous les niveaux d’enseignement la valorisation du travail en équipe avec du temps de concertation des formations initiale et continue de qualité sur le temps de service.

Nous en sommes encore loin, car l’Ecole est déstabilisée par un projet libéral élitiste.

Il ne fait pas de doute que l’orientation générale qui est mise en œuvre, est caractérisée d’abord par le renoncement à un service public qui assure partout et pour tous une éducation de qualité, qui garantisse une formation répondant aux besoins de la société et des individus, qui offre l’accès à des qualifications reconnues.
Cette orientation est caractérisée par l’abandon de toute velléité de lutte contre les inégalités, au profit d’une « égalité des chances » conçue simplement comme le moyen de masquer et rendre acceptable cet abandon.

Derrière les réformes de l’école primaire, derrière la suppression de la carte scolaire, derrière la réforme des lycées professionnels et maintenant celle des lycées, derrière une réforme de la formation des enseignants qui nie qu’enseigner est un métier qui s’apprend, derrière l’abandon du collège, derrière la déshérence de l’éducation prioritaire, c’est toute cette orientation libérale et élitiste qui est à l’oeuvre.

Et pour cela tous les moyens sont bons.
Les 30 recteurs d’académie vont percevoir une prime au mérite. Elle vient encourager leur capacité à traquer les « gisements d’emplois ».. et sera attribuée en fonction « de la réalisation des objectifs qui leur sont assignés », cette prime pouvant atteindre 22 000 euros.

- Nous refusons donc d’un bloc le projet de carte scolaire dont chacun a pu prendre connaissance. Ce faisant, nous ne nions pas le travail des personnels qu’induit toujours la carte scolaire, comme a bien voulu le déclarer le Recteur. Il est des paroles qui ne grandissent pas.

- Nous refusons ce projet parce que déjà, ces dernières années, en laminant la scolarisation en maternelle, en dépeçant les réseaux d’aide aux élèves en difficulté, en détériorant le service des remplacements, le ministère a sacrifié la quasi totalité des structures qui témoignaient d’une ambition démocratique pour l’Ecole Publique.

Nous refusons ce projet
- parce qu’en cinq ans, dans le 1er degré, notre Académie aura subi une ponction de 155 emplois pour 9000 élèves supplémentaires accueillis dans les écoles !
- parce qu’en trois ans, l’Education Nationale aura perdu plus de 50.000 emplois !
qu’en dix ans, les écoles du Gers ont accueilli 1000 élèves supplémentaires, ceci accompagné de toutes les suppressions de postes que l’on sait.

- Nous refusons ce projet parce que tous les secteurs scolaires et géographiques sont touchés.
Toutes ces fermetures se traduiront par une augmentation des effectifs par classe, la diminution de la prise en charge des élèves en difficulté, la quasi disparition de la scolarisation des enfants de moins de trois ans, dont près de 60% fréquentaient l’école en 2000.

Nous refusons ce projet parce que le Gers a plus que jamais besoin de solidarité, de justice sociale et d’égalité, parce que l’Ecole, comme les autres services publics, doit avoir les moyens humains, matériels et financiers d’y contribuer.

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