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pour la défense des RASED

jeudi 10 mars 2011

CDEN 1er mars 2011 – intervention FSU

L’Aide Spécialisée s’adresse à des élèves qui rencontrent des difficultés scolaires durables, liées à des difficultés d’apprentissage ou d’adaptation aux attentes scolaires, que l’enseignant ne peut résoudre seul en classe.
Ses aides sont pensées en équipe, après une analyse approfondie de la difficulté et de ses origines possibles. Elles sont mises en place sur le temps scolaire, en lien avec l’enseignant de la classe et en coordination avec la famille et les partenaires extérieurs.
Pour chaque situation, un projet individuel spécialisé est mis en œuvre, évalué et réajusté au fur et à mesure des besoins et des progrès de l’enfant.

Les Aides Spécialisées, individuelles ou en petit groupe selon les besoins de chacun, hors de la classe, permettent à l’enfant d’instaurer une relation différente avec l’école et les apprentissages, grâce à l’accompagnement d’un enseignant qui a reçu une formation complémentaire, le préparant à analyser les difficultés et leur nature, pour construire ensuite en partenariat des remédiations adaptées.

L’aide personnalisée mise en place depuis la rentrée 2008 dans les écoles, ne concernant que les difficultés ponctuelles, montre ses limites et ne peut se substituer au travail effectué par les enseignants des RASED.

Le silence du ministère concernant l’avenir des RASED et les formations spécialisées est de plus en plus intolérable.
Le groupe de travail qui devait aborder ces questions a été annulé sine die par la Direction Générale de l’enseignement Scolaire en mai dernier et depuis, plus rien, si ce n’est des annonces récurrentes de suppressions de postes RASED et un nombre quasi nul de départs en formation pour les options E et G.
A noter que les départs en formation pour les psychologues scolaires, validés par la CAPN de juin dernier pour les départs en septembre, ont aussi été largement revus à la baisse.

En dépit des dénégations du ministère, de plus en plus d’élèves et d’écoles se voient privés du recours aux aides spécialisées.
Aux suppressions successives de postes d’enseignants des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) s’ajoute le problème du nombre insignifiant de départs en formations spécialisées qui ne permet plus d’assurer le renouvellement des collègues prenant leur retraite.
De plus, les conditions d’exercice de ces personnels ne cessent de se dégrader (zones d’intervention étendues, missions restreintes, frais de déplacement non remboursés) et dissuadent à présent les enseignants d’occuper ces fonctions.

Il y a deux ans, l’indignation générale et le soutien des écoles et des parents d’élèves, se sont exprimés fortement par les centaines de milliers de signatures de la pétition « Sauvons les RASED ».
Cette mobilisation avait conduit le Ministre Mr Darcos à reconnaître publiquement le rôle indispensable des RASED, et à engager des discussions qui ont abouti à limiter les suppressions de postes prévues et à la rédaction de la circulaire de juin 2009.
Depuis, une politique plus sournoise de non départ en stages de formation spécialisée vide littéralement les postes.
- Alors que toutes les préconisations actuelles vont dans le sens d’une réponse précoce aux difficultés au sein de l’école, il est nécessaire de prendre en compte les besoins en personnels spécialisés (départs en formation, postes, frais de déplacement).

Il est urgent de rouvrir les discussions sur l’avenir des réseaux d’aides aux élèves en difficulté. Il est important de revoir absolument le nombre de départs en stage CAPA-SH , pour former des enseignants spécialisés et en DEPS pour les psychologues scolaires afin qu’il soit au moins équivalent au nombre de départs à la retraite et aux postes vacants, condition sine qua non pour le maintien du dispositif des RASED.

Avec plus de 2200 postes de personnels des RASED supprimés en deux ans, de nombreux postes restés vacants, et la désorganisation par la « sédentarisation » de leurs enseignants, de nombreux élèves sur le territoire national et sur notre département n’ont plus accès aux aides spécialisées.
Pourtant, les conclusions des différentes enquêtes nationales et internationales montrent que le nombre d’élèves en difficultés ne diminue pas, et que les inégalités s’accroissent.

Quel avenir préparons-nous pour ces élèves et pour notre nation si l’Ecole de la République faillit ainsi à sa mission : celle d’une éducation de qualité accessible à tous ?
Malgré ses affirmations de maintien des RASED, démenties par les faits, le ministère prive les élèves, les écoles, les familles et les enseignants de toute réponse spécialisée que ce soit pour la prévention ou la remédiation des difficultés, faisant payer un lourd tribut aux enfants les plus fragiles et à leurs familles.

Avec le projet de budget 2011, ce sont de nouveau des milliers de postes qui se retrouvent sur la sellette, fragilisant encore plus le service public d’éducation.
Si officiellement le ministère ne donne aucune consigne spécifique, les postes de RASED, surtout ceux qui sont non pourvus, figurent en première place parmi les « gisements » de postes à fermer.

Dans notre département lors de la carte scolaire 97, un sabotage des Rased, avait d’une part supprimé un poste G sur 2 dans chaque Réseau d’aide, ainsi chaque pôle était passé de 4 enseignants spécialisés à 3 , et par la même occasion fait disparaître certains Rased, ramenant à 11 sites.
En 2002 -2003 un travail de réflexion et d’analyse des secteurs d’interventions, notamment tenant compte de la ruralité de notre département, avait conduit l’ Inspecteur d’Académie a réimplanter 14 RASED, sans toutefois revenir sur les 2 postes de rééducateurs par sites.
Malgré un affichage favorable présentant plus de Rased, la politique minimaliste de départs en formation, a fragilisé la structure d’aide aux élèves en difficultés. Pour rappel pas de départ en G et E depuis trois ans. Pendant plusieurs années le choix a été fait, de faire partir en formation prioritairement des enseignants intervenant dans des établissements spécialisés.
D’année en année les enseignants des Rased, partant à la retraite n’ont pas été remplacés, et ceux qui restent voient leurs conditions d’interventions se dégrader : des secteurs de plus en plus étendus pour les psychologues, la plupart du temps des Rased incomplets, ne permettant plus une approche pluriprofessionnelle de la difficulté, voire l’impossibilité d’intervention dans certains secteurs du département.

Le 27 janvier dernier, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, vous nous avez annoncé, qu’à terme, il ne devrait plus rester sur chaque circonscription - soit pour environ 3 000 élèves sur un territoire largement rural – qu’1 seul maître G, 2 maîtres E et 2 psychologues scolaires (exception faite pour Auch avec 3 maîtres E).

Est-ce une transformation de ce métier qui est souhaitée ?
Les enseignants des Rased vont ils devenir des pseudos conseillers pédagogiques spécialistes de la difficulté scolaire ?
Toute l’efficacité des interventions des Rased, est liée au maillage du territoire, à une approche et une prise en charge différente, hors de la classe, de la difficulté de l’élève, à un travail de concertation avec les enseignants, les services extérieurs, santé, médico sociaux, et avec les familles.
Qu’en sera-t-il de cette reconnaissance si l’on s’oriente Monsieur l’Inspecteur d’Académie vers cette représentativité de 1 Rased pour 3000 élèves ?
Comment porter l’exigence d’un service public de l’éducation de qualité et pour la réussite de tous les élèves dans de telles conditions ?

Défendre les RASED, c’est défendre l’idée d’une école démocratique : la réussite de tous les élèves demeure l’engagement de tous les enseignants.

Aussi nous continuerons de nous mobiliser pour :
- nous opposer aux fermetures de postes vacants,
- réclamer le rétablissement des postes supprimés,
- rétablir un nombre de départs en stage spécialisés au moins équivalent au nombre de départs à la retraite et aux postes vacants,
- réaffirmer le rôle indispensable des réseaux d’aides spécialisées auprès des élèves, des écoles et des familles,
- rétablir la complémentarité indispensable des trois spécialités professionnelles des réseaux pédagogiques, rééducatives et psychologiques.
- l’ouverture de négociations au sujet de la formation et du recrutement des personnels spécialisés.

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