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Rythmes scolaires : les vrais enjeux

jeudi 18 novembre 2010

L’aménagement du temps de l’enfant est un enjeu pour la réussite de tous les élèves, notamment ceux qui sont en difficulté. C’est aussi une question de santé. Pour fixer le temps scolaire, l’institution devrait prendre en compte les travaux de recherche. Or, en imposant de fait la semaine scolaire à quatre jours, et la suppression de 2 heures d’enseignement pour tous, le ministre Darcos n’a pas résolu la question des rythmes et de l’échec scolaire. La réflexion sur les rythmes scolaires doit s’appuyer sur l’expérience professionnelle, les recherches, l’intérêt de l’enfant et ne doit pas dépendre des intérêts économiques ni accentuer les différences sur le territoire. Elle doit envisager l’organisation sur la journée, la semaine, l’année.

Contexte

Mise en place par Luc Chatel d’une « Conférence nationale sur les rythmes scolaires »
- La mission de la conférence : travailler 1 an sur « le temps passé à l’école, au collège et au lycée ».
- Composition du comité de pilotage : sont représentés le secteur privé, les chronobiologistes, les institutionnels, les think tank ; en revanche en sont exclus jeunes, enseignants et parents (*).

- Calendrier : À noter que si les pistes retenues seront présentées mi-mai 2011, aucune modification n’est prévue avant 2013…

Une opération de diversion avant tout

Rappelons les « Etats généraux de la sécurité à l’école », dans lesquels Chatel a montré son mépris de l’avis des organisations syndicales et partenaires de l’école. Une opération de communication qui a permis de renforcer la politique sécuritaire en direction des jeunes.

De toute évidence, le débat sur les rythmes scolaires a lui aussi pour fonction d’occuper le terrain médiatique pour masquer les effets des réformes éducatives en cours (aide personnalisée...) et les conditions catastrophiques de rentrée : suppressions de postes, nouvelle saignée de l’Education nationale dans le projet de budget, stagiaires en postes sans formation... Il s’agit pour le ministère :
1- de convaincre l’opinion que les rythmes scolaires sont les principaux responsables des difficultés des élèves et du système éducatif (en s’appuyant sur les enquêtes PISA et autres comparaisons internationales).
2- de récupérer de nouveaux moyens. Cf la mise en place dans la précipitation d’une expérimentation dans 124 établissements (83 collèges et 41 lycées) d’un « nouveau rythme » avec cours le matin et activités culturelles et sportives l’après midi. (*) A noter que, pour calmer / amadouer les responsables des fédérations de parents, Chatel les a invités pour sa visite express au Danemark pour leur montrer deux établissements qui ne sont pas représentatifs des écoles / collèges / lycées types de ce pays.... Ça démarre donc plutôt mal !
3- D’évacuer tout débat sur l’organisation sociale du travail Rappelons que dans le premier degré en 2008, le gouvernement a imposé sans aucun débat la semaine de 4 jours et l’aide personnalisée, avec les conséquences que l’on sait sur la fatigue des élèves et des enseignants, sur les élèves les plus en difficulté ; le même gouvernement se présente aujourd’hui comme un parangon de vertu sur la question des rythmes…

Le SNUipp doit s’inscrire dans ce débat.
Il s’agit d’un sujet particulièrement sensible, qui peut être très clivant tant les parties concernées sont nombreuses et les enjeux divers (y compris au sein des salles des maîtres !).
Nous savons que le ministère tentera de simplifier la problématique de ce dossier en opposant les partenaires et en communiquant publiquement les arguments qui serviront ses propres objectifs.
- Le SNUipp doit mettre en lumière ces faux débats et rendre lisibles ses propres propositions. Il doit convaincre qu’il ne s’agit pas de trancher cette question seulement en termes quantitatifs (par exemple « 4 jours et demi plutôt que 4 jours ? », « plus ou moins de vacances ? »...) mais bien que les enjeux sont complexes, souvent en tensions mais pas incompatibles (exceptée la réduction des moyens visée par le ministère...), et qu’il existe des leviers incontournables pour trouver une solution cohérente pour tous.
C’est pourquoi le SNUipp est partie prenante de la plateforme initiée depuis le mois de juin par la JPA, qui regroupe les différents partenaires éducatifs. L’objectif est de mener une réflexion basée sur l’intérêt de l’enfant, débouchant sur des propositions communes.
- Le SNUipp défend un projet global pour l’Ecole et pour la société, il défend simultanément le point de vue de l’enfant, des personnels et des partenaires éducatifs.

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