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Lettre ouverte au Sénateur De Montesquiou,

jeudi 14 octobre 2010

Malgré de nombreuses demandes des organisations syndicales gersoises, le sénateur n’a pas souhaité les rencontrer.
Au moment du vote de la contre-réforme sur les retraites, il est plus que temps qu’il entende les Gersois

Monsieur le Sénateur,

Depuis le 27 août nos organisations syndicales demandent une rencontre car nous souhaitions connaître vos arguments et vos analyses sur le dossier des retraites ; nous désirions également vous informer de la réalité du monde du travail telle que nous la percevons.

Malgré plusieurs tentatives, le 15 septembre à Marsan devant votre château, le 18 septembre à Ordan-Larroque lors du Congrès de l’Association des Maires du Gers dont vous êtes président, le 23 septembre devant le siège de l’Association des Maires du Gers, le 2 octobre à la Préfecture, votre proposition en date du 4 octobre de nous rencontrer le samedi 9 octobre de 8h à 8h 30 a été vécu comme une provocation par les représentants des salariés que nous sommes au regard de l’importance du sujet.

En effet, nous recevoir une demi heure le lendemain du vote de l’article de loi entérinant le report de l’âge de 60 à 62 ans traduit le peu d’intérêt que vous portez à l’opinion des gersoises et des gersois et à la représentation syndicale.

Vendredi 8 octobre 2011, avec votre soutien, le Sénat a adopté, le report de l’âge légal de 60 à 62 ans : nos organisations dénoncent ce passage en force et ce mépris à l’égard des salariés et de leurs représentants.
Nos organisations syndicales vous demandent d’user de votre vote final pour retirer ce projet, afin d’ouvrir le débat nécessaire et souhaité par les salariés. Il est aujourd’hui possible de faire une autre réforme des retraites juste et solidaire. La France a les richesses nécessaires pour l’assumer.

Plusieurs récents sondages s’accordent pour affirmer que plus de sept français sur 10 rejettent la contre-réforme des retraites que le gouvernement veut imposer aux salariés. Les français savent que le premier objectif de cette contre-réforme est de réduire considérablement le niveau des retraites. La grande majorité des français a compris qu’ils vont devoir travailler plus longtemps pour des retraites plus basses ; ils savent que dans les années qui viennent, ils vont assister dans les villes et les campagnes au retour des « vieux pauvres ».

Pour nos organisations syndicales, cette contre-réforme, directement inspirée par le MEDEF,

- est préconisée par les marchés financiers qui exigent, pour parer à tout risque de non-remboursement de la dette publique, la restriction drastique des dépenses publiques et sociales.

- est profondément injuste : les salariés et les retraités devront payer alors que les plus hauts revenus et les capitaux seront très largement épargnés. Les bornes d’âge repoussées à 62 et 67 ans, l’allongement de la durée de cotisation, les décotes qui sanctionnent les carrières courtes frapperont de plein fouet les femmes, les jeunes et les précaires. Vouloir faire travailler deux ans de plus les seniors, c’est retirer près d’un million d’emplois aux jeunes.

Le gouvernement et le MEDEF affirment

- vouloir assurer le retour à l’équilibre de nos régimes de retraite. Comme l’indiquent les projections du COR (Conseil d’Orientation des Retraites), les moyens annoncés pour y parvenir ne combleront pas les besoins de financement car les questions de l’emploi et des salaires, bases du financement, sont évacuées.

- ne pas vouloir réduire les déficits en baissant les retraites de demain. Ce mensonge grossier ne résiste pas aux faits : les réformes de 1993 et 2003 ont déjà conduit à la baisse du niveau des pensions ; pour celle de 2011, le COR estime que d’ici 2030 les retraités vont s’appauvrir de 18%.

- « qu’il est nécessaire de travailler plus longtemps car nous vivons plus longtemps ». Cette affirmation simpliste est l’œuvre d’un technocrate qui ne connaît pas la réalité du travail ou qui n’a jamais été au chômage en fin de carrière. Il ne suffit pas de dire que les salariés doivent décaler de deux ans leur âge de départ à la retraite pour modifier le comportement des employeurs à l’égard des salariés âgés !

Dans cette logique, certains osent dire qu’arrêter le travail à 60 ans ou à 62 ans serait un détail. Ceux-là ignorent certainement que l’espérance de vie en « bonne santé » est estimée à 64.2 ans pour les femmes et à 63.1 ans pour les hommes. Ceux-là n’ont jamais vu un ouvrier carreleur à genoux, ni une femme de service poussant son chariot, ni une serveuse et ses phlébites à répétition ; ils n’ont pas idée d’une rentrée pour une enseignante de 62 ans, ni de la vie d’une infirmière en poste dans sa 63ème année. Dans les entreprises et dans les bureaux, les risques cardiaques et vasculaires liés au stress sont là. Tous les métiers ont leur pénibilité qui s’accroît entre 55 et 65 ans !

Monsieur le Sénateur,

Au moment du vote final, nous vous demandons de voter contre cette régression sociale. Un vote différent vous ferait porter l’entière responsabilité des conséquences de cette réforme sur la vie des gersois.

David AYLIES (CGT)
Didier MIOTTI (CFDT)
Betty JEAN DIT TEYSSIER (FSU)
Michel SESPIAUT ( CFE-CGC)
David PILLAUD ( UNSA)
Pierre WIART (Solidaires)

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